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Développement de la méthanisation
Mettre les gaz en Bretagne

Intéressant par son impact positif sur l'environnement, le développement de la méthanisation intéresse, mais peine à se mettre en place. Agir en synergie, établir références techniques et adapter la réglementation, sont incontournables pour que le biogaz agricole décolle.

Gilles Petitjean, délégué général de l'Adéme Bretagne et Odette Herviaux, vice-présidente du conseil régional de Bretagne.
Gilles Petitjean, délégué général de l'Adéme Bretagne et Odette Herviaux, vice-présidente du conseil régional de Bretagne.
© TERRA
"La méthanisation, c'est formidable, mais ça ne décolle pas. Pourquoi ?". C'est la question que L'Adéme(1), par le biais de son délégué régional, Gilles Petitjean, a décidé de poser au Space, le 13 septembre dernier. Car le potentiel est là, tant la Bretagne, par l'importance de son élevage et de ses industries agro alimentaires, dispose d'atouts pour que cela décolle. Mais voilà, même si la région a décidé d'inscrire cette solution dans son plan énergie, dotant sa volonté politique d'un budget de 73 000 euros sur 3 ans, "la technique est à diffuser et il faut aider la filière à se structurer", énumère Odette Herviaux, vice-présidente de la région Bretagne en soulignant l'ampleur de la tâche.

Quelle faisabilité ?
Pour appréhender les conditions de réussite de la méthanisation, "il faut évaluer s'il y a de la matière organique en quantité suffisante sur l'exploitation et surtout autour pour valoriser ce service, mais aussi s'il y a besoin de chaleur alentour", inventorie Armelle Damiano, spécialiste de la méthanisation au sein de l'AILE(2). Augmenter la puissance de l'installation permet de diminuer le coût du kw produit.
Mais la rentabilité économique n'est atteinte en France où le coût de rachat du kilowatt (14 euros/kw, tous bonus compris), est inférieur au système allemand (20,99 euros/kw, tous bonus compris), "que si le projet intègre le traitement de déchets organiques de proximité", analyse Marc Gillmann, chargé de mission biomasse auprès du ministère de l'Agriculture. Tout juste complémentaires dans le système français, les cultures énergétiques(3) n'en n'assurent pas la rentabilité qui est acquise par le revenu issu du traitement des déchets.

Quels freins ?
Economique par un coût de rachat peu incitatif par EDF, organisationnel par la complexité des procédures, les freins au développement de la méthanisation existent. L'absence de solution de résorption par la méthanisation en est un autre, plus technique, l'azote étant conservé dans le produit à exporter.
"En attente de statut, le produit final est confronté à une difficulté d'accès sur un marché précis", note Sébastien Huet, de l'Ademe Bretagne. Même problème quant au biogaz, assimilé à un combustible commercial et nécessitant dans le cadre d'une diversification, de créer une deuxième société commerciale, cette fois. Alors, pour que la méthanisation ne reste pas une usine à gaz, un peu d'adaptation réglementaire semble nécessaire pour connaître le développement attendu.
 
(1) Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. 
(2) Association d'initiatives locales pour l'énergie et l'environnement :  www.aile. asso.fr
(3) Le pouvoir méthanogène du lisier est faible (25 m3/tonne) comparé à celui des cultures énergétiques (200 m3/t) ou encore des graisses de fritures (entre 700 et 900 m3/t).
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