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Lorsqu’il est temps de dire au revoir... l’agriculture !

Agriculteur-agricultrice : un métier, un mode de vie, parfois une vocation, souvent une carrière qui mène jusqu’à la retraite. Pour diverses raisons, il arrive que la vie chamboule les plans et que certaines personnes quittent l’agriculture. Se reconvertir, se former pour se lancer dans de nouveaux projets est l’aboutissement d’une longue réflexion. Témoignages !

Alors que son activité horticole bat son plein, Marc choisit de devenir professeur de yoga.

Lorsque l’on arrive dans le domaine de l’agriculture, on s’engage généralement pour y faire carrière. Mais parfois, les choses ne sont pas si simples : problèmes financiers ou de santé, discorde entre associés, ou tout simplement choix personnel, envie de faire autre chose. Pour aider les agriculteurs dans ce cheminement, la MSA et les chambres d’agricultures ont mis en place une formation "continuer ou se reconvertir". Deux participants qui ont souhaité rester anonyme, témoignent de leur parcours et leur passage dans le monde agricole.

Formation

Transmettre

En 1994, lors que Magalie s’installe en tant qu’agricultrice avec son mari sur l’exploitation laitière de ses beaux-parents, elle est heureuse. Un métier qu’elle connaît par ses parents et qu’elle apprécie pour sa flexibilité, le contact avec la nature et les animaux. Elle construit sa famille et devient maman de trois enfants. "J’ai vécu de belles années en agriculture", se remémore-t-elle. Mais, il y a aussi des zones d’ombre au tableau. "En 2008/2009, j’ai beaucoup été secouée par les grèves du lait, les manifestations, on devait jeter le lait. Je ne voudrais plus revivre ça, c’était trop dur, ça m’a marqué à vie", se rappelle-t-elle non sans difficulté. Finalement, c’est sa santé qui l’oblige à dire stop. "Suite à une opération du genou qui a mal tourné, j’ai eu des soucis de santé, j’ai été en arrêt pendant trois ans", explique Magalie. Une période qui lui a permis de faire le point et se questionner sur son avenir professionnel. Au terme de celle-ci, elle participe à la formation "continuer ou se reconvertir". Elle se réoriente alors vers le social. Un milieu qui lui est familier, car avant de rejoindre son mari, c’est dans des EHPAD et des crèches que Magalie a fait ses premières armes. Elle reprend donc ses études pour devenir "maîtresse de maison", un métier polyvalent, enrichissant et aux contacts des autres, une dimension qui lui manquait dans son précédent métier. Aujourd’hui, Magalie est ravie, bien qu’encore inquiète quant à ses compétences informatiques : "Il faut maîtriser le numérique pour exercer ce métier, il faut faire des commandes sur internet, gérer des stocks… mais je commence à me débrouiller", sourit-elle. De son passage dans le domaine de l’agriculture, elle souhaite garder les bons moments. Une passion qu’elle et son mari ont d’ailleurs transmis à deux de leurs enfants, dont l’aîné qui avait pris la relève lors de son arrêt de travail.

J'avais du mal à trouver de la main d'œuvre qualifiée.

S'arrêter au bon moment

Marc a toujours été passionné par les plantes. Une passion qui l’a poussé à créer sa propre pépinière. Une petite entreprise à son image, très personnelle. Les affaires marchent bien, il fidélise une clientèle autour du projet dont beaucoup d’anglais. Alors, lorsque le Brexit se profile à l’horizon, David ne le voit pas d’un bon œil. De plus, "j’avais du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée, et en tant que patron, on est souvent la variable d’ajustement. Je travaillais beaucoup pour réussir", explique-t-il. Ainsi, après 20 ans de dur labeur, son corps fatigue. Pour prévenir et accompagner ce corps, son outil de travail, Marc pratique depuis une dizaine d’années le yoga, un sport dans le prolongement de ses valeurs, son rapport à la nature et aux autres. Mais après une longue réflexion et alors que son activité bat son plein, il décide d’arrêter et de devenir prof de yoga. "C’était le bon moment de s’arrêter, garder le positif de cette belle aventure et poursuivre sur cette lancée", explique-t-il. "Lorsque l’on voit le mur se dresser, il faut s’arrêter avant de le percuter !", ajoute-t-il. Il travaille aujourd’hui dur pour se former et profite de cette période de Covid, pour prendre des cours à distance avec des enseignants de toute la France. Il a maintenant hâte de faire découvrir les lieux sous un nouveau jour et de partager sa passion et son art.

 

Les noms des participants ont été modifiés.

 

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