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La POEC, pour se former à la production porcine et décrocher un emploi

Qu’ils soient demandeurs d’emploi ou en reconversion professionnelle, la POEC leur permet, en 11 semaines, de s’initier à la production porcine et d’acquérir une première expérience qui leur procurera, à coup sûr, un emploi.  

Les stagiaires de la POEC porc avec Patricia Cadiou, formatrice à l’Ireo de Lesneven, et Gilles Burel, animateur à l’Anefa.
© Chantal Pape

"Sur les huit places qui nous étaient allouées, on a trouvé sept candidats pour démarrer la formation, début novembre. Et les six qui l’ont suivi de bout en bout ont déjà trouvé un emploi, alors qu’il leur reste encore trois semaines de cours et stages". Formatrice à l’Ireo de Lesneven, Patricia Cadiou ne cache pas sa satisfaction. "La POEC répond vraiment aux besoins de la profession".

Cours et tutorat en élevage

Formation non diplômante, la POEC, préparation opérationnelle à l’emploi collective, permet aux demandeurs d’emploi ou aux personnes en reconversion professionnelle, sans condition d’âge ni de diplôme, de mettre un premier pied dans un nouveau secteur d’activité. "Elle s’échelonne sur 11 semaines", détaille Patricia Cadiou. Pour ces publics parfois fâchés avec le système scolaire, le programme a été adapté, avec le lundi et le vendredi en centre, et les trois autres jours en tutorat en élevage, histoire d’appliquer immédiatement ce qu’ils ont appris. "Dans des élevages qui disposent de suffisamment de main d’oeuvre pour prendre le temps de former ces nouveaux arrivants", précise aussitôt la formatrice, qui travaille en partenariat avec l’Anefa.

Un travail à la clé

En milieu de parcours, un stage de trois semaines, cette fois en condition réelle de travail, dans un autre élevage, leur permet souvent de décrocher une promesse d’embauche, avant même la fin de leur formation. Et c’est cet excellent taux d’insertion professionnelle à l’issue de la formation qui pousse son financeur, Pôle emploi, à la renouveler régulièrement.

"Y rentrent des gens qui veulent changer de métier et donner du sens à ce qu’ils font, un sens qu’ils trouvent via l’animal", constate Patricia Cadiou, qui regrette que la POEC porc ne soit pas encore connue de tous les employeurs du secteur. "Elle peut aussi accueillir ceux de leurs salariés qui n’ont pas suivi de formation agricole et qui veulent progresser dans leur métier. C’est une façon de les fidéliser, de les garder dans un secteur d’activité qui peine à recruter". Des salariés qui peuvent ensuite embrayer sur un CS porc, qui va leur permettre d’approfondir leurs connaissances. "L’employeur peut aussi solliciter un Défi emploi, une aide qui lui permet d’assurer de la formation en interne".

Une découverte en élevage

Pour intégrer la POEC, pas de pré-requis ! "Je demande juste aux candidats de se prêter à une découverte de deux semaines en élevage, histoire de vérifier que le métier correspond bien à ce qu’ils en attendent". Le temps, aussi, de vérifier qu’ils n’ont peur ni des souris, ni du sang ni des animaux… "Il leur faut aussi se plier à un rythme de travail, que certains chômeurs de longue durée peuvent avoir perdu. Et ne pas souffrir d’asthme, à cause des poussières qu’on peut trouver en élevage". Et leur motivation fera le reste. "Le groupe n’a aucun mal à se souder : ils ont une passion commune".

 

Paroles de stagiaires

 

"J’ai toujours travaillé en ville", indique Nicolas, agent de sécurité pendant 8 ans. "J’avais envie de retrouver le contact avec la nature. Et un métier à horaires fixes, compatibles avec ma vie de famille". Du cochon, il ne connaissait que la viande dans son assiette… et les critiques sur les réseaux sociaux ! "Ca vaut vraiment le coup d’aller voir comment ça se passe en élevage ! Rien à voir avec ce qu’on veut nous faire croire".

Après un BPREA en élevage, Yannick, ancien militaire en reconversion professionnelle, a voulu compléter ses connaissances. Son objectif ? "M’installer. Mais c’est plus compliqué que prévu ! Je vais commencer par du salariat. Et j’ai déjà une promesse d’embauche".

Elle aussi en reconversion professionnelle, Delphine a toujours été attirée par le milieu agricole. "Cette formation, c’était le moment ou jamais de le découvrir enfin". Une découverte qui a répondu à toutes ses attentes et qui débouchera sur un emploi, à peine la formation terminée.

Originaire de la région parisienne, Thomas a travaillé en hypermarché puis comme comportementaliste canin. "Arrivé en Bretagne, j’ai découvert le cochon". Embauché en avril, c’est son employeur qui l’incite à suivre la POEC, afin d’acquérir les bases. "Et je retrouverai mon poste à l’issue de la formation".

"J’avais envie de travailler avec les animaux". Infirmière pendant 15 ans, Laëtitia n’a pas hésité à franchir le pas. "Les deux semaines d’immersion en élevage m’ont permis de découvrir ce métier, qui m’a aussitôt plu : il est très polyvalent. Et au cours d’une journée ou d’une semaine, on fait de tout".

 

 

 

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