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Élevage, légumes, cultures… : prêts à passer à la certification HVE ?

Obligatoire demain pour vendre à la restauration collective mais aussi pour répondre aux cahiers des charges de certains distributeurs, la certification HVE, haute valeur environnementale, se met peu à peu en place. Et vous ? Prêts à y passer ? Pour faire le point, la chambre d’agriculture vient d’organiser plusieurs webinaires sur le sujet.

En 2018, la loi Egalim donne un coup d’accélérateur, en obligeant la restauration collective à acheter au moins 50 % de produits durables ou de qualité, dont HVE, à l’horizon 2022.
© Pixabay

Franco-française, la certification HVE, haute valeur environnementale, a fait une première apparition lors du Grenelle de l’environnement, dès 2007, avec un objectif ambitieux  : concerner plus de 50 % des exploitations en 2012. Mais les choses ont traîné. En 2018, la loi Egalim donne un coup d’accélérateur, en obligeant la restauration collective à acheter au moins 50 % de produits durables ou de qualité, dont HVE, à l’horizon 2022. Et la viticulture s’en empare, faisant figurer dans son plan de filière un objectif à 50 % des exploitations à l’horizon 2025. Un objectif qui se traduit déjà dans les chiffres puisqu’au 1er juillet dernier, sur 8 218 exploitations françaises certifiées, 6 700 l’étaient en viticulture, 411 en grandes cultures, 340 en maraîchage et seulement 158 en bovins viande, 31 en ovins, 27 en bovins lait.
"Mais avec + 52 % en 6 mois, on est sur une très forte dynamique", relate Anne Courtois. Et les initiatives se multiplient en Bretagne, avec des démarches filières en niveau 2 ou 3 en tomates avec Solaren, en légumes d’industrie avec Eureden, en maraîchage avec le Cerafel, en cidre avec les Celliers associés, en porc avec la Cooperl…
Dernières nouveautés en faveur de la HVE : la loi de séparation de la vente et du conseil dispense de l’obligation de conseil stratégique les exploitations certifiées qui, dans le plan de relance, bénéficient d’un crédit d’impôt de 2 500 € en 2021 ou 2022.

 

Une démarche progressive

"Avec ses trois niveaux, la certification HVE, qui concerne la totalité de l’exploitation, est basée sur la progressivité", détaille la conseillère de la chambre d’agriculture. Le niveau 1, délivré par un organisme habilité SCA, système de conseil agricole, va certifier que l’exploitation respecte la conditionnalité des aides Pac sur les volets environnement, santé des végétaux et BCAE, bonnes conditions agricoles et environnementales. "À ce jour, seule la chambre d’agriculture est habilitée SCA en Bretagne", rappelle Anne Courtois.
Le niveau 2 repose sur une obligation de moyens. "Il faut répondre à 16 exigences, regroupées en quatre thématiques : biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation et gestion de la ressource en eau, ce dernier volet ne concernant que les irrigants".
Basé sur une obligation de résultats, le niveau 3 peut s’obtenir via deux chemins d’accès. "La voie B, basée sur le poids des intrants et la biodiversité, est plutôt adaptée à des exploitations de type extensif ou à forte valeur ajoutée. En Bretagne, c’est la voie A qui sera majoritairement privilégiée". Elle oblige à obtenir un minimum de 10 points pour chacune de ces mêmes quatre thématiques.

Les initiatives se multiplient en Bretagne, avec des démarches filières en niveau 2 ou 3.

Des tests grandeur réelle

Pour mieux mesurer la faisabilité de cette certification, la chambre d’agriculture l’a testée sur une dizaine d’exploitations, en grandes cultures, lait, porc, volaille ou viande bovine. "Un nombre trop faible pour en tirer de réelles conclusions", admet Anne Courtois. Néanmoins, les premiers résultats sont intéressants. Aucune exploitation n’a eu de difficulté à atteindre les 10 points biodiversité, grâce aux IAE, infrastructures agroécologiques que sont le bocage, les bandes enherbées… Et elles ont obtenu des points supplémentaires grâce au nombre d’espèces végétales et d’espèces animales présentes.
Sur la thématique fertilisation, 90 % des exploitations décrochent déjà 10 points, avec la BGA balance globale azote. Et 4 points sont facilement acquis grâce à la réglementation qui s’applique en Bretagne, avec la couverture totale des sols en hiver et le PPF, le plan prévisionnel de fumure.
Le volet irrigation ne pose pas non plus de difficultés majeures, les critères étant basés essentiellement sur la mise en œuvre de moyens (enregistrement des pratiques, utilisation d’un outil d’aide à la décision, matériels et pratiques économes, gestion collective…). Par contre, le volet phytos est à plus fort enjeu, un tiers seulement des exploitations parvenant aux 10 points minimum, tandis qu’un autre tiers s’en approche. "L’IFT est calculé selon une méthode ancienne, avec des coefficients pondérateurs et des ajustements forfaitaires, aux effets pénalisants notamment pour les assolements plus herbagers, note Anne Courtois. Mais des évolutions sont en négociation, qui supprimeraient le malus forfaitaire et introduiraient deux références, selon que l’exploitation soit en polyculture élevage ou en grandes cultures".

 

 

Envie d'en savoir plus ?

La chambre d’agriculture propose des travaux dirigés de 2 heures sur la certification de niveau 1, le 15 mars à Rennes, le 17 mars à Saint Ségal et le 19 mars à Plérin (117 €). Des prestations individuelles sont également possibles, sur rendez-vous (175,5 €).
Une formation "se préparer à la certification environnementale de niveau 3" aura lieu le 23 mars à Rennes (42 €).
Renseignements et inscriptions auprès d’Anne Courtois, au 06 16 64 76 06.

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