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Tristan Delisle, un producteur de lapins engagé

Tristan Delisle s'est installé en mars 2020 sur l'élevage familial de lapins avec sa mère, en remplacement de son père parti à la retraite. À moins de 30 ans, le jeune agriculteur mène de front ses responsabilités de secrétaire général à JA 22 et d'éleveur de 3 000 reproductrices.

Tristan Delisle, secrétaire général de JA 22 et éleveur de lapins passionné par son métier.


Il y a un an bientôt, en mars 2020, Tristan Delisle endossait deux responsabilité d'un coup. Secrétaire général de JA 22 et éleveur à la tête d'un élevage cunicole de 3 000 mères. L'un comme l'autre, il s'est formé. "J'ai pris ma carte JA22 en 2012 puis j'ai été adminsitrateur-stagiaire. Mais c'est à partir de la fête Terre Attitude, en 2017, organisée par le canton de Perros-Tréguier, que je me suis impliqué plus dans le réseau JA", raconte le jeune éleveur.
Elève au lycée Pommerit à quelques 5 km de l'élevage familial, il y effectue un BTS Acse qu'il poursuit par une licence pro à Brest pour se former aux métiers du conseil en élevage. "Puis de 2014 à 2019, j'ai travaillé comme technicien culture à la Cooperl", poursuit-il.
Retour à Langoat, c'est au printemps 2019 qu'il revient sur l'élevage en tant que salarié pour y préparer son installation pendant une année. Au départ en retraite de son père, Hervé Delisle, maire de Langoat, Tristan Delisle devient associé avec sa mère en Earl, avec deux salariés.

Réseau syndical : Trouver du temps pour s'impliquer

Secrétaire général de JA 22, Tristan Delisle a pour mission d'animer le réseau syndical. Tâche difficile depuis le début de la pandémie ! Alors que le syndicat porte de nombreuses actions de communication, ces dernières ont été annulées en 2020 quand 2021 s'annonce encore incertain. "La fête Terre Attiude va être relancée sur le canton de Belle Isle-Bégard. Notre objectif en 2021 est de faire comme si cela avait lieu". Les AG locales démarrent, "c'est une belle occasion pour les agriculteurs de se retrouver" (ndlr : dans le respect des règles sanitaires). Le jeune éleveur encourage les jeunes à trouver du temps pour s'impliquer car la vie sans syndicat : impossible ! "J'aime aller en conseil, on échange sur des sujets, on voit d'autres jeunes éleveurs. Chacun pour soi serait plus ennuyeux. Et puis il ne resterait plus que les coopératives, les groupements, la grande distribution...

Un élevage organisé et rythmé
"Il y a 25 élevages de lapins en Côtes d'Armor et 80 en Bretagne", indique l'éleveur, membre du bureau du groupement CPLB (Coopérative des producteurs de lapins du bocage) basé à Réaumur en Vendée. L'élevage ne compte pas moins de 3 200 mères de génétique Hyplus (groupe Hypharm). "Avec ce groupement, nous avons le choix de la génétique, de l'aliment...", précise-t-il."Nous recherchons le gabarit et l'homogénéité des lapereaux à la naissance. La lapine donne à boire une fois par jour, si le lapereau n'est pas homogène, il risque d'être écarté...". Les mères sont conduites en bande unique par cycle de six semaines. À la première mise-bas, les lapereaux sont allotés pour constituer une portée homogène par nombre de neuf. Une portée peut compter entre 5 et 15 lapereaux nés vivants. "L'avantage de la bande unique est de mieux organiser son travail avec quatre semaines de boulot étalé et deux semaines qui permettent de se libérer pour les travaux des champs". Mais au moment de la mise-bas, c'est le pic de travail autour des nids, l'effectif augmente alors de trois personnes. Il faut surveiller, changer la litière, alloter, talquer les nids... Puis, dix jours après la mise-bas, c'est l'étape de l'insémination en présence de trois inséminatrices du groupement. Ici, pas d'échographie, à 25 jours, la palpation des femelles se fait à la main pour sentir ou non la présence des futurs lapereaux. Le taux de réussite en 1re IA est de 90 %, un bon résultat.
Le sevrage arrive à 35 jours pour des lapins qui atteignent 900 g à 1 kg de poids vif, eux restent sur place tandis que les mères quittent la cage, selon la méthode du "tout plein, tout vide". Les lapins sont engraissés pendant un mois et abattu à 75 jours à un poids vif de 2,5 kg. À chaque départ, 25 000 lapins engraissés quittent l'élevage pour l'abattoir Loeil et Piriot (56). Cela fait du monde !

Un élevage en évolution
Animaux sensibles aux maladies, les lapins sont cependant nourris exclusivement avec un aliment blanc "de la mère aux petits" (sans OGM). "Il faut savoir qu'en 10 ans, il y a eu une grosse baisse de l'utilisation des antibiotiques", atteste Tristan Delisle. La biosécurité, le travail autour de la mise-bas, des aliments plus fibreux, des bâtiments mieux ventilés y ont contribué. La mère, à son entrée dans l'élevage, reçoit un antibiotique et un vaccin contre la maladie virale hémorragique (VHD) sinon c'est l'eau de boisson qui permet d'administrer les traitements si besoin et au cas par cas.
Depuis son installation, Tristan Delisle assure son auto-renouvellement en reproductrices grâce à la présence de 200 femelles grands parentales.Dans cette partie de l'élevage, l'investissement s'est fait dans des cases "bien-être", plus haute avec un fond plastique intégral. Un investissement gourmand en place et plus cher mais qui améliore le confort des animaux et du travail.
Outre une organisation méticuleuse et un travail technique qui se renouvelle rapidement toutes les six semaines, l'ambiance de travail est appréciable : l'absence de bruit est surprenante et tranche avec les autres élevages. "Ici, on connaît le planning à l'avance, cela permet de mieux s'organiser et d'allier vie professionnelle et personnelle !", ajoute Tristan Delisle. Méconnu, l'élevage de lapins mérite vraiment d'être découvert.


 

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