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Stocker du carbone au bénéfice de tous : une fonction de l’agriculture qui commence à être reconnue

Dans le projet Carbocage, les chambres d’agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire ont exploré la fonction "stockage de carbone" des haies bocagères. Combien les haies stockent, avec quels avantages, qui pourrait être intéressé par accompagner financièrement les agriculteurs sur cette fonction ? Explications.

Les haies stockent en moyenne entre 3 à 5 tonnes equivalent (Teq) CO2/km par an. Soit pour une exploitation entretenant 8 km de haies jusqu’à 600 Teq CO2 stocké sur la durée d’un contrat de 15 ans. Ce carbone est stocké dans le sol, le système racinaires et la biomasse aérienne. En fonction de l’itinéraire de gestion, la quantité de carbone valorisable est plus ou moins élevée.

 

La gestion durable des haies garantit le stockage de carbone

S’engager volontairement sur une gestion améliorée de ses haies, sur de la plantation et de la régénération de linéaires, permet de valoriser  le stockage de carbone additionnel.
La réalisation d’un plan de gestion durable des haies est la base de la démarche. Cet  outil permet de faire l’inventaire du linéaire en place, d’évaluer son état, de définir les itinéraires de gestion durable possibles, de calculer le carbone stocké.
Entreprises et territoires se montrent intéressés par la démarche. Les entreprises pour prolonger leurs propres actions bas carbones et compenser volontairement des émissions résiduelles, les collectivités pour dynamiser la gestion du bocage au bénéfice de leur territoire.
De plus, les haies bocagères bénéficient d’une bonne image car au-delà de la fonction "carbone", elles apportent d’autres co-bénéfices tels que le paysage, la biodiversité, la qualité de l’eau, un meilleur micro climat… Ces co-bénéfices sont appréciés aussi bien par les agriculteurs que par leur futurs "clients carbone", ils peuvent aussi faire le lien avec d’autres paiements pour services environnementaux.

agroforesterie

Un label à la Française

La France, dans l’objectif d’encourager les acteurs de la lutte contre le changement climatique et d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixé dans l’accord de Paris, a créé son propre label bas carbone (LBC). Le Label bas-carbone met en place un cadre innovant et transparent offrant des perspectives de financement à des projets locaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il permet ainsi d’accompagner la transition écologique à l’échelon territorial, en récompensant les comportements allant au-delà des pratiques usuelles.
Des collectivités, des entreprises, et même des citoyens, sont prêts à rémunérer des actions bénéfiques pour le climat sur une base volontaire, par exemple pour compenser leurs émissions résiduelles. Pour s’engager, ces financeurs potentiels souhaitent que la qualité et l’intégrité environnementale des projets soient assurées. Le Label bas-carbone leur offre ces garanties et permet ainsi de diriger des financements vers des projets vertueux pour le climat et l’environnement.
Pour bénéficier du Label bas-carbone, les projets doivent se référer à une méthode approuvée au préalable par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les méthodes précisent pour un type de projets donné comment le scénario de référence doit être déterminé et comment les réductions d'émissions associées aux projets sont calculées. Le Label bas-carbone vise à susciter le développement de projets dans tous les secteurs d’activité : forêt, agriculture, transports, bâtiment, etc.

Quatre méthodes existent dans le domaine de la forêt et trois dans le domaine de l’agriculture. Les trois méthodes LBC en agriculture sont :
- Méthode élevages bovins et grandes cultures (Carbon Agri),
- Méthode plantation de vergers,
- Méthode haies (depuis novembre 2020).

D’autres méthodes sont en cours de préparation pour la méthanisation, l’agroforesterie intra-parcellaire ou les grandes cultures… Un même agriculteur peut avoir accès à plusieurs méthodes dès lors qu’elles ne comptent pas deux fois les mêmes unités de carbone. Ces contrats carbone peuvent être cumulables avec d’autres aides publiques (à voir au cas par cas).

Contact : Romane Cambin, Alli homme romane.cambin@fdsea29.fr et Laurence Ligneau, laurence.ligneau@bretagne.chambagri.fr

 

Agriculteurs recherchent entreprises engagées

Un premier contrat "label bas carbone haie" a été signé en Mayenne avec une entreprise d’emballage. Il y a plusieurs groupes d’agriculteurs prêts à s’engager dans la gestion durable des haies. Du coté des entreprises, la réflexion est en cours aux quatre coins de notre région. À Vaiges, ce premier contrat s’est signé à 80 € la Teq CO2. Il reste maintenant à mettre offre et demande en adéquation pour donner une nouvelle dynamique à la gestion durable des haies et trouver une meilleure rentabilité au travail sur les haies, au-delà de l’autoconsommation ou de la vente de bois.

 

 

agroforesterie

Pour vous accompagner dans vos recherches de contrats carbones ou de services environnementaux, l’association Alli’homme s’est créée en Bretagne sous l’impulsion des chambres d’agriculture et des Fdsea. Elle est pilotée par des agriculteurs et mettra en relation acheteurs de carbone et groupes d’agriculteurs portant un projet de territoire.

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