Aller au contenu principal
Font Size

Miscanthus : une plante pérenne et économique

Dans le cadre des portes-ouvertes Bio&Climat, organisées par la Frab Bretagne, Pierre Le Bris, agriculteur à Pont-Croix (29) et cultivateur de miscanthus a expliqué à la vingtaine d'agriculteurs présents les différentes facettes d'une plante encore méconnue.

Entre les curieux qui ont poussé la porte en quête d'une variété nouvelle et ceux qui ont un projet pour faciliter l'entretien de zones de captage, les attentes divergent mais les oreilles sont toutes attentives.

 

Des atouts climatiques conséquents

Fin connaisseur d'une plante qu'il travaille depuis près d'une décennie, Pierre Le Bris rassure autour de la réputation invasive du miscanthus. "Certaines communes ou magasins bien connus ont fait le choix du miscanthus et s'aperçoivent aujourd'hui qu'elle envahit les parkings et les bords de routes avoisinantes... Ces espèces endémiques, les sinensis, ne sont pas les mêmes que celles utilisées par les agriculteurs. La giganteus, elle, est stérile", assure l'agriculteur qui comprend les craintes, mais revendique une utilisation prudente de la profession. Outre sa forte production de biomasse, le miscanthus se veut "la championne de la photosynthèse et un puits de carbone" avec une moyenne de 48 à 49 % de carbone en matière sèche. Des chiffres qui se cumulent aux effets de non-culture du sol, lié à la pérennité de la plante, soit une économie d'environ 0,5 tonne de CO2, et au stockage supplémentaire (au moins la première année) de 13 t/ha de carbone pour une culture de 20 ans.

  La championne de la photosynthËse et un puits de carbone.

Des exigences acceptables ?

"Si vous avez du très beau maïs dans vos parcelles, vous aurez du très beau miscanthus", estime Pierre Le Bris. Les marqueurs de la réussite résident selon-lui en "un sol profond, un pH compris entre 5,5 et 7,5 et un sol qui ne soit pas sableux". Des pré-requis auxquels s'ajoutent ceux du climat. L'agriculteur précise que "la photosynthèse démarre à 6°C, la plante demande une pluviométrie de minimum 500 mm d'eau par an, a un besoin de lumière important et s'épanouit dans un climat chaud et humide". Et d'ajouter : "souvent, nous choisissons la parcelle où nous ne pouvons rien mettre ailleurs, mais il ne faut pas que la parcelle soit inondée plus de trois semaines, il est nécessaire qu'elle soit relativement portante". Un dernier détail qui n'en est pas un, la récolte, notamment pour la paille (environ 16 % d'humidité) s'effectue au mois de mars/avril.

 

Un investissement à mesurer

Sur un sol ameubli à 20 cm et avec une plantation à 10 cm de profondeur, la densité de rhizomes doit osciller entre 17 000 et 20 000 par hectare. "Je vise au minimum 90 % de reprise", explique Pierre Le Bris, soulignant l'importance à ce que "les rhizomes prennent dès la première année, sans quoi, surtout en bio, la concurrence (inter-espèces) devient trop importante et le miscanthus ne prend pas le dessus sur les adventices". Des retours d'expériences multiples et formateurs qui lui permettent aujourd'hui d'affirmer qu'avec un investissement d'environ 3 000 €/ha avec un amortissement sur sept ans (un peu plus en production biologique), "le miscanthus n'est pas le nouveau pétrole vert, mais il doit viser la cohérence et l'autonomie dans son système global".

 

Les portes ouvertes Bio&Climat

La Fédération régionale d'agriculture biologique organise des portes ouvertes techniques pour accompagner les agriculteurs dans des démarches plus vertueuses pour l'environnement. Que ce soit en consommation d'énergie (moins 30 à 50 %), en qualité de vie du sol (meilleure fertilité) ou en biodiversité (présence de plus d'espèces comme les vers de terre, les adventices...), l'agriculture biologique se veut favorable au climat (source : Essai Doc Filb).

Côtes d'Armor / Le 5 novembre, à l'EARL Lissilour à Pleumeur-Bodou de 14h à 17h en système bovin lait biologique. Présentation de l'utilisation de l'outil Dialecte (outil de description de système et d'évaluation de l'impact des pratiques agricoles sur l'environnement) et des leviers d'adaptation des fermes face aux évolutions climatiques.

Morbihan / Le 10 décembre, à l'EARL Frapsauce à Ruffiac de 14h à 17h en système bovin lait biologique ayant récemment achevé sa conversion. Présentation du projet Cap Climat.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le plan de relance de l'apprentissage peut profiter au monde agricole
Le 4 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé un plan de relance de l'apprentissage, avec notamment une prime à l…
Les agricultures bretonnes en 2040 se dessinent aujourd'hui
Quels visages auront les agricultures bretonnes à l'horizon 2040 ? Désireux de se saisir des enjeux, de se projeter et de s'…
Tensions autour  de la PAC
L'Allemagne a pris la présidence du conseil des Ministres depuis le 1er juillet. Elle se fixe pour principale tâche de finaliser…
MAEC non reconduites, revenu amputé pour 60 éleveurs bretons
Ils sont 60 en Bretagne à faire les frais de la non reconduction de la MAEC(1) SP3 M, type maintien, de la région Bretagne. 60 c’…
EGAlim : l'effet papillon de la loi Agriculture et Alimentation
La première année d’application de la loi découlant des États généraux de l'alimentation aura bouleversé le paysage des produits…
Un Clap d'or pour le lycée Pommerit

Cinq élèves de 1re en bac professionnel Agroéquipement du lycée Pommerit dans les Côtes d'Armor ont décroché un 1…

Publicité