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Le groupe Biodiversité à la découverte des vers de terre, ces "ingénieurs du sol"

Dans le cadre de l’Interreg FABulous Farmers, le 4 mars, les membres du groupe Biodiversité de Rés’Agri Oust à Brocéliande se sont réunis pour mieux connaître les vers de terre.

Les participants "récoltant" les vers de terre.

Isabelle Sénégas des chambres d’agriculture de Bretagne, a d’abord présenté les différents groupes écologiques de vers de terre, leurs rôles dans le fonctionnement des sols et les facteurs influençant leur présence. L’après-midi, les participants sont allés au Gaec Bois Fourmi à Guillac pour les observer et les reconnaître.
Sous 1 ha de prairie, la fraction vivante du sol représente le poids de six UGB et les vers de terre peuvent représenter à eux seuls l’équivalent de deux UGB. On en compte plus de 3 000 espèces différentes dans le monde, 130 en France et une trentaine en Bretagne.

 

On ne les voit pas síactiver

Les vers de terre brassent d’importantes quantités de terre et de matière organique, mais ce sont des travailleurs invisibles. Ils font un travail souterrain et ne sortent en surface que la nuit afin de se protéger de leurs prédateurs. Un film a permis aux participants d’observer l’activité des anéciques et ils ont été particulièrement impressionnés par leur action : "de vrais bulldozers ces petites bêtes".

Les communautés de vers de terre sont conditionnées par les propriétés du sol, l’occupation du sol et les pratiques agricoles.

Des acteurs essentiels au fonctionnement des sols

De par leur activité, les vers de terre ont un rôle important dans la fertilité du sol. En mélangeant les matières organiques et minérales sur tout le profil de sol, en produisant des déjections fertiles, ils augmentent l’activité microbienne, enrichissent le sol en éléments nutritifs assimilables par les racines des plantes et favorisent la stabilité structurale. Les vers de terre agissent également sur l’infiltration de l’eau, les échanges gazeux, la rétention d’éléments. De plus, en enfouissant des débris végétaux, les vers de terre participent à la lutte contre certains pathogènes.

 

Des acteurs à ménager

Les communautés de vers de terre sont conditionnées par les propriétés du sol, l’occupation du sol et les pratiques agricoles. Ce sont les prairies qui ont la plus forte densité et diversité en vers de terre en milieu tempéré : 1,6 fois plus qu’en cultures annuelles et sept fois plus qu’en forêt.
D’autre part, les lombriciens sont sensibles aux produits phytosanitaires, à la compaction du sol et au travail du sol. Ainsi pour les favoriser, il est préférable de limiter le travail du sol dans leur période d’activité, d’éviter la compaction et de leur fournir des apports organiques variés.

 

Le test bêche pour se faire une idée du nombre de vers

Afin d’observer les vers de terre, les participants sont allés au Gaec du Bois Fourmi faire des tests bêche dans deux parcelles, en couverts végétaux multi-espèces et en prairie permanente de fauche. Des blocs de 20 cm de côté et 25 cm de profondeur ont été décaissés à la bêche. Chaque bloc fut ensuite trié dans un bac et émietté. Tous les vers de terre ont été mis de côté dans un peu d’eau et identifiés.
Bilan de la "récolte" : peu de vers de terre, essentiellement des anéciques dans la parcelle de couverts, dû possiblement à un sol trop tassé ou à l’effet du labour. En revanche dans la prairie, beaucoup d’épigés qui fragmentent les débris végétaux de surface, signe d’un sol moins perturbé.

Prochains rendez-vous du groupe en mai et juin sur l’adaptation des pratiques agricoles favorables aux oiseaux et sur les auxiliaires de cultures. Ces thèmes vous intéressent ? Rejoignez le groupe.

 

Des catégories écologiques complémentaires

Les vers de terre sont répartis en trois groupes écologiques, basés sur des critères comportementaux
et morphologiques :
- Les épigés, les petits "vers de surface" vivant au contact des résidus organiques et fractionnant la matière organique ;
- Les anéciques, vivant dans l’ensemble du profil de sol. Ce sont eux qui creusent les galeries verticales et déposent leurs déjections en surface sous forme de petits monticules appelés "turricules". Ils prélèvent les débris végétaux sur le sol et les enfouissent dans leurs galeries ;
- Les endogés, vivant dans la terre et se déplaçant en creusant des galeries horizontales non permanentes. Ils contribuent à la création d’une structure grumeleuse.

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