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Le monde d’apres : qui sera l’ingenieur agronome de demain ?

Les étudiants en agronomie aspirent à plus de terrain et de technique. Les recruteurs recherchent la transdisciplinarité dans les profils des candidats. Quels compromis proposer ?

Un future ingénieure agronome auprès d’un agriculteur sarthois.

Le "monde d’après", tout le monde en parle, en pensant à l’après crise Covid-19, le changement climatique, la fin de l’économie carbonée… Les jeunes générations souhaitent s’engager et s’investir pour participer pleinement à ces changements.  Ils le réclament haut et fort, et expriment le souhait que leurs formations évoluent elles-aussi, avec eux et pas sans eux. Mais comment ? Quelles sont leurs attentes ? Qu’en pensent les plus anciens, leurs futurs recruteurs ?

 

Une forte demande de pratique dans la formation

“De la pratique un jour par semaine !”. Pour les étudiants en école d’ingénieur agronome, ceci serait le modèle d’enseignement idéal. Ce résultat est issu d’une enquête réalisée auprès de 142 élèves ingénieurs, réalisée entre le 4 et le 15 janvier 2021. Les élèves enquêtés suivent le cursus ingénieur agronome à Agrocampus Ouest au sein de l’Institut Agro (voir encadré). Le confinement prolongé et les cours en distanciel ont probablement fortement influencé ces résultats, mais ceci reflète aussi un "besoin de concret" dans leur formation. Pour eux, cela doit se traduire par plus d’enseignements techniques, plus de stages et plus de visites, répartis tout au long de la formation. Le contexte sanitaire (règles de biosécurité renforcées face aux risques de fièvre porcine africaine, grippe aviaire en plus de la Covid) ne facilite pas les échanges et les visites, et donc la formation, voire, la création de vocations. 55 % des étudiants interrogés souhaiteraient aussi la mise en place de formations par alternance. Des formules plus souples pouvant se réaliser sur une année, comme le contrat de professionnalisation, pourraient satisfaire cette attente. Le manque de pratique (sorties sur le terrain, mises en situations professionnelles) pendant la formation se retrouve chez les diplômés, jeunes ou moins jeunes, en situation professionnelle (voir tableau 1). Ils reconnaissent toutefois que l’auto-formation lors de l’entrée dans le monde professionnel ainsi que l’accompagnement des plus anciens leur permet de pallier une partie de leurs lacunes techniques. D’autres manques dans la formation, sont aussi fréquemment évoqués comme la gestion des relations humaines et des conflits par exemple.

 

De multiples défis à relever selon les recruteurs

Pour les recruteurs, la pratique ne suffit pas. Les attentes sociétales, la transition environnementale et le maintien de l’économie agricole seront aussi les principaux défis auxquels les ingénieurs agronomes devront faire face. Pour y répondre, ils recherchent des candidats curieux, ayant une bonne capacité d’adaptation, capables de mener un projet et de communiquer de manière pertinente, quel que soit la production concernée ou le public rencontré.

 

Alors, que faire ?

Pas facile au final de faire une formation pour répondre aux attentes des étudiants, de les former au monde professionnel et d’être en accord avec les attentes des recruteurs. Sur les trois ans de formation en école d’ingénieur, la technique pourrait être abordée grâce à l’alternance et l’interdisciplinarité mise en œuvre sur le reste du temps. Mais la technicité accrue ne doit pas empêcher l’acquisition des compétences d’un ingénieur, reconnues et recherchées par les entreprises. L’ingénieur agronome doit pouvoir aborder des problèmes complexes, nécessitant de multiples connaissances et compétences. Cette étude, limitée à un Institut et certaines de ses formations passées et futures, ne visait pas à être représentative de toutes les formations d’ingénieurs agronome ou d’ingénieurs en agriculture. Peut-être faudrait-il l’étendre à d’autres cursus également. L’inquiétude du lendemain est sans doute grande pour les jeunes en formations, trop diront certains, mais il paraît crucial d’écouter et surtout d’entendre, ce que ces futurs collaborateurs ont à dire au monde agricole et à la société en général.

Formation

535 personnes sondées

L’institut Agro a été créé le 1er janvier 2020 lors du regroupement des écoles Agrocampus Ouest de Rennes et Montpellier Sup Agro. Dirigée par Anne-Lucie Wack, l’institut Agro compte 210 enseignants-chercheurs, et 3750 élèves. Les 17 étudiants de la spécialisation Sciences et Ingénierie en Productions Animales ont réalisé l’enquête présentée ici. Ils se sont aussi intéressés aux étudiants en formation avant l’intégration en école d’ingénieur. Là aussi, les interrogations sont nombreuses, mais les attentes semblent plus diffuses et moins claires chez les plus jeunes (bacheliers). En tout, 535 personnes ont accepté de participer à leur enquête dont les résultats complets seront disponibles courant 2021.

 

 

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