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Réduire les coûts d’énergie dans les bâtiments

L’augmentation du coût de l’électricité et l’évolution des réglementations font exploser les coûts de consommation d’énergie en élevage. Tout ce qui n'est pas consommé en matière d'énergies fossiles, est économisé.  En porcin et bovin, présentation de deux solutions innovantes : pompe à chaleur et solaire thermique.

Schéma du circuit des calories récupérées puis restituées par la pompe à chaleur en élevage porcin.
© Chambre d’agriculture de Bretagne

L’électricité est une part importante du chauffage des élevages porcins hors-sol. On estime à 983 kW/truie présente/an, les besoins pour faire fonctionner la ventilation, le chauffage, l’alimentation et l’éclairage d’une truie et sa suite sur une année. 75 % de l’énergie consommée est électrique. Or, les tarifs augmentent sans cesse : + 50 % entre 2007 et 2017, indique Fréderic Kergoulay, ingénieur étude à la chambre d’agriculture de Bretagne. Pour les postes maternité et post-sevrage, le chauffage représente plus de 80 % de la consommation, pour la partie engraissement, c’est la ventilation qui absorbe 90 % du besoin d’énergie.

 

Valoriser les calories

Les nouvelles techniques visent à récupérer les calories de l’air pour les réinjecter dans le circuit de chauffage. Le dispositif, installé dans le bâtiment, se compose de tuyaux dans lesquels circule un liquide frigorigène qui capte les calories de l’air sortant des salles d’élevage. Ces calories sont transférées via la pompe à chaleur à un ballon qui assure la distribution d’eau chaude en post-sevrage et en maternité. Les calories du lisier peuvent aussi être valorisées sous la dalle de la préfosse par une pompe à chaleur, un système qui porte le nom de lisiothermie. "La dalle va être écoulée sur ce treillis, détaille Fréderic Kergoulay, les calories passent de la dalle aux tuyaux puis à la pompe à chaleur qui les transforme en eau chaude. Elle alimente ensuite le chauffage". Les économies d’énergies sont sensibles : pour 1kWh consommé, la pompe restitue 3kWh thermique au réseau de chauffage. "On peut faire jusqu’à 60 % d’économies sur le chauffage", assure l’ingénieur, avec un temps de retour sur investissement entre 6 et 10 ans.

L’eau est devenue le premier poste de dépense dans le coût de l’énergie directe.

L'énergie du soleil

Depuis 2015, l’eau est devenue le premier poste de dépense dans le coût de l’énergie directe des exploitations agricoles, devant les carburants. Johanna Herrera est animatrice du programme éco-énergie lait au sein du GIE élevages de Bretagne, elle a étudié l’implantation de solutions solaires thermiques pour produire de l’eau chaude pour les élevages, notamment lait et veau de boucherie. Les capteurs thermiques qui produisent l’eau chaude contiennent un liquide qui se réchauffe avec le rayonnement solaire. Ces capteurs sont reliés à un échangeur qui relargue les calories dans un ballon de stockage, alimenté en eau froide. Elle est ensuite préchauffée, la température montant progressivement. Selon la saison, un chauffage d’appoint peut être nécessaire pour la porter à bonne température.

climat-énergie

Besoin d'eau

Pour que le système soit réellement économique, l’élevage doit avoir une consommation d’eau chaude régulière sur l’année, surtout entre mars et novembre, que ce soit pour le nettoyage des installations de traite, la reconstitution de la buvée des veaux à partir de poudre de lait ou pour de la transformation à la ferme. "Il faut aussi pouvoir l’implanter à proximité du local technique en privilégiant une orientation sud, peu d’ombrage, en toiture ou sur châssis". Les économies d’énergie sont réelles : – 65 % dans un élevage laitier breton, soit une économie de 9 000 kWh pour un besoin de 600 l /j. Le système est également valable en atelier veau de boucherie. Dans une exploitation de 400 places, l’implantation de six capteurs solaires a permis de réduire la consommation de gaz. Elle est de 8 à 12 kg/place, selon les vides sanitaires, à comparer aux 18kg/place en moyenne pour ce type d’élevage. Johanna Herrera évalue le retour sur investissement entre 5 et 10 ans, en fonction du coût d’installation et du prix de l’énergie.

 

Carburant : le trop cet ennemi du bien

Trop puissant, trop lourd, trop vite, trop profond… attention à la consommation de carburant !
Trop souvent oubliée des plans d’action d’économie d’énergie, la réduction de la consommation de carburant contribue pourtant à diminuer les charges de mécanisation et l'émission de gaz à effet de serre. Les moyens d’y parvenir sont nombreux. Tout d’abord, le choix de la pression des pneus en fonction du type de sol offre le plus d'impact sur la consommation de carburant. En effet, au champ un pneu sur-gonflé entraîne un patinage excessif. Il faut alors plus de puissance moteur pour compenser la perte d’adhérence et mieux transmettre l'effort de traction au sol. Ainsi, une diminution de la pression des pneus de 0.6 bar permet d’économiser 2 litres par hectare. Le patinage reste néanmoins nécessaire mais au-dessus de 30 %, il peut y avoir une surconsommation de carburant. S’équiper de pneus basse pression plus larges, ou encore d’un système de télégonflage est opportun…D’autre part, des essais menés par la Cuma de l’Ouest, ont montré qu'augmenter la profondeur de travail entraîne une hausse de la consommation (+46 % de consommation pour une augmentation de 5 cm de profondeur au déchaumage, +27 % au labour pour 9 cm de plus). La vitesse influe sur la consommation de carburant. Adopter une (éco)conduite adaptée, peut permettre des économies de carburant de 10 à 20 %. Enfin, plus que le poids, l‘équilibre des charges permet au tracteur d’exploiter pleinement sa puissance. Augmenter la charge sur les essieux en fonction de l’outil augmentera l'adhérence au sol du tracteur et évitera le patinage. / Lise Marrec

 

"Tank 2020 " : Nouvelle generation sur le marche

climat-énergie

En exploitation laitière, le fonctionnement du tank pour refroidir le lait et la production d’eau chaude pour son nettoyage et celui de la machine à traire pèsent 60 à 85 % de la consommation totale d’électricité. Pour réduire ce poste, le projet collaboratif "Tank à lait 2020", a vu le jour en 2017. Soutenu par l’Ademe, il est mis en œuvre dans un consortium réunissant : Serap Industries, le GIE Bretagne Élevage, l’institut de l’Élevage ainsi que Lactalis et Terrena. Après quatre ans de recherches et d’essais, pour substituer le R404A, fluide frigorigène à faible pouvoir de réchauffement global (PRG), le tank nouvelle génération, connecté et économe en énergie, arrive aujourd’hui en phase d’industrialisation. Il permet de réduire de 80 % la consommation énergétique, et d'économiser 2000 €/an pour une exploitation de 500 000 litres/an. Serap, fabricant mayennais de tanks, a reçu une subvention de l’État de 700 k€ dans le cadre du Plan de Relance pour mettre à niveau l’outil industriel en intégrant de nouvelles machines et de créer 25 nouveaux postes de production en trois ans. Les nouveaux équipements seront commercialisés à partir de septembre 2021. / Lise Marrec

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