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Du maïs semé tous les 50 cm pour réduire l’usage des phytos

Si il est courant de semer son maïs avec un inter-rang de 75 cm, Alex Delamarre et Philippe Briand, entrepreneurs agricoles sur la commune de Languenan, proposent de le semer tous les 50 cm. Une pratique qui vise à gagner du temps sur le recouvrement du rang pour faciliter le désherbage mécanique et réduire l'usage de produits phytosanitaires. Explications !

Alex Delamarre et Philippe Briand, entrepreneurs agricoles sur la commune de Languenan, devant leur semoir multi-espèces mono-graine, tout neuf, de 9 rangs réglables de 37,5 cm à 80 cm.

En 2020, la chambre d’agriculture de Bretagne a accompagné plus de 200 exploitations sur le territoire breton, pour développer le désherbage mécanique. Ainsi, plus de 1 500 ha de maïs ont pu être conduits sans phyto. "Nous accompagnons, les agriculteurs, les chauffeurs de Cuma ou d’ETA pour les aider à s’approprier ces nouvelles techniques", explique Anne Laporte, conseillère agronomie à la chambre d’agriculture. Dans cette optique, l’ETA Briand-Delamarre, à Languenan (22), va encore plus loin et propose depuis 2020 une nouvelle prestation : l’implantation de maïs avec un inter-rang de 50 cm. Un service qu’elle réalise à l’aide d’un semoir multi-espèces mono-graine, tout neuf, de neuf rangs réglables de 37,5 cm à 80 cm et qui présente de nombreux avantages dans cette quête de réduction des phytosanitaires. "Nous allons inévitablement vers une réduction de l’usage des phytos, nous souhaitons donc proposer un service en adéquation" explique Alex Delamarre, entrepreneur agricole.

 

Maximiser la couverture du rang

Plus l’écart entre les rangs de maïs est faible, plus vite celui-ci sera recouvert par la plante. Ainsi, "sur un maïs semé en inter-rang de 50 cm, on observe en moyenne un gain de 8/10 jours sur le recouvrement", explique David Bouvier, conseiller agronome à la chambre d’agriculture. De plus, les plants sont plus espacés sur le rang, de l’ordre de 20 cm (au lieu de 13 cm en 75 cm) : le maïs se développe donc plus rapidement et est plus homogène, augmentant sa compétitivité. Cela permet de réduire le développement des adventices, elles aussi avides de lumière et ainsi limiter l’usage de produits phytosanitaires et/ou le nombre de passages de désherbage.

  Plus l’écart entre les rangs de maïs est faible, plus vite celui-ci sera recouvert par la plante

Conduite culturale "zéro phyto"

L’ETA propose une conduite culturale complète "zéro phyto". Tout d’abord, cinq jours après le semis, ils effectuent un premier passage à l’aveugle de rotoétrille de 12 mètres, celui-ci est le plus important, il permet de sécher les adventices au stade germinatif. Un second passage au stade deux, trois feuilles, est ensuite réalisé, pour tuer les mauvaises herbes au stade cotylédon, voir première feuille. Lorsque la plante atteint le stade quatre, cinq feuilles, ils utilisent un bineuse réglée en 50 cm. Plusieurs passages sont réalisés en fonction du stade de l’herbier et des conditions météo. "Nous suivons toutes les parcelles que nous avons semées et c’est souvent moi qui appelle l’agriculteur pour lui suggérer une intervention", explique Alex chauffeur de la machine. "L’objectif avec cette technique est de diminuer le nombre d’interventions mécaniques, en réduisant à trois passages de bineuse au lieu de quatre" ajoute-il. Équipée d’un bec 12 rangs en 50 cm, l’ETA propose aussi de battre ou ensiler la récolte. Un service complet qui leur a permis en 2020, de mener sur une centaine d’hectares, des cultures de maïs sans phyto sur le secteur Est des Côtes-d’Armor. Mais, "il faut parfois avoir recours au chimique, c’est un fusible, si les fenêtres d’interventions sont trop limitées pour pouvoir intervenir" ajoute-il.

Rotoétrille

Pour aller plus loin

De plus, cette technique permet de lutter contre l’érosion et la formation de croûtes de battance. En effet, "en inter-rang de 50 cm, il y a plus de lignes de semis (perpendiculaires à la pente), donc plus d’obstacles pour l’eau", explique Anne Laporte.Quant à l’impact d’une telle pratique sur les rendements, des essais seront menés courant 2021. Mais, d’ores et déjà, "on peut affirmer que les rendements seront au moins aussi bons qu’en inter-rang 75 cm", explique David Bouvier.

 

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