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"La MSA est un outil stratégique au service de l’agriculture et de la ruralité"

Réforme des retraites, Convention d’objectifs et de gestion, 5e risque… De nombreux chantiers attendent la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) au cours de l’année 2021. Le président de la CCMSA, Pascal Cormery, et son directeur général, François-Emmanuel Blanc, font un point sur les dossiers en cours et à venir.

Pascal Cormery, président de la CCMSA et François-Emmanuel Blanc, directeur général de la CCMSA.

Pascal Cormery, vous avez été réélu à la tête de la MSA. Quels objectifs vous fixez-vous pour votre prochain mandat ?

Pascal Cormery. Concernant nos objectifs, il nous faut d’abord aboutir à la signature de la COG (convention d'objectif) qui est, à ce jour, prévue fin mars. Il reste encore des négociations à mener, des ajustements à trouver avec nos administrations de tutelle. Ensuite, la MSA entend s’ancrer plus encore dans un monde rural qui est aujourd’hui orphelin des services publics et défendre les acteurs agricoles et ruraux tels que la loi le définit. Nous avons une mission de solidarité au plus profond des campagnes et nous entendons l’exercer pleinement. Pour ce faire, nous entendons conserver nos moyens humains et financiers pour remplir ces objectifs et ces missions, tant au profit des plus jeunes que des plus anciens.

Vous allez devoir mettre en place la réforme des retraites agricoles au 1er janvier 2022. Que vous reste-il
à faire ?

P.C. La discussion sur ce dossier a évolué avec le débat parlementaire. Le minimum de pension d’un chef d’exploitation à carrière complète devrait être revalorisé à hauteur de 85 % du Smic par mois au plus tard en 2022. Il restait à examiner le cas des polypensionnés car certains agriculteurs ont pu exercer, à un certain moment de leur vie, un autre métier. Il fallait donc une nécessaire coordination avec les autres régimes de retraite afin que cette réforme puisse être équitable. S’il ne s’était agi que de revaloriser les seules retraites des agriculteurs qui ont exercé toute leur vie, à 100 % ce métier, la réforme aurait pu être prête pour le 1er janvier 2021. Le gouvernement a indiqué que l'application se ferait le 1er janvier 2022. Nous serons prêts. S'il était décidé que la date puisse être anticipée... nous serons prêts également !

La société demande toujours plus à l'agriculture et l'agroalimentaire sans que ces derniers y retrouvent de la reconnaissance sociale et financière. Comment la MSA peut-elle agir ?

François-Emmanuel Blanc. Notre qualité de guichet unique pour les volets maladie, maternité, accident du travail, arrêt de travail, invalidité, décès et retraite, nous donne une vision globale du monde agricole et rural ainsi qu’une légitimité. Cette protection sociale dédiée permet de construire une identité sociale forte, ce qui constitue déjà une marque de reconnaissance. En consolidant la MSA et ses moyens, on renforce cette identité. Mais ce n’est pas aujourd’hui suffisant pour les territoires ruraux qui constituent une partie de cet archipel français souvent décrit. Il faut aller plus loin et nous donner les moyens d’être plus présent physiquement dans les territoires, en particulier en tant qu’opérateur des Espaces France Services, et en nous permettant de mieux accompagner la transition agro écologique.

P.C. Il n’est plus possible aujourd’hui de produire mieux et plus à des prix toujours moins chers, surtout quand, en amont, dans l’exploitation, vous faîtes face à des hausses du prix des carburants, des intrants, de l’énergie, de l’alimentation du bétail... La pression des grandes enseignes est, sur ce point, très inquiétante et j’ose dire lamentable. L’Etat doit intervenir et moraliser les relations tout le long de la chaîne. Il doit surtout appliquer pleinement la loi Egalim. Il en va de notre souveraineté et donc de notre indépendance alimentaire. Quand je me suis installé en 1990, nous étions “exportateur net” car nous couvrions 105 % de notre consommation. Maintenant, nous ne sommes plus qu’à 80 %. Voilà de quoi réfléchir.

Avec un nombre de cotisants qui devrait aller en s’amenuisant, comment allez-vous faire pour financer la dépendance qu’on appelle le “5e risque” ?

F-E.B. La MSA fonctionne sur le principe de la solidarité financière avec l’ensemble des autres régimes de protection sociale Concrètement cela veut dire que son financement est mutualisé sur l’ensemble de la population française. Idéalement, ce sera le même principe pour le 5e risque.

P.C. Depuis plus de 30 ans, nous travaillons avec le groupe Présence verte qui propose des solutions innovantes de téléassistance aux particuliers, notamment un dispositif pour veiller sur les personnes âgées et préserver leur autonomie. Nous avons aussi développé les Maisons d'accueil et de résidence pour l'autonomie (Marpa).  La MSA a aussi initié, en 2011, le dispositif “Bulle d’air” qui permet aux aidants qui s’occupent de personnes dépendantes, de souffler un peu. Aujourd’hui, la France compte 10 millions de personnes qui aident, à titre non professionnel, une personne âgée de leur entourage, dépendante ou handicapée, dans les activités de la vie quotidienne. En 2019, nous avons signé une charte avec l’Alliance professionnelle retraite pour renforcer son développement sur tout le territoire. En résumé, nous sommes plus que prêts pour le 5e risque.

 

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