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JA
Des propositions pour l’installation

Malgré une actualité chargée, les Jeunes Agriculteurs ont pris de la hauteur, lors de leur assemblée générale du 9 mars, pour guider à long terme l’installation grâce à des propositions concrètes.

De gauche à droite, Jérôme Volle, vice-président national des JA, Frédéric Chevalier, président et Nathalie Macé, secrétaire générale des JA 35.
De gauche à droite, Jérôme Volle, vice-président national des JA, Frédéric Chevalier, président et Nathalie Macé, secrétaire générale des JA 35.
© TERRA
Fidèles à leur réputation d’aiguillon, les Jeunes Agriculteurs d’Ille-et-Vilaine n’ont pas hésité à secouer l’ordre établi et à faire des "propositions qui décoiffent". Lors de leur assemblée générale du 9 mars, ils ont fait de multiples propositions en faveur de l’installation, fruits du travail des administrateurs, tout au long de l’hiver.

L’accès au foncier demeure souvent un frein à l’installation. "Chaque année, le département perd 3 000 ha de terres agricoles, chiffrent les JA. Si les DPU étaient attachés à l’activité et non au foncier, cela réduirait la pression, car les expropriés n’auraient plus à courir après du foncier pour activer leurs DPU".
Comme toute chose rare, le foncier est convoité et source de conflit. "Pour en finir avec les tensions locales, remanions les commissions communales pour gagner en neutralité et en transparence, recommandent les JA. Pourquoi ne pas les ouvrir à d’autres agriculteurs, aux conseillers municipaux qui sont agriculteurs. A l’échelle cantonale, elles seraient plus neutres. Publions l’ensemble des transferts pour que chacun puisse se porter candidat".
Pour permettre à tous les projets, dans leur diversité, d’aboutir, les JA voudraient qu’on lève le critère de la 1/2 SMI pour se concentrer sur les compétences du porteur de projet et sa capacité à dégager un revenu.
Face à ce montant des reprises, tous les jeunes ne partent pas à armes égales. "Un fonds de garantie permettrait de rassurer le cédant, proposent les JA. De même, un système de cautionnement apporterait la garantie nécessaire aux banques. Pourquoi ne pas aller jusqu’à la création d’un fonds d’investissement pour que le jeune soit aidé par des capitaux extérieurs". Déjà, sur le département, les JA travaillent au fonds d’avance fermage pour inciter les cédants à louer plutôt qu’à vendre. Pour contre-balancer la hausse du montant des reprises, ils proposent que le plafond du prêt bonifié augmente au rythme de l’inflation et que les producteurs de porcs et de volailles y aient accès.

Des installations en nombreet en qualité
Les JA veulent éviter que des exploitations qui permettraient une installation soient démantelées. "Il ne faudrait plus donner d’aide à la cessation laitière quand il y a plus de 150 000 litres de quota", estiment-ils.
Pour installer, il faut que les jeunes puissent dégager un revenu correct. Les JA font également des propositions pour les différentes filières : accès au plan bâtiment pour les éleveurs de porcs, promotion pour les légumes, réelle interprofession avicole, restructuration de la collecte laitière et meilleur partage de la valeur ajoutée, prêts JA à 1% pour un cheptel allaitant, garanties de prix minimum...
Une solide formation est le préalable à une installation réussie. "Il faut réviser le référentiel métier des formations initiales pour tenir compte de l’évolution de notre profession, recommandent les JA. Et encourager les installés à s’engager dans la formation continue, pour évoluer et être réactifs". Des propositions approuvées par Elisabeth Chevrier, en charge de ce dossier à la chambre d’agriculture. "L’agriculteur est un chef d’entreprise qui a besoin de tous les éléments pour bien décider, ce qui demande de toujours se former".
Jeunes installés ou agriculteur expérimenté, tous attendent une simplification administrative. Pour l’installation, la mise en place d’un dossier unique avec un seul référent administratif simplifierait le travail du futur installé. Constamment, le parcours à l’installation se modernise vers plus de personnalisation et la mise en place du plan de professionnalisation.
Même s’il est perfectible, le parcours à l’installation a fait ses preuves. Il suffit de regarder le pourcentage de réussite pour s’en convaincre. "En tant qu’artisan, je suis admiratif du parcours à l’installation qu’a mis en place la profession. D’autres secteurs feraient bien de s’en inspirer", constate Alain David, président du Crédit agricole d’Ille-et-Vilaine.
Sur le dossier environnement aussi, les JA font des propositions. "Un observatoire de l’azote canton par canton permettrait de suivre l’évolution de la résorption, suggèrent-ils. Il est temps de redéfinir les cantons en Zes".

La force du collectif
Les JA croient en la force du collectif, que ce soit dans les filières ou pour l’environnement. Le collectif a aussi tout son intérêt dans le parcours à l’installation. "Le travail en groupe permet de bonifier son projet", soulignent-ils. "La richesse de chacun est un trésor pour le groupe" conclut leur rapport d’orientation.
Un rapport d’orientation qui a suscité beaucoup d’admiration de la part de Jérôme Volle, vice-président national des JA. "Vous avez des propositions concrètes sur toutes les problématiques de l’installation", apprécie Jérôme Volle, qui encourage ses collègues à se pencher également sur les installations non aidées et notamment sur les jeunes qui ne peuvent prétendre aux aides faute d’un diplôme suffisant ou reconnu.
Face à toutes les propositions des JA, l’administration a fait quelques réponses. "En terme de simplification, nous allons revoir les règles de distribution laitière. Le contrôle des structures va évoluer vers une plus large diffusion des candidatures, évoque Pierre Bessin, de la DDAF. Quant au référent unique pour l’installation, pourquoi pas, il y a un travail à conduire entre OPA pour améliorer la circulation des dossiers. Inspirons-nous de l’expérimentation d’un parcours simplifié dans le Morbihan".


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