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Travailler, oui mais juste ce qu'il faut

Gérer son temps de travail est une préoccupation de plus en plus d'éleveurs. Les structures de recherche et d'accompagnement aident les agriculteurs à y réfléchir et à trouver des solutions.

"On avait tellement de travail qu'on en avait perdu toute sérénité", se souvient Patricia Génouel, agricultrice avec son mari en Mayenne. Depuis une réflexion, épaulée par une conseillère de la chambre d'agriculture, leur a permis de trouver des solutions pour se simplifier le travail et le couple a retrouvé toute son énergie. Même dans le milieu agricole, le rapport au travail évolue.
Lors du Space, une conférence organisée par l'Inra a permis de faire le point sur cette nouvelle dimension à intégrer dans ses décisions professionnelles. Dans une enquête de l'Institut de l'élevage, 60% des éleveurs disent manquer de temps pour leurs activités sociales et de loisirs. 36% voudraient se libérer du temps au quotidien.
S'il garde encore souvent une dimension familiale, le métier d'agriculteur évolue de plus en plus vers une approche entrepreneuriale. Du coup, le temps de travail devient un facteur de production, presque comme les autres. Il est alors perçu comme une ressource à optimiser, dans une approche économique de productivité. Le travail est alors raisonné à l'unité produite, sans distinguer ni les différentes tâches, ni les travailleurs familiaux ou salariés.
Mais le temps de travail doit également se voir à l'aune des goûts, du projet de vie de chacun, pour avoir un système qui soit à la fois viable et vivable. "Il y a des tensions entre la logique entrepreneuriale et la logique familiale, analyse Benoit Dedieu, chercheur à l'Inra de Clermont. Des tensions qui sont de plus en plus présentes au fur et à mesure que les exploitations s'agrandissent et que les conjoints travaillent à l'extérieur. Le conseil apporté aux agriculteurs doit donc intégrer cette dimension temps de travail".

 

 

Besoin d'un regard extérieur

Souvent un événement – le départ en retraite d'un associé, un agrandissement, une naissance – précipite la réflexion. Pour trouver les solutions adaptées à son exploitation et à ses attentes, le regard extérieur d'un conseiller peut se révéler précieux. Cela a été le cas pour Patricia Génouel et Franck Jugé, agriculteurs en Mayenne. La jeune femme s'est installée au départ en retraite de ses beaux-parents. A deux, le jeune couple a du mal à faire le même travail que 3 personnes. "Les finances ne nous permettaient pas de faire tous les investissements que nous voulions. On s'est vite retrouvés débordés", se souvient la jeune agricultrice. Le retard accumulé dans le travail pèse sur les performances technico-économiques et sur le moral.
Dans le cadre de son suivi post-installation, Patricia Génouel intègre un groupe de progrès, dont le thème est le travail ! Cette réflexion permet à Patricia et à son mari de mettre à plat leurs pratiques, de se fixer des priorités d'évolution, guidés par un conseiller. Première décision mise en pratique, la création de paddocks avec des points d'eau pour réduire le temps consacré à la gestion du pâturage. Puis, il y aura la délégation de certains travaux, comme l'épandage de fumier, l'embauche d'un salarié, la simplification des rations.
D'autres changements sont encore dans les cartons, comme la délégation de l'alimentation animale. "Il faut se laisser le temps de mûrir les projets", tempère Franck Jugé. Si tout n'est pas encore parfait et qu'ils reconnaissent avoir perdu du revenu disponible du fait de l'embauche d'un salarié, les deux agriculteurs ont retrouvé une certaine sérénité dans leur travail. "On est bien dans ce qu'on fait", apprécient-ils. Ce qui n'a pas de prix

Un diagnostic et des outils

Pour mieux répondre aux attentes des agriculteurs, les chambres d'agriculture, l'Inra et l'Institut de l'élevage ont élaboré un diagnostic et des outils d'accompagnement à la réflexion sur le temps de travail et la pénibilité. Pour que travailler ne devienne pas une corvée.

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