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Céréales bio : et pourquoi ne pas les stocker à la ferme ?

Beaucoup de producteurs bio veulent aller plus loin dans la valorisation de leurs céréales. Qu’ils optent juste pour un stockage à la ferme ou qu’ils aillent jusqu’à la transformation en farine, il leur faut s’équiper. Pour les aider dans leur réflexion, la chambre d’agriculture a organisé une porte ouverte le 8 octobre dernier chez Jonas Le Gall, producteur de céréales et meunier à Ergué Gabéric (29).  

Dans le cadre des rendez-vous techniques bio, la chambre d’agriculture a organisé des portes ouvertes chez Jonas Le Gall, agriculteur et meunier à Ergué Gabéric.
© Chantal Pape

"Avant de choisir une chaîne de nettoyage et de stockage des céréales, il faut commencer par définir ses objectifs", détaille Benoît Nézet. L’installation sera dimensionnée en fonction de la durée et des volumes de stockage, de la diversité des cultures et de leurs spécificités : besoin de séchage, de calibrage… Et de la destination du grain : autoconsommation animale, alimentation humaine, production de semences fermières...

Nettoyer le grain

Après récolte, le nettoyage du grain permet de le préserver de diverses contaminations : graines d’adventices, impuretés, grains cassés, fusariés… "La moissonneuse reste le premier outil de nettoyage, indique le conseiller cultures bio à la chambre d’agriculture. Mais elle ne dispense pas de s’équiper".

Si le pré-nettoyeur élimine impuretés et co-produits légers, "les fortes vibrations du nettoyeur-séparateur le rendent peu adapté aux mélanges ou aux grains bio avec beaucoup d’impuretés". Plus polyvalent, le nettoyeur-calibreur sépare facilement les différents grains et est, de ce fait, plus adapté aux mélanges bio.

Eviter les mycotoxines

"Pour réduire le risque mycotoxines, il faut choisir des variétés résistantes à Fusarium et opter pour des rotations longues", préconise Benoît Nézet. Mais le risque persiste au stockage, avec Aspergillus et Penicillium. "Il faut éviter les lots hétérogènes et la prise en masse". Et commencer par contrôler l’humidité des lots à réception. "Il faut viser une teneur en eau inférieure à 15 % pour les céréales, 14 % pour les semences et 9 % pour les oléagineux. Au-delà de ces valeurs, il faut prévoir du séchage avant stockage". Nettoyage des grains et ventilation de refroidissement permettent aussi de limiter les risques.

Lutter contre les ravageurs

"Les insectes peuvent être présents sur site ou arriver au moment de la livraison du grain", indique le conseiller. Pour limiter les risques, il convient donc de procéder à des contrôles à réception, puis de surveiller les lots. Avant récolte et après chaque lot, il faut également prévoir un nettoyage des installations. "Deux produits sont homologués en bio. SilicoSec, une terre de diatomée, est abrasif sur la cuticule des insectes et va les tuer au bout de 14 jours. Et ProCrop est à base de bicarbonate de soude".

Les rongeurs et les oiseaux peuvent être à l’origine de contaminations bactériennes du grain. "Pour limiter leur présence, il faut nettoyer les abords, installer des pièges ou des appâts et protéger les accès par des grilles ou des filets".

Conserver le grain

Après nettoyage et stockage, reste à assurer la ventilation de refroidissement, à mener en trois paliers. "Le premier objectif, à 20°, va permettre au grain de sortir de la zone à risques en termes de qualité sanitaire, moisissures et germination, énumère Benoît Nézet. Le second palier, à 12°, évitera la multiplication d’éventuels insectes. Et le troisième palier, à 5°, à atteindre en cas de stockage de longue durée, permettra de les tuer". Et un nouveau nettoyage sera à prévoir juste avant utilisation du grain.

 

Céréalier et meunier

Comme le faisait déjà son père à qui il a succédé en 2016, Jonas Le Gall mène de front une double activité d’agriculteur, sur 68 ha, et de meunier. S’il transforme toutes les céréales produites sur l’exploitation, blé, sarrasin ou seigle, il s’approvisionne aussi auprès de ses voisins bio en seigle, épeautre et sarrasin, .dans le quart Nord Ouest de la France pour le blé et dans le Sud pour le petit épeautre Avec ses cinq moulins Astrié, d’une capacité unitaire de 100 à 120 t/an, il fournit en farine boulangers, crêpiers et biscuitiers en Bretagne et Loire Atlantique.

Rejoignez un groupe cultures bio

Les grandes cultures bio se développent. Avec elles, de nouvelles questions se posent. Comment les intégrer dans la rotation ? Les fertiliser ? Les désherber ? Les valoriser ? Pour partager vos expériences et avancer ensemble, la chambre d’agriculture met en place des groupes cultures sur les différents territoires. Vous êtes intéressés ? N’hésitez pas à contacter Benoît Nézet au 06 88 27 89 92, ou Paul Landrain, au 07 89 67 22 26.

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