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Le végétarisme progresse, mais reste "marginal"

Un Français sur cinq se déclare flexitarien et 5 % se déclarent végétariens ou végans, d’après une étude de FranceAgriMer.

Parmi les végétariens déclarés, le motif éthique est le premier cité (74 % des répondants dans les quatre pays étudiés). De leur côté, 69 % des flexitariens motivent leur choix avant tout pour des raisons de santé.

Avec 5,2 % de Français se déclarant végétariens ou végans, le phénomène progresse, mais reste "marginal". C’est le principal enseignement d’une enquête(1) de FranceAgriMer auprès d’environ 3 500 personnes. Avec cette étude "exploratoire" sur quatre pays (France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni), l’établissement public se saisit pour la première fois de ce sujet de société, avec la volonté de l’étudier sur le long terme. En France, 4 % des répondants se déclarent végétariens, 1,1 % végans et 0,1 % végétaliens. Un niveau qui place l’Hexagone dans la moyenne des pays étudiés (1).

Le phénomène reste difficile à quantifier, car le végétarisme déclaré ne correspond pas toujours aux pratiques de consommation. Ainsi, seulement 2,3 % des répondants déclarent ne jamais consommer de produits carnés (alors que 4 % se déclarent végétariens). Un biais déjà mis en évidence dans des précédentes études. "Sur 100 végétariens auto-déclarés, seuls 42 % ne consomment jamais de viande", remarque ainsi FranceAgriMer. La proportion de végétariens pourrait toutefois être sous-estimée, en raison d’une "forme de tabou alimentaire", estime Grazyna Marcinkowska, chargée d’études à l’organisme public. 40 % des Français déclarent connaître au moins un végétarien dans leur entourage, contre plus de 60 % pour les autres pays.

 

Le végétarisme bénéficie d'un "terrain favorable"

Malgré ces incertitudes, la progression du végétarisme semble acquise : la proportion de végétariens déclarés est passée de 0,7 % en 1998 à 3,2 % en 2018, d’après une autre enquête du Crédoc (menée par téléphone). Le végétarisme bénéficie d’un "terrain favorable", explique Grazyna Marcinkowska. Elle cite notamment l’individualisation des conduites alimentaires, l’éloignement du monde rural, le développement de l’offre végétale alternative ou encore les politiques de santé publique et d’environnement.

Pour FranceAgriMer, "le végétarisme s’inscrit dans une tendance plus large de baisse de consommation de viande ces dernières années". L’étude présentée au Sommet de l’élevage montre que "50 % des Français déclarent avoir réduit leur consommation de viande par rapport à 2017". FranceAgriMer estime à 20 % la part de flexitariens(2) en France. Un niveau là aussi dans la moyenne des pays étudiés. Le flexitarisme peut-il constituer une passerelle vers le végétarisme ? Pas forcément : à la question "Pourriez-vous devenir végétarien ?", la moitié des flexitariens répond "oui", l’autre moitié "non". Les motivations ne sont pas les mêmes entre un arrêt de la consommation de viande et une réduction de la consommation. Parmi les végétariens déclarés, le motif éthique ("C’est cruel d’élever des animaux pour les tuer") est le premier cité (74 % des répondants dans les quatre pays étudiés). De leur côté, 69 % des flexitariens motivent leur choix avant tout pour des raisons de santé ("Il vaut mieux manger moins de viande pour être en bonne santé").

 

végétarisme

L'environnement, une motivation secondaire pour arrêter la viande

Les deux catégories se rejoignent sur la critique des conditions d’élevage, citée par plus de 50 % des répondants. La protection de l’environnement, bien que souvent mise en avant dans les médias, apparaît comme une motivation secondaire. Elle est citée par 30 % des personnes déclarant consommer pas ou peu de viande (et par seulement 7 % en première position).

Cette sensibilité environnementale et éthique est plus présente chez les jeunes. L’étude de FranceAgriMer tente aussi de dessiner un profil du consommateur végétarien. "Globalement, à l’échelle des quatre pays, le végétarien/végan auto-déclaré est jeune, cadre et urbain". À ce stade de l’analyse, l’enquête touche ses limites, en raison de "la faiblesse des effectifs de cette population encore marginale". L’échantillon n’est "pas suffisant" pour une analyse fine, reconnaît Grazyna Marcinkowska, qui indique qu’il faudrait "5 à 10 000 individus par pays". Une étude de grande ampleur que FranceAgriMer compte lancer prochainement en France.

(1) Enquête Crédoc pour FranceAgriMer et l’OCHA, réalisée sur Internet en 2018. 
(2) Individus limitant leur consommation de viande pour des raisons autres que financières,
sans être exclusivement végétariens.

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