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La bio au fil des saisons

Gilles et Ghislaine Delansalut, producteurs de légumes et de céréales au Gaec du Plessis à Taulé (29). Ghislaine et Gilles Delansalut ont engagé les terres en conversion à l’agriculture biologique dès le début de l’année 2018. Les légumes et quelques céréales sont cultivés sur les 32 ha de surface utile. Peu de changements sont intervenus en dehors de quelques adaptations indispensables sur les matériels et les rotations des cultures.

Hersage du triticale en février 2019.

Quand on lit les articles sur la bio, on a l’impression qu’ils réussissent très bien. Nous en avions marre de traiter. Et nous avions dit qu’un jour, nous passerions en bio : c’était décidé. Lors de deux ou trois portes ouvertes, nous avions rencontré des producteurs de légumes et pu échanger sur les pratiques.
On est adhérent à l’Armorique Maraîchère. Ils cherchaient des producteurs bio et la gamme est constituée de mini-légumes et de légumes bio. La conversion des terres a démarré en 2018. En chou-fleur on était proche du bio : on ne faisait qu’un désherbage chimique après la plantation. Nous avions bricolé un système pour désherber sur le rang.
Les productions de l’exploitation sont restées les mêmes : chou-fleur, courgette, légumes de conserve (haricot et petit-pois), des céréales (blé et orge). Pour les céréales de printemps, pois et haricot, c’est plus facile de réussir une culture de printemps qu’une culture d’automne. L’orge de printemps, nous avons toujours réussi à les garder propres. Et il y avait aussi de la demande sur le marché des légumes bio, notamment liée à l’augmentation des légumes surgelés (consommation).
On n’a pas tout converti et les tunnels sont restés en conventionnel pour produire l’hiver des mini-carottes. Nous considérions qu’il était trop tard pour passer en bio et valoriser pendant un an les légumes. De plus, la culture de carottes bio en tunnel me paraissait délicate.

 

Quelques investissements

Nous avons acheté une herse étrille à panneaux de marque Carré. C’était un matériel de fabrication française et qui nous a donné satisfaction. Les subventions ont permis de financer une partie de ce matériel (30 % du montant hors taxe), avec les aides octroyées par le PCAEA (Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles). Nous avons également modifié la bineuse en adaptant les écartements pour le maïs. C’est tout pour les investissements. Cette année pour désherber les haricots, la bineuse était prêtée par Triskalia. Elle était adaptée pour des écartements de 50 centimètres et équipée de caméra pour permettre le guidage de l’outil. En 2021, c’est l’entreprise qui binera les haricots.

Nous en avions marre de traiter.

Adaptation des rotations

Cette année, nous n’implanterons pas de maïs dans l’assolement. L’an dernier, je l’avais vendu sur pied suite à la tempête qui avait fragilisé la culture. Pour les engrais verts, nous semons un mélange d’avoine rude et de seigle. Nous évitons de semer les crucifères et la phacélie dans la rotation pour prévenir les problèmes sanitaires. Le tiers de l’assolement est en chou-fleur. Les rotations sont du type : chou-fleur - orge de printemps - engrais vert - légume de conserve (pois de conserve par exemple) - engrais vert - chou-fleur ou courgette-céréales de printemps…
Nous réalisons systématiquement des faux-semis, un à deux passages quand nous pouvons et nous labourons un mois à l’avance après avoir bien broyé l’engrais vert. En légumes de conserve, c’est Triskalia qui fournit les semences de haricot et de pois.
Pour la fertilisation, nous n’avons mis aucun engrais à part du fumier de bovins. Nous achetons le fumier chez un voisin. Et nous avons augmenté la part de fumier de bovins épandu.

 

Le passage en bio 

Nous sommes satisfaits du passage en bio. Le local phyto est vide. Ce qui ne me dérange pas si on peut faire sans. Les résultats enregistrés aujourd’hui me confortent dans mon choix. J’ai réalisé des passages de herse étrille qui me faisait un peu peur au départ. J’ai réalisé des passages "en aveugle" dans le maïs et ça a été efficace.
J’avais sollicité les aides MAEC Conversion à l’AB. Le pass’Bio suivi nous a aidés à démarrer les cultures. On va démarrer les autres légumes en bio. Le jour où quelqu’un veut reprendre l’exploitation, je préfère transmettre en bio.
Nous utilisions des phytos surtout sur les légumes de conserve. En pois et haricot c’est quand même plus risqué en bio !

 

Gilles et Ghislaine Delansalut, Gaec du Plessis / Taulé (29), producteurs de légumes et de céréales

Gilles et Ghislaine Delansalut

"Récolte des choux fleurs et préparation de la prochaine saison"

La récolte des choux fleurs est toujours en cours. Certaines variétés ont souffert de la semaine de froid en février avec des dégâts sur les pommes dus au gel. On commence à voir également des séries qui marquent les conditions très humides permanentes depuis le mois d’octobre avec des manques de vigueur et de feuillage. Malgré tout, d’autres variétés actuellement en coupe se comportent très bien. Notre saison n’est pas terminée qu’il faut déjà préparer la suivante : nous sommes en train de faire nos commandes de plants. En ce qui concerne les choux, il s’agira de notre première campagne en bio, ce qui nous conduit à avoir plus de restrictions dans le choix des variétés avec la coopérative avec laquelle nous travaillons. Certains créneaux de production seront plus difficiles à couvrir avec les variétés disponibles et nous allons donc devoir jouer sur les dates de plantation pour essayer de décaler les récoltes. Concernant les autres cultures, nous commençons à préparer la terre pour les petits pois et avons prévu de semer nos courgettes d’ici trois semaines environ. / Benoît Nézet et Marine Salaun

 

 

Kristen Le Boedec / Mael-Carhaix (22), éleveur de poules pondeuses bio et de porcs en post-sevrage-engraissement

kristen le boedec

"C’est parti pour les gros travaux des champs"

Depuis le 20 février, les gros travaux des champs ont commencé sur les parcelles portantes. J’ai détruit superficiellement mes couverts au rotalabour, sur 4-5 cm pour en faire un mulch. J’apporterai ensuite le fumier puis en fonction du temps, j’envisage un à deux déchaumages dans une semaine. Avec le soleil et le vent d’est, la couche superficielle sera sèche je pense.
Ensuite, un coup de vibro et ce sera le semis des cultures de printemps qui représentent les ¾ de mon assolement. Cette année je teste un mélange d’avoine pour petit déjeuner et féverole à destination humaine (pour des gâteaux apéro type curly). Viendra ensuite l’orge-pois protéagineux pour alimenter la FAF, les pommes de terre, le maïs et enfin le blé noir. J’ai réalisé des analyses de sol comme tous les ans (quatre parcelles chaque année), et j’adapte mes amendements en fonction. Le taux de matière organique croît, c’est bon signe. Le film réalisé en 2020 sur la pomme de terre bio en technique sans labour est désormais sur youtube. Côté élevage, un nouveau lot de porcelet est arrivé et tout se passe bien pour le moment. / Sarah Bascou

 

Christelle Martin et Mikaël Gergaud / Noyal-Muzillac (56), éleveurs VL - Transformateurs

christelle martin et mikaël gergaud

"La saison de pâturage démarre"

Après une période de préparation de la saison de pâturage avec la pose, l’entretien des clôtures et l’épandage du lisier nous avons démarré le déprimage. Il y a de l’herbe à pâturer, surtout dans les prairies semées l’automne dernier. Pour optimiser la gestion de l’herbe, la parcelle de 15 ha attenante aux bâtiments qui sert pour les parcelles de nuit a été entièrement redécoupée en paddock sur la base de 1 are/VL/jour. Mi-mars nous allons faucher et enrubanner les couverts de RGI avant maïs. Avec ce fourrage on souhaite améliorer la croissance des génisses qui pour l’instant disposaient surtout de foin. / Romain Retif

 

 

Yann PItois / Mecé (35), éleveur de vaches allaitantes

 La bio au fil des saisons

"Une mise à l’herbe progressive"

Le foin de qualité distribué cet hiver a permis d’avoir des animaux en état avant la mise à l’herbe. Je devrais selon moi avoir des stocks fourragers jusqu’au 15/04. Même si j’ai encore du bois à finir et des clôtures à mettre à jour, les animaux ont débuté le pâturage. Les génisses de plus d’un an sont dehors depuis le 24/02, et les vaches prêtes à vêler ont commencé le pâturage de manière progressive. Je les rentre au bâtiment tous les soirs. Elles ont du foin le matin et la nuit, et un léger apport de céréale en complément de l’herbe. En fonction de la météo, cette transition durera 2 à 3 semaines. Une parcelle abritée leur est dédiée. Du 10/03 au 10/04, 35 vêlages sont prévus. J’apporte souvent aux vaches à cette période un complément de chlorure de magnésium, de sélénium et de vitamine E pour une meilleure vigueur des veaux à venir.

Erratum Terra N° 777 du 15/01/21 : Les génisses de renouvellement sont rationnées à 30 % d’enrubannage et 70 % de foin avec un complément de méteil grain (1 kg) et maïs épis (0,5 kg).  / Stéphane Boulent

 

 

Sarah Mell, ferme Grain de Méliss / Hédé-Bazouges (35), productrice de PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales)

Sarah Mell

"Retour dans le tunnel pour les dernières tailles"

La taille des 500 plants de verveine se termine sous le tunnel de 180 m2. Rabattus à 15 cm en fin d’hiver, les pieds de verveine sont réduits à 4-5 tiges à 5 cm du sol. En aérant le cœur de la plante, cette taille est adaptée à cette espèce très sensible aux maladies cryptogamiques. Les tiges qui repartiront de la base seront également plus droites, moins ramifiées et plus faciles à récolter. Après trois ans, les récoltes dans ce tunnel sont restées très satisfaisantes et, si un renouvellement de nouveaux plants a été anticipé, Sarah tente cette quatrième année de production. A une cadence de 30 pieds taillés par heure à deux avec Stéphanie, stagiaire en formation BPREA au CPSA de Combourg, c’est deux jours de travail. En plein champ, les menthes débâchées il y a trois semaines sont également à désherber. Celles qui ont  trois ans se salissent davantage. Si d’autres producteurs ont opté pour un renouvellement annuel de toutes les cultures afin de limiter la pression des adventices, Sarah a préféré cette année tester le passage d’une mini herse étrille sur la houe maraîchère terrateck.  /  Soazig Perche

 

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