Graines tradition Ouest fête ses 15 ans d'existence
L'association Graines Tradition Ouest fête ses 15 ans d'existence. À l'occasion de cet anniversaire, une porte ouverte était organisée le 12 juin chez Jacques Chuberre à Domagné (35). Au programme : des essais de variétés de lin sur une parcelle et de féverole sur une autre.


Sous l'effet des rayons du soleil, les fleurs bleus typiques du lin s'ouvrent au fil des minutes. Alain Bignon, président de l'association en profite pour retracer les débuts de GTO. "Ce projet a vu le jour en 2003 et est le fruit d'un partenariat entre la chambre d'agriculture, les semenciers, les collecteurs, les transformateurs et donc les producteurs". Après le lin, les membres de l'association se sont penchés sur le lupin et la féverole. "Un gros travail a été fait sur la technique de ces cultures avec des formations auprès des agriculteurs et une expertise technique apportée par les semenciers", ajoute Alain Bignon.
Sur la parcelle de lin, deux essais sont présentés. Il s'agit de variétés obtenues par des croisements naturels. Et quand certains croisements génèrent des propriétés intéressantes, comme la résistance à la sécheresse, les semenciers s'assurent de produire suffisamment de graines pour fournir les agriculteurs. Dans une parcelle un peu plus bas, la féverole est aussi au stade de floraison. Les graines seront utilisées par Valorex.
La Bretagne mise sur les protéines
Avec leurs multiples facultés, les protéagineux sont au cœur des discussions de l'agriculture française. Alors pourquoi la Bretagne choisit de miser sur les protéines ? La première raison est d'améliorer l'autononomie protéique et de limiter le soja d'importation. Mais il y a aussi un enjeu environnemental et agronomique. "La culture des plantes riches en protéines enrichit naturellement le sol en azote et lutte naturellement contre les problèmes de maladies ou de mauvaises herbes rencontrés quand trop peu de plantes différentes sont cultivées", témoigne encore Alain Bignon. En Bretagne par exemple, on parle de blé/maïs pour décrire l'alternance de deux cultures sur une même parcelle. Intégrer une culture comme la féverole dans la rotation permet un apport d'intrants moindre. Pour le producteur, c'est aussi l'assurance de nouveaux débouchés. Reste à convaincre les agriculteurs de se tourner vers ces cultures. À titre d'information, sous l'égide de GTO, 100 ha de lin sont cultivés en Bretagne, 500 ha de févérole et 200 ha de lupin, avec environ 300 producteurs, soit une moyenne de 6 ha par producteur. Pour les responsables de GTO, le travail a consisté à rendre ces cultures "crédibles, enviables et stratégiques". Toutefois, les volumes de lin restent enocre confidentiels à l'échelle de la Bretagne. D'où un travail en continu pour une meilleure valorisation de ces plantes, par la recherche technologique, par une meilleure maîtrise de la culture, par la prise en compte de ces plantes dans l'enseignement agricole, et par une optimisation de la collecte et du stockage des graines.






