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Pour refaire vos pâtures, pensez au colza fourrager !

Vous êtes un peu "juste" en surface pâturable par les laitières ? Implanter un colza fourrager au moment de refaire vos pâtures vous permettra de "geler" votre parcelle moins de deux mois. Le point avec la chambre d’agriculture et le bassin versant du Quillimadec, qui viennent de lancer une expérimentation sur Kernilis (29).

Tout au long de la saison, le bassin versant du Quillimadec va organiser des rendez-vous Bout de champ dans cette parcelle où un colza a été implanté entre deux pâtures.

"Lors de diagnostics individuels réalisés sur le bassin versant du Quillimadec, nous nous sommes rendus compte que certains agriculteurs, disposant de peu de surface accessible aux laitières, tardent à refaire leurs pâtures", indique Catherine Lucas, conseillère lait à la chambre d’agriculture. En effet, implanter un maïs va "geler" leur parcelle pendant au moins un an, les obligeant à complémenter davantage encore les vaches en pleine saison de pâturage. "Mais en vieillissant, les pâtures deviennent moins productives et moins riches en trèfle".

 

Semé le 10 juin

Le bassin versant du Quillimadec a donc décidé de mener une expérimentation pour intercaler une culture de colza fourrager entre deux pâtures. Et avait fixé un rendez-vous Bout de champ, le 23 juillet dernier chez Benoît Favé, producteur de lait à Kernilis. "Avec 50 laitières, je ne dispose que de 8 ha pâturable par les laitières, soit 16 ares par vache", détaille l’agriculteur.
Après avoir exploité l’herbe durant tout le printemps, il a cassé une parcelle d’un hectare le 9 juin dernier. "Il n’y avait pas d’adventices particulières", explique Catherine Lucas. Après un pâturage ras, la destruction a donc été mécanique, avec un passage de rota puis deux passages croisés de griffon. Et le semis a été réalisé le lendemain en combiné, herse rotative et semoir à céréales, bottes relevées, avec 7 kg de colza et 14 kg de ray-grass non alternatif à l’hectare, suivi d’un passage de rouleau.

En vieillissant, les pâtures deviennent moins productives et moins riches en trèfle.

Pâturé le 22 juillet

"La pluie du mois de juin a facilité la levée. Et six semaines après le semis, le 22 juillet, les vaches ont pu rentrer dans la parcelle, pour un rendement estimé à 2 t MS/ha", note Catherine Lucas. Un rendement proche des observations réalisées à la ferme expérimentale de Trévarez où, sur une parcelle composée à 90 % de colza et 10 % de ray-grass, il était estimé à 1,8 t MS/ha lors de la première exploitation. "Ici, on est plus proche des 60 % de colza et 40 % de ray-grass".
Pâturée au fil avant une partie de la journée, avec 20 m² par vache et par jour, la parcelle contribue à hauteur de 4,5 kg de MS dans la ration journalière des laitières, qui reçoivent également 5 kg de MS de maïs et 8 à 9 kg de MS d’herbe pâturée. Un complément appréciable à une époque où, habituellement, les pâtures commencent à moins produire du fait de la sécheresse. "C’est un peu moins vrai cette année, reconnaît l’éleveur. Les pluies de juin ont bien profité à l’herbe".

surface pâturable par les laitières

Trois ou quatre passages

Néanmoins, appétent et riche en azote, ce colza reste une aubaine et sera pâturé une dizaine de jours. Les vaches y reviendront dans un mois et demi, le colza continuant à pousser. "À Trévarez, le rendement du second passage a quasiment été équivalent à celui du premier", calcule Catherine Lucas. Si, au fil du temps, la part du colza va diminuer au profit du ray-grass, un troisième passage pourra être envisagé en début d’hiver, suivi d’un dernier passage fin février-début mars. "Le sol n’a pas été travaillé, il sera portant". Le mélange sera alors cassé, pour y implanter un pâture plus classique, sous couvert d’avoine, semé à 50-60 kg/ha, pour limiter les adventices.
"Les avantages de ce colza sont nombreux, détaille Catherine Lucas. La parcelle n’aura été "gelée" qu’un mois et demi, entre le semis et le premier pâturage. Le rendement est supérieur à celui qu’aurait donné la vieille pâture. Et le colza et le ray-grass vont pomper l’azote de la vieille prairie, ce qui permettra au trèfle de la nouvelle de se développer correctement. Si on sème directement, il a tendance a disparaître rapidement".
Pour voir si le colza permet de limiter les fuites d’azote, le bassin versant du Quil-limadec et la chambre d’agriculture ont programmé une série d’analyses de reliquat d’azote après le premier pâturage puis au début du drainage. "Et lors du second pâturage, nous organiserons à nouveau un rendez-vous Bout de champ pour permettre aux éleveurs de visualiser la pousse du colza".

 

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