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La bio au fil des saisons
Christelle Martin, Éleveuse de vaches laitières à Noyal-Muzillac (56) : Proposer un produit bio le plus local possible

En 2017, Christelle s’est installée sur une ferme laitière déjà convertie à l’agriculture biologique. Passionnée par le côté technique de la production, elle s’est aussi lancée dans la transformation.

Je me suis installée en 2017 après avoir été formatrice pour des étudiants en agriculture. J’avais en tête ce projet depuis longtemps. Dans une ferme en bio, le système herbager et les contraintes du cahier des charges sont sources de défis techniques très stimulants. Je me suis associée avec mon conjoint, et nous avons embauché trois salariés, dont un qui ne vient que trois après-midi par semaine.
L’exploitation compte 120 ha répartis en deux secteurs distants de 7 km. L’assolement comprend 16 ha de maïs, des prairies temporaires et du méteil fourrager. L’îlot principal nous permet de disposer de 50 ha accessibles pour les 99 vaches laitières. À la reprise, l’exploitation disposait déjà d’un séchoir en grange de 600 tMS de capacité avec déshumidificateur d’air et de 228 m² de panneaux photovoltaïques. Nous avons à l’installation construit un laboratoire de transformation en association avec un tiers qui a quitté la structure depuis. Aujourd’hui nous commercialisons 600 000 litres dont 150 000 sont transformés.

La transformation
Nous avons lancé la transformation dès notre installation, dans la logique de valoriser notre lait bio produit à base de foin séché en grange. Aujourd’hui, nous produisons surtout du camembert, trois tommes différentes, et un fromage de type "montagne". Nous vendons nos produits dans les grandes surfaces, magasins de producteurs, restauration collective et une fois par semaine à la ferme où nous permettons au public d’assister à la traite et à l’alimentation des veaux. Je me suis formée en adhérant à Invitation à la Ferme en 2020. C’est un réseau de 37 fermes en agriculture biologique qui mutualisent les moyens pour être accompagnées sur les techniques de transformation, mais aussi le marketing et la commercialisation.
La réussite de la transformation est liée à la qualité de production laitière. Alors même si mon conjoint s’occupe plus de la partie lait et moi de la partie transfo, nous prenons les décisions ensemble. Nous visons à utiliser un minimum de fourrages fermentés qui nuisent à la qualité des produits laitiers. Donc cette année, on se lance dans l’ensilage de maïs épi. La terre peut aussi être source de listeria alors on fauche un peu plus haut que la normale. Grâce à une bonne hygiène de traite et l’intervention d’un géobiologue on est aujourd’hui à moins de 150 000 cellules en moyenne. On cherche aussi à obtenir un lait riche en taux. On travaille sur la génétique avec un croisement trois voies qui allie holstein, rouge norvégienne pour les taux et montbéliarde pour le format et la valorisation du foin. La transformation a ses exigences de qualité et conjuguer ce deuxième cahier des charges avec celui de la bio est un vrai défi technique.

Nos projets
Mon objectif aujourd’hui est de trouver le bon équilibre entre travail et rentabilité. Les premières années ont été éprouvantes avec la reprise de la ferme, la construction du laboratoire et le départ d’une associée. S’associer c’est parfois compliqué et je recommande de bien se former lorsqu’on travaille à plusieurs. Nous avons maintenant de bons résultats technico-économiques qui vont nous permettre de travailler à l’autonomie de la production. Réduire nos achats de concentrés va conforter notre objectif de proposer un produit bio le plus local possible pour nos clients.

Trois conseils de Christelle

- Se faire accompagner dans un contexte de nouveauté : la transformation avec la technique fromagère, la commercialisation, le temps de travail.
- Le facteur humain est la clef de la réussite.
- Ne pas passer d’un système conventionnel au bio sans une période de transition ou un parrainage avec le cédant.

 

 

Gilles et Ghislaine Delansalut

Gilles et Ghislaine Delansalut / Gaec du Plessis / Taulé (29) / Producteurs de légumes et de céréales

"Une bonne campagne"

Cette année, nous avons augmenté les productions de légumes d’industrie. Le haricot a été introduit dans les rotations. La parcelle semée fin juin nous a donné satisfaction. Pour la récolte, il était plus que temps de les ramasser car les conditions en fin de cycle étaient moins favorables. Globalement, les conditions météos ont été favorables pour les cultures de petits pois et de haricots. Les rendements sont également satisfaisants en orge d’hiver et de printemps. Le coup de vent nous a obligé à vendre le maïs sur pied car la récolte en grains aurait été compliquée. De même, pour les courgettes bio, le rendement était très bon mais la tempête de début octobre a cassé les plants. Avec plus de 18 ha de légumes, nous sommes actuellement en pleine récolte des choux fleurs.  / Benoît Nézet  et Marine Salaun

 

 

 

kristen le boedec

Kristen Le Boedec / Mael-Carhaix (22) / Éleveur de poules pondeuses bio et de porcs en post-sevrage-engraissement

"Jongler avec le temps"

Dans les champs les plus compliqués (pente, sols lourds), j’ai récolté plus tôt le maïs grain, et pour ne pas matraquer le sol, j’ai laissé les cannes broyées en couvert. J’ai préféré sacrifier la maturité du maïs au profit de la sécurité de la récolte. Sur ces parcelles, le grain était à 38 d’humidité (80 qx humide) ce qui a entraîné des coups de séchage plus importants. Le reste du maïs sera récolté mi-novembre, puis viendront le semis des mélanges céréaliers d’hiver, triticale ou blé avec du pois. D’habitude je sème en sans-labour, mais si les pluies se maintiennent, il n’est pas impossible que je passe un coup de charrue. Cette fois, le maïs va partir à la vente en totalité, vu qu’il m’en reste en boudins de l’année dernière. Côté animal, j’ai reçu un nouveau lot de porcelets, dont je ne suis pas entièrement satisfait. Ca me fait de nouveau réfléchir à mettre en place un atelier naissage sur la ferme, mais la main-d’œuvre et le temps me manquent. Au niveau de l’atelier pondeuse, il y a eu un petit passage viral. Quelques œufs ont été déclassés, mais il n’y a pas eu d’incidence sur la ponte. / Sarah Bascou

 

 

 

 

christelle martin et mikaël gergaud

Christelle Martin et Mikaël Gergaud / Noyal-Muzillac (56) / Eleveurs de vaches laitières - Transformateurs

"Le confinement impacte notre activité de vente de produits laitiers"

Les grandes surfaces par exemple hésitent à s’approvisionner par crainte d’une baisse de la fréquentation. Nous sommes en train de préparer la saison des fêtes afin de pouvoir répondre à une plus forte consommation. Nous augmentons donc le volume de lait transformé en tomes qui nécessitent deux mois d’affinage. Sur la ferme nous semons nos mélanges céréales-protéagineux. Une association de triticale-pois-vesce qui sera récoltée au printemps et à laquelle succèdera un moha. Et un mélange triticale-pois-féverole à battre pour améliorer notre autonomie alimentaire. / Romain Retif

 

 

 

 

yann Pithois

 

Yann Pitois / Mecé (35) / Éleveur de vaches allaitantes

"Maximum d’animaux dehors quand l’herbe pousse"

Actuellement, le troupeau est toujours dehors uniquement au pâturage. L’objectif est d’aller jusqu’à Noël avec un complément de foin dès les premières gelées. Mais au vu des dernières années, je risque de rentrer les animaux fin novembre. J’adapte le chargement en fonction de la pousse de l’herbe. Seules les Angus passeront l’hiver dehors. Les semis de prairies et céréales viennent de se terminer. Cette année j’ai choisi d’implanter cinq hectares de prairie sous couvert de méteil. J’associe sur l’année une production de stocks fourragers fibreux et la mise en place d’une prairie multi-espèces (fétuque élevée, RGA, fléole, pâturin, TB, TH, plantain et chicorée). J’ai également semé cinq hectares de triticale/féverole/avoine et quatre hectares de triticale/pois. Le premier sera autoconsommé pour l’engraissement alors que le triticale/pois sera vendu. / Stéphane Boulent

 

 

 

 

Sarah Mell

Sarah Mell / Ferme Grain de méliss / Hédé-Bazouges (35) / Productrice de PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales)

"Des plantes annuelles et des vivaces valorisées en tisanes et herbes aromatiques"

Cette année, les dernières récoltes ont eu lieu mi-octobre pour le plein champ et pour les tunnels. Les annuelles sont désormais arrachées, elles ont laissé la place à des engrais verts à base d’avoine, vesce et de phacélie au champ et dans les tunnels. A l’atelier, la première transformation est le séchage pour 90 % de nos récoltes. Cette première phase est essentielle pour conserver les arômes et les couleurs. Les plantes sont ensuite stockées dans des fûts cartonnés avant de subir les opérations de mondage et de tamisage. Le mondage (ou triage) permet de sélectionner les parties des plantes qui composeront les tisanes. Aujourd’hui manuel sur la ferme, il est très gourmand en main-d’œuvre et c’est l’activité principale de novembre. Je garde sinon toute l’année une journée par semaine pour la composition et l’ensachage d’une quinzaine de compositions. 50 % de notre commercialisation se fera d’ici la fin de l’année.  /  Soizig Perche

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