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Le boycott des produits français : quel impact pour la Bretagne ?

Les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis le samedi 24 octobre dans plusieurs pays du Moyen-Orient suite aux propos du Président de la République réaffirmant l’importance de la liberté d’expression en France. Si ce boycott semble peu suivi pour le moment, il est à surveiller de près pour le commerce extérieur breton.

Les exportations bretonnes de viandes de volailles sont très dépendantes de la zone du Moyen Orient puisqu’elles représentent 67 % de ces exportations vers les pays tiers.

Tout d’abord, quels sont les pays qui composent le Moyen-Orient ? D’après l’Insee, cette zone du monde regroupe l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Yémen, le Liban, le Qatar, le Koweït, Israël, l’Iran, l’Irak, Chypre, la Jordanie, Oman, le Bahreïn et la Syrie. Les chiffres bretons présentés dans cet article se basent sur cette définition.
La Turquie, seul pays où l’appel au boycott a été officiellement relayé par le Président, n’est donc pas pris en compte. Cela n’est pas préjudiciable à l’analyse puisque la Turquie, avec un modeste courant d’affaires de 11,5 millions d’euros en 2019, est la 57e destination des produits agricoles et agroalimentaires bretons.

GRAHQIUE

L’Arabie Saoudite, première destination des produits bretons
D’après les douanes, en 2019, la Bretagne a exporté 235 millions d’euros de produits agricoles et agroalimentaires vers le Moyen-Orient. Cette zone du monde représente ainsi 5,1 % des exportations agricoles et agroalimentaires bretonnes. Avec 116 millions d’euros, l’Arabie Saoudite absorbe près de la moitié des exportations bretonnes de produits agricoles et agroalimentaires (49,5 %). Suivent ensuite les Emirats Arabes Unis (14,9 %) et le Yémen (10,4 %).
Les produits agroalimentaires sont particulièrement visés par le boycott qui est organisé directement par des magasins de distribution et relayés sur les réseaux sociaux. Avec 108 millions d’euros en 2019, la viande de volailles est le produit le plus exporté vers les pays du Moyen-Orient. Les exportations bretonnes de viandes de volailles sont très dépendantes de cette zone du monde puisqu’elles représentent 67 % de ces exportations vers les pays tiers. Ensuite, les produits laitiers et fromages sont la deuxième catégorie de produits exportés vers les pays du Moyen-Orient avec 49 millions d’euros. Cela représente 12 % des exportations bretonnes de produits laitiers vers les pays tiers.

Le poulet export, activité historique de la Bretagne
Lors de la reprise du groupe Doux en 2018, le cœur de l’activité du volailler breton a été repris par le Saoudien Almunajem. Déjà actionnaire de l’entreprise, et client depuis 1974, il s’empare de l’activité poulet export à destination du Moyen-Orient. Pour cela, il a créé une nouvelle filiale, France Poultry, qui détient l’abattoir de Châteaulin (près de 500 salariés) et la marque Doux sur la péninsule arabique. Les débouchés de cette entreprise sont donc quasi-exclusivement au Moyen-Orient, ce qui la rend plus vulnérable que les autres à ce boycott des produits français.
Dans une interview accordée à Les Marchés Hebdo, François Le Fort, directeur général de France Poultry, annonce que le boycott des produits français a affecté le poulet Doux : il a été retiré des rayons dans certains pays comme le Qatar et le Koweït. Ces destinations ne représentent que 5 à 6 % des débouchés de l’entreprise sur l’année et ces retraits n’ont, pour le moment, pas de conséquence sur les exportations ou les abattages de France Poultry. Le marché de l’Arabie Saoudite, principal client du poulet export breton, est préservé. L’impact n’est donc, à ce jour, pas trop important pour la filière volaille bretonne. Il faut rester vigilant pour la suite, et espérer que la situation s’apaise rapidement.

 

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