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Diversification des cultures en bio : pourquoi pas avec les légumineuses à graines ?

Nouvelles habitudes de consommation, intérêts nutritionnels, évolution sociétale : la demande en légumineuses à graines bio pour l’alimentation humaine en France est en constante augmentation. La Bretagne n’est pas une région historique de production de légumineuses à graines et pourtant ces cultures auraient toute leur place dans les rotations.

Depuis un an, un collectif d’agriculteurs accompagné par la chambre d'agriculture teste la faisabilité des cultures de pois chiche, haricot rouge, pois de casserie et lentille corail, dans l’objectif de créer cette filière sur la région.

 

Naissance díun projet de nouvelle filière

Depuis 2017, un transformateur agroalimentaire morbihannais cherche à se fournir en légumineuses biologiques le plus localement possible. Après contact avec la chambre d’agriculture, un collectif de 7 agriculteurs du Morbihan et du sud Finistère se réunit autour du sujet. Un constat est fait : les graines recherchées ne sont pas produites pour le moment sur la région. Elles auraient plusieurs intérêts pour les producteurs : agronomique, par la rupture qu’elles permettent dans le cycle des maladies et ravageurs, leur capacité à fixer l’azote atmosphérique, ou encore la valorisation qu’elles peuvent faire de sols peu profonds ou légers. Économique, par la diversification de la production et leur forte valeur ajoutée, lorsqu’elles sont réussies techniquement. Et enfin sociétal, en répondant à une demande locale et plus globalement par l’image qu’elles renvoient.

 

Du pois chiche en Bretagne !

En 2018, les premières surfaces sont implantées chez trois agriculteurs morbihannais. Il s’agit dans un premier temps de vérifier la faisabilité technique de ces cultures dans nos conditions pédo-climatiques, et avec le matériel disponible sur les exploitations.

L’année climatique a été caractérisée par un printemps froid et humide, suivi d’une période estivale plus sèche, et des conditions de fin d’été / début d’automne particulièrement chaudes et sèches. Dans ce contexte, les cultures ont été implantées tardivement.

Mis à part pour le pois, la fourniture en semences n’est pas aisée sur notre région. L’offre variétale est très limitée pour le pois chiche, la lentille corail et le haricot rouge. De plus, les surfaces multipliées n’ont pas suivi la forte hausse de la demande en 2017 et 2018.

Le désherbage s’est avéré difficile pour le pois chiche en raison des conditions climatiques peu favorables. La lentille est également délicate à désherber : la plante est relativement fragile et couvre très peu le sol. Les cultures n’ont pas été touchées par les maladies. Les ravageurs n’ont pas posé de problèmes particuliers cette année, mis à part des dégâts importants de pigeons et sangliers sur pois. À noter également la verse du pois, plus marquée sur la parcelle la plus séchante, et de la lentille qui termine son cycle couchée à seulement quelques centimètres du sol, ce qui complique particulièrement la récolte.

Les rendements s’échelonnent de 0 à 19 q/ha pour le pois chiche : une des parcelles n’a pas été récoltée en raison du faible remplissage des gousses. Pour le pois, on obtient 0 (dégâts pigeons à la levée) à 20 q/ha, et 10 q/ha pour le haricot. Enfin, la lentille va de 0 (culture broyée en raison du salissement) à 9 q/ha.

 

Actions du groupe de producteurs

Cette année a également été l’occasion d’un voyage d’études pour le groupe de producteurs, qui a visité une exploitation bio productrice historique de ces cultures en Charente-Maritime ainsi qu’une Cuma de tri et stockage en Vendée. Ces visites ont permis des échanges très riches sur les itinéraires techniques, le matériel ou encore la qualité des graines produites.

Ces échanges et les résultats techniques obtenus par les agriculteurs du groupe en 2018 encouragent ces derniers à réimplanter ces différentes cultures en 2019. Cette année, se sont un peu plus de 6 hectares qui seront semés en pois chiche, lentille corail, pois de casserie et haricot rouge dans le cadre du projet.

Des questions post-production restent posées si l'on veut voir la filière se mettre en place sur la région. En effet, la disponibilité matérielle est limitée localement pour la récolte (haricot rouge en particulier), le tri et le stockage du grain. La valorisation en alimentation humaine implique un tri très fin des graines, pour un résultat sans impuretés ni grains tachés. Enfin, le décorticage de la lentille corail n’est possible que dans les Hauts de France actuellement. La casserie du pois nécessite également un déplacement des récoltes hors région.

 

 

Ouverture du groupe

Le groupe de producteurs s’étoffe et passe de sept à onze agriculteurs en 2019. Ce groupe reste ouvert à l’arrivée de nouveaux producteurs qui souhaiteraient diversifier leurs rotations par des cultures de légumineuses à graines.

N’hésitez pas à nous contacter.

- Caroline Cocoual : caroline.cocoual@bretagne.chambagri.fr

- Christèle Burel : christele.burel@bretagne.chambagri.fr

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