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Les rendez-vous techniques et bio attirent

Lait, légumes ou grandes cultures ? Les trois. Les rendez-vous techniques organisés la semaine passée en Bretagne par la chambre d’agriculture ont réuni près de 350 agriculteurs sur des thématiques spécifiques, en lien avec les attentes du moment. À l’instar de celui à St Gonnery : si produire des cultures alimentaires en bio est une chose, bien les trier, stocker et conserver en est une autre, fondamentale pour leur valorisation.

Huiles de cameline, chanvre et colza extraites sur l’exploitation, farines de blé et épeautre moulues aussi sans compter miel, confitures, pois cassé ou lentilles, autant de production issue de cette exploitation qui met l’accent sur le triage, le stockage et la conservation pour valoriser au mieux ses productions diverses.

25 ans d’évolution et de diversification. Sur les prairies du plateau de la Cavalerie à Saint-Gonnery (56), subsistent quelques génisses qui, amouillantes, rejoindront dans quelques jours les pâtures d’un nouvel éleveur. Elles sont les rares traces du passé laitier, et bio de 2009 à 2019, que Rémy et Fabienne Gicquel auront connu depuis leurs installations respectives en 1995 après tiers et 2 000. Un hier laitier révolu depuis 2020 pour se consacrer à la production et la valorisation de cultures alimentaires, bien triées, bien séchées grâce au séchage en grange et stockées.

 

Une ferme en mouvement

"Il y a eu beaucoup de changements au cours de ces années, de la diversification avant le passage en bio, de la valorisation et de la commercialisation de ce que nous produisions", retrace en cohérence Rémy Gicquel, énumérant devant la centaine de participants du rendez-vous technique, la création de gîtes pour l’installation de son épouse, l’élaboration des confitures et de miel, d’huile de colza pour l’alimentation humaine, l’installation des panneaux solaires sur la nouvelle stabulation en 2006 puis le séchage en grange en 2015… Les cultures alimentaires deviennent à présent la principale vocation de la ferme sur 68 ha, avec arrêt définitif du lait cette année. Huiles et farines continuent à être transformées à la ferme qui valorise également le séchage et le triage, en prestation et en Cuma. Avec un réseau de distribution "à la ferme, nous avons un magasin, mais aussi auprès de commerces et restaurants qui distribuent nos produits. Les débouchés sont là, il faut les développer", pour Rémy Gicquel

Il faut être vigilant, la fertilité, c’est primordial en bio.

Des investissements à adapter

Pour parfaire l’évolution, des investissements ont été réalisés afin de valoriser au mieux les cultures. "Nous avons acheté un moulin (15 000 euros) pour faire de la farine en plus du sarrasin, pour le blé, petit épeautre, millet puis grand épeautre". Dans le hangar, installé en hauteur, face au trieur simple et au nettoyeur séparateur (30 000 euros) acquis "pour le pois cassé, le millet, le chanvre et pourquoi pas le tournesol à l’avenir", vient de prendre place en achat collectif avec 15 autres agriculteurs en Cuma, une trieuse optique. "C’est un coût, près de 100 000 euros. Il va falloir en passer pour l’amortir mais finaliser le triage, c’est important. À la clé, c’est une bonne valeur ajoutée quand il ne reste plus un seul grain d’orge dans nos lentilles corail", illustre le désormais cultivateur.

 

Vie et fertilisation des sols

Avec 25 ha conservés en herbe, des oléagineux, colza, cameline, chanvre, céréales avec du blé, du petit épautre, de l’orge brassicole (valorisé par la filière de la terre à la bière) mais aussi des légumes secs, lentilles verte et corail, pois chiche et pois cassé et du millet pour la première année, composent l’assolement des 68 ha. L’objectif ? "Mettre du seigle, du grand épeautre, du quinoa et tournesol si on arrive à trouver des variétés assez précoces", insiste Rémy Gicquel depuis son centre Bretagne. Les rotations sont basées sur un cycle de sept ans. "Avant, les 3/4 de la surface étaient en herbe et avec les animaux, il y avait du reliquat mais à moyen terme, je dois être vigilant", analyse-t-il en matière de fertilisation pour "ramener de la matière organique par les couverts végétaux". Reste un point crucial, "les amendements. Il faut être vigilant, la fertilité, c’est primordial en bio, il faut faire analyser sa terre", appuie Clarisse Boisselier, agronome, conseillère bio de la chambre d’agriculture. "Après dix ans, remonter de la potasse et surtout du phosphore, c’est très compliqué ", met-elle en garde.

 

Repères 2020

Colza 2020 : 1 t de colza donne 280 litres d’huile (vendue 7 euros/l) et 700 kg de tourteau (550 euros/t). Semé le 19 août sur précédent prairie, 3,5 kg/ha + sarrasin (16kg/ha), il a été récolté le 29 juin : 20q/ha à 9 % d’humidité.
Sarrasin 2019 : 1,5 kg de sarrasin donne 1 kg de farine (3,6 euros/kg), semé le 22 mai sur précédent prairie, récolté le 11 octobre a raison de 18q/ha trié.
Pois cassé 2020 : 1 tonne de pois cassé donne 600 kg après casserie (2,5 euros/kg). Semé le 8 avril avec orge, récolté le 4 aout à raison de 26q/ha avant tri.

 

 

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