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"La haie en Bretagne commence à gagner des kilomètres"

La Bretagne reconstitue ses haies grâce aux deux programmes Breizh Bocage notamment. Le président du conseil régional, Loïg Chesnais-Girard, s'est rendu chez Malo Letonturier, un agriculteur des Côtes d'Armor qui a bénéficié du dispositif. Une dynamique de plantations est engagée sur le territoire de Dinan. Explications.

À gauche, Loïg Chesnais-Girard annonce que la Bretagne commence à gagner des kilomètres de haies : "c'est historique !"

"C'est quand même plus beau avec des haies plantées que sans haies", s'exclame Malo Letonturier en désignant du doigt deux paysages opposés de 180°, aux élus du conseil régional venus visiter sa parcelle à Créhen. Installé depuis 2020, le jeune agriculteur exploite 72 ha dont 14 ha en verger de pommes à cidre. Inscrit au programme Breizh Bocage, il a planté 962 mètres linéaires de haies l'hiver dernier et projette de poursuivre par 800 mètres linéaires l'année prochaine. "Pour moi planter, c'est normal", dit-il, ayant dans l'idée d'associer ses hectares de verger aux hectares de culture, "au lieu d'avoir un verger concentré". Ce que l'on nomme "agro-foresterie intraparcellaire" lui trotte aussi dans la tête.

Le bois doit s'intègrer dans un modèle agricole.

Gagner des mètres linéaires

Mardi 16 mars, une délégation d'élus du conseil régional et de Dinan agglomération s'est rendue sur la parcelle de l'agriculteur tout récemment plantée afin d'évoquer l'importance de la haie sur le territoire. Une haie qui en Bretagne s'installe dans le paysage et ne baisse plus. "C'est historique, nous commençons à gagner des kilomètres de haies, pour la première fois en Bretagne, nous sommes à la renverse", indique Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional. "Dans 20 ans ici, on pourra valoriser du bois énergie, du bois d'œuvre pour chasser le carbone fossile", insistant sur le principe d'économie circulaire : "le bois doit s'intégrer dans un modèle agricole".
Contre leur destruction sur le territoire de l'agglomération de Dinan, les haies dans les PLU sont protégées par décision réglementaire dans les documents d'urbanisme. "Les propriétaires de haies sont contraints par le document d'urbanisme, et s'il y a des aménagements, ils doivent être compensés en linéaire", explique Arnaud Lecuyer, président de l'agglomération. Pour rappel, les exploitants agricoles, demandeurs d’aides PAC soumises à la conditionnalité, doivent respecter le maintien des particularités topographiques, autrement dit des haies et des bosquets, inscrit dans la BCAE 7.

 

La clé des haies : la valorisation

Toute la question est de savoir comment redonner un intérêt économique à la haie, qui permettra alors de reconstituer un maillage bocager et de se réapproprier les gestes techniques ? Le label Haie mis en place récemment est un moyen de guider les acheteurs vers des haies bien plantées, bien entretenues, rappelle le président du conseil régional. La clé serait la valorisation des services fournies par la haie, en cela la PAC réformée pourrait apporter de nouvelles dispositions avec les "éco-schemes", une aide volontaire conditionnée au respect de pratiques agricoles allant au-delà des exigences de la conditionnalité. La création et le maintien des haies sont incluses dans les propositions de la Commission européenne. Il faut attendre les annonces pas encore affichées.

 

Bretagne : 6 000 km de haies en 16 ans

 

haie en Bretagne

Malo Letonturier a bénéficié de l'accompagnement de Dinan agglomération qui assure pour Breizh Bocage la maîtrise d'ouvrage des actions de replantation sur un périmètre de 118 000 ha (Dinan agglo, bassins versant de la Fresnaye et de la Rance). Sur la période 2020-2021, cette maîtrise d'ouvrage assure 57 km de plantations.
Pour rappel deux programmes Breizh Bocage ont été initiés par la région Bretagne sur la période 2007-2014 et 2015-2022. Ils consistent dans le financement des plantations de haies à partir du fond européen Feader, de l'Agence de l'eau Loire Bretagne, de la région Bretagne, des départements et des intercommunalités. Ont été attribués 20 millions d'euros à chacun des deux programmes ; deux tiers de l'enveloppe sont dédiés à la plantation. Fin 2022 ans, ce sont 6 000 km de haies qui sont attendus.
Enfin, la Bretagne est exemplaire puisque sur la porgrammation 2015-2022, elle concentre à elle seule via le Feader 65 % de l'effort national de plantation.

 

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