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Le porc encore à la baisse en 2021

Au cours de l'assemblée générale de l'UGPVB, Elisa Husson de l'IfIp intervenait pour dessiner l'évolution prévisible des cours du porc en 2021. Tiraillé entre la crise de la FPA en Chine, le développement de cette même maladie en Europe, une concurrence américaine accrue et les conséquences de la crise Covid en Europe, les perspectives s'annoncent sombres au premier semestre 2021 même si l'Ifip estime que la filière évitera les plus bas historiques.

Tirée par les importations chinoises la production Européenne s'était remise à rêver, elle connaissait une envolée des cours, presque inespérée. Oui mais voilà, les arbres ne poussent jamais jusqu'au ciel. L'arrivée de la FPA en Pologne et en Allemagne a bloqué en Europe une partie de la production de ces pays. La belle progression s'est enrayée et le marché s'est inversé. 

 

Une production européenne en hausse

Globalement entre l'année 2019 et 2020, le cheptel de porcs et de truies a augmenté. L'Espagne progresse de 3 % entre les deux exercices et atteint le chiffre de 31,5 millions de porcs produits. Le Danemark et la Pologne affichent eux aussi des progressions respectivement de 4,9 % et 6 %. L'Europe compte un total de 136 millions de porcs produits en progression de 1 % avec, c'est important, des carcasses plus lourdes. Cette tendance d'une augmentation de la production devrait rester en 2021, notamment en Espagne, même si, pour des raisons environnementale ou sanitaire, les Pays Bas et l'Allemagne devraient voir leur courbe de production repartir à la baisse. La France reste dans une perspective de légère croissance en 2021.

Le marché européen devrait rester saturé début 2021, même en espérant une légère reprise de la consommation.

La Chine fait son marché

Dans le même temps, la Chine a reconstitué en grande partie son cheptel décimé par la pandémie de FPA. Et si les prix dans ce pays restent aujourd'hui très élevés, elle peut depuis plusieurs mois adopter une nouvelle stratégie de mise en concurrence de l'offre, au moment ou ses besoins restent très importants. Les États-Unis sont, bien sûr, sur les rangs, comme le Canada, l'Espagne le Danemark... et plus modestement la France. La Chine reste ainsi le premier client des USA avec plus de 700 000 tonnes exportées sur neuf mois en 2020 soit + 139,5 % par rapport à la même période de 2019. Le Brésil devient progressivement un acteur mondial majeur avec une production qui continue de progresser à 3,1 % et des exportations qui "explosent", notamment vers la Chine, Hong kong, Singapour...
L'Ifip estime que l'arrêt des exportations allemandes devrait permettre à d'autres pays européens de tirer leur épingle du jeu, grace à un jeu de chaises musicales. Mais les excellents chiffres d'export semblent plutôt être derrière nous. Les estimations font état de perspectives à -5 % sur le premier puis le second trimestre 2021 en volume.

porc
Si les volumes à l'export sont plus limités,avec un contexte de hausse de l'offre et de l'alourdissement des poids de carcasse, une concurrence accrue avec les USA vers la Chine, le marché européen devrait rester saturé début 2021, même en espérant une légère reprise de la consommation.

Un marché européen engorgé en 2021

Dans ces conditions, si les volumes à l'export sont plus limités, avec un contexte de hausse de l'offre et de l'alourdissement des poids de carcasse, une concurrence accrue avec les USA vers la Chine, le marché européen devrait rester saturé début 2021, même en espérant une légère reprise de la consommation.
Si les experts restent malgré tout prudents, ils s'avancent sur un repli progressif des cours jusqu'au second trimestre 2021. La baisse représenterait sur le premier trimestre -19 % d'après les estimations par rapport à 2020 et 5 % sur le second semestre par rapport à 2020 à 1,52 € par Kg. un prix qui devrait rester dans une "fourchette" de 1,39 à 1,52 € par kg classe SE (prix moyen 2020 : 1,58 € par kg).
Des conditions baissières qui ne devraient donc pas atteindre des seuils historiques avec toutefois de fortes incertitudes liées par exemple à la progression de la FPA, en Allemagne... et ailleurs. La Covid 19 en Europe fait courir des risques sur l'impact sur la consommation de porc notamment en RHD, le fonctionnement des abattoirs mais aussi sur les règles d'exportation vers la Chine. Cette dernière indique qu'elle souhaite renforcer les contrôles sanitaires sur ses importations et des discussions sont en cours, puisque la Chine fait savoir qu'elle imposerait que chaque colis - même surgelé - soit désinfecté. Enfin, le Brexit est un élément à prendre en compte puisque le Royaume Uni est un marché d'importance pour les exportateurs européens.
Faire des prévisions, on le voit, reste quelque chose de difficile mais, aujourd'hui, la tendance semble claire à la baisse pour le prix du porc même si le curseur variera un peu plus ou un peu moins... mais toujours à la baisse.

 

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