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Les maraîchers bio du Trégor : Un groupe qui avance vite

Sarah Bascou, conseillère en agriculture biologique à la chambre d'agriculture de Bretagne, détecte des interrogations similaires de plusieurs maraîchers bio sur le territoire du Trégor (22). Elle propose alors aux agriculteurs une première rencontre. Retour sur la constitution d'un jeune groupe.

S’ils se connaissent tous individuellement, ils n’ont pas d’occasions de travailler en groupe. Or, le contact se fait immédiatement entre les professionnels du maraichage bio, qu'ils soient installés depuis 20 ans ou tout juste arrivés dans le métier. "L’installation en maraîchage bio est un métier très prenant et assez solitaire. Or, des envies similaires émergeaient dans la tête de chacun mais étaient difficiles à mettre en œuvre seul car trop gourmandes en temps et en énergie", se souvient Sarah Bascou.

 

Des thématiques qui émergent vite

En novembre dernier, cette première réunion est l'occasion d'un grand brainstorming pour révéler les sujets potentiels de travail. Huit maraîchers s'interrogent sur la pertinence de choisir telle ou telle thématique et en quoi la traiter en groupe peut être facilitant. Il s'avère que le groupe peut répondre à nombre de problématiques individuelles.
Quatre sujets font consensus : la mutualisation des coûts et la valeur ajoutée des productions, une communication commune pour gagner en visibilité, le partage d'expériences et la gestion de la charge de travail. Des sujets qui intéressent car, dès la seconde réunion, le nombre de maraîchers bio est passé à 11 grâce au bouche à oreille et, aujourd'hui, 15 personnes constituent ce groupe.

"Des envies similaires émergeaient dans la tête de chacun mais étaient difficiles à mettre en œuvre seul car trop gourmandes en temps et en énergie"
Sarah Bascou

Une priorité : mieux se connaître

Certains projets comme la mutualisation des coûts demandent d'établir une confiance solide entre les partenaires du groupe. Ainsi, avant d'entrer de plain pied dans ces sujets d'envergures, les agriculteurs décident de présenter à tour de rôle leurs exploitations. "Dès la première visite, le premier maraîcher a mis en place trois procédures nouvelles dans sa ferme et travaille sur une quatrième. Le groupe avait déjà répondu à certaines interrogations individuelles", explique Sarah Bascou.
Ces échanges peuvent être assimilés à de la formation. Matériel, paillage, rotations, mise en place de nouvelles cultures, tout est passé au crible. Alors que collectivement, ils avaient décidé de se réunir exclusivement de mi-novembre à mars, pour éviter les périodes de travaux intenses, ils ont choisi de poursuivre ces visites une fois par mois durant deux heures pour avoir une vue d'ensemble des fermes d'ici septembre.
Un autre projet a pu voir le jour rapidement. En effet, l'un des maraîchers a reçu la visite d'un jeune entrepreneur proposant de l'achat/vente de paniers de légumes. Il a décidé, via l'intermédiaire de Sarah Bascou, de le présenter au groupe et certains sont déjà entrés dans le lancement test de ce projet. "Une formule gagnant-gagnant", estime la conseillère de la chambre d'agriculture.

 

Aller plus loin

Certaines questions méritent plus de réflexion avant de s'engager, mais, là-aussi, le groupe s'interroge et va rechercher des informations. Ils avaient tous identifié la charge de travail comme une difficulté du métier. Sarah Bascou leur a donc proposé un échange avec le Sdaec-Terralliance pour mieux connaître leurs droits et pourquoi pas la possibilité de prendre un salarié à temps partagé ? "Certains ont découvert qu'ils avaient la possibilité de prendre des vacances grâce à ces structures et d'autres ont travaillé avec Terralliance. Il reste encore à faire le bilan, mais cela a ouvert le champs des possibles, et c'est bien là tout l'intérêt des groupes d'agriculteurs", estime la conseillère.
Dès la rentrée de septembre, le groupe va s'atteler à la mutualisation des moyens, à leur capacité à produire et transformer des produits venant de chez eux ou de leurs partenaires. 
L'aventure est à son commencement.

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