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innovation - Parc au sol : les lapins ont désormais leur loft

Les sociétés miXscience et Sanders du groupe Avril ont travaillé en partenariat avec le groupement Evilap et l'abattoir SNV à un nouveau concept de logement, intégrant des innovations uniques en France pour élever des lapins en bâtiments : le parc au sol, une alternative à la cage. Le projet a donné naissance à Cuniloft, des enclos qui permettent aux lapins d’avoir plus d’activités. Un bien-être pour l’animal, mais également pour l’éleveur, avec une étude sur l’ergonomie menée en partenariat avec la MSA. Frédéric Blot, éleveur de lapins à Argentré du Plessis (35), et président d'Evilap, chez qui l'expérimentation a été menée témoigne.

Pour Frédéric Blot, le mode d'élevage Cuniloft représente une innovation majeure.

"Je peux marcher au milieu de mes lapins, les toucher, c'est une approche et une représentation de mon métier complètement différente !". Éleveur de lapins avec 750 lapines en maternité et plusieurs modules de 1 200 places en engraissement, Frédéric Blot ne tarit pas d'éloges sur le Cuniloft, qu'il juge comme "une innovation de rupture". À la genèse du projet, un constat : la filière cunicole se voit fragilisée par une baisse de la production et de la consommation. Un paradoxe car la viande blanche de lapins, riche en protéines et naturellement source en oméga 3 est reconnue pour ses qualités pour la santé et peut très bien trouver sa place dans les nouvelles attentes sociétales pour un produit de qualité. Mais pour cela, à l'image d'autres productions comme celle de l'œuf, le nouveau logement permet de  faire évoluer la production vers des systèmes plus respecteux du bien-être des lapins tout en concevant un habitat alternatif à la cage grillagée, "en adéquation avec ces nouvelles aspirations sociétales ainsi que celles des producteurs", explique François Menini, responsable expertise et R&D lapin, chez miXscience.
Le groupement Evilap, avec miXscience, Sanders et SNV (groupe LDC), ont donc lancé le programme LapAvenir 2, projet de recherche appliquée qui a ensuite pu être lauréat dans le cadre du plan de relance. L'objectif ? Concevoir un nouveau mode d'élevage, répondant aux attentes sociétales de démédication et de bien être, économiquement durable, et améliorant les conditions de travail pour les éleveurs. Pour Eric Guillermic, de la société Sanders et en charge de la mise en œuvre du cahier des charges "lapins nature d'éleveur", il faut souligner que "ce projet a su regrouper différents maillons de la filière avec une mise en commun des moyens".

lapins
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Bien être de l'animal mais aussi de l'éleveur

La question du bien-être de l'éleveur a aussi été centrale, avec un partenariat mené avec des équipes de la MSA, "pour observer le travail à différentes phases, adapter le matériel, et limiter les risques de TMS", ajoute Eric Guillermic. Un bien être de l'éleveur qui se traduit également dans les propos de Frédéric Blot, quand ce dernier évoque le contact avec ses animaux et le renforcement du sentiment de fierté de faire son métier. Dans son élevage, l'étude a permis de comparer l'élevage existant et le système innovant. Avec le parc au sol Cuniloft, l'expression des comportements naturels des lapins est favorisé. Plus de déplacements, d’exploration, tout en sautant sur des mezzanines, se cachant dans des terriers, se regroupant, rongeant des blocs de fibres... "Avec la même surface de bâtiment, on augmente de 60 % la surface par lapin, en gardant le même nombre d'animaux et c'est un système adaptable à tous les bâtiments", développe François Menini. Des outils numériques ont enfin été développés pour assister les éleveurs dans la rénovation ou la création d'élevage. Car le renouvellement des générations fait aussi partie intégrante des objectifs poursuivis, au même titre que la réduction des antibiotiques, le partage de la création de valeur, l'environnement...

Le clapier classique pour lapins d'élevage représente selon les dernières enquêtes plus de 95% des logements en France.

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Une augmentation du cût de production

"Evidemment, évoluer vers ce système de logement engendre un surcoût de production pour l'éleveur sur différents postes", concède Frédéric Blot. Un surcoût par l'investissement dans le matériel, mais aussi avec l'augmentation du temps de travail sur le lavage et le transfert des animaux, et moins de lapins vendus chaque année. "On l'estime entre +15 et +20 % par rapport au coût de production actuel". Un surcoût qui devra donc être absorbé par davantage de valeur ajoutée. Sur ce point les créateurs de Cuniloft sont confiants. L'association CIWF ayant déjà décerné un Lapin d'or au dossier présenté par LDC. Une reconnaissance qui devrait également motiver les acheteurs...
"La réussite du projet Cuniloft est liée au collectif : l'engagement de Frédéric, l'équipe R&D de miXscience et l'appui technique de Sanders", conclut Eric Guillermic.

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