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Julien Denormandie, un ministre de l’Agriculture en immersion au Space

Loin des visites officielles qui se font parfois au pas de course, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a inauguré cette édition du Space en passant toute la journée de mardi dans les allées du salon, à la rencontre des exposants, des éleveurs et des responsables professionnels.

Mardi matin, le président du Space Marcel Denieul a accompagné le ministre dans une visite du salon aux côtés d’une délégation d’élus locaux et de responsables professionnels.

"Le monde de l’élevage ne cesse d’évoluer et le Space en est la preuve. Les éleveurs ont besoin de lisibilité, d’un cap clair, d’autant plus dans un contexte comme aujourd’hui de hausse des prix des matières premières", a souligné Marcel Denieul, président du Space à l’heure des discours en milieu d’après midi. Auparavant, il avait accompagné le ministre avec la délégation d’élus locaux et de responsables professionnels dans une visite qui avait des airs de marathon.
Dans son discours, le ministre de l’Agriculture a choisi d’aborder le prisme du bien-être animal, thème de l’Espace pour demain, pour énumérer les actions mises en place par le gouvernement en faveur du monde agricole et au passage donner sa vision du bien-être. "Ma conviction, c’est qu’à travers le bien-être, on aborde l’avenir de l’élevage dans sa globalité, avec ses transitions, et le tout en assurant la souveraineté alimentaire et la question du revenu", a ainsi mis en avant Julien Denormandie. Sur la question de la rémunération, si il concède que la loi Egalim n’a pas été suffisante, il se félicite que le gouvernement ait décidé "de remettre l’ouvrage sur le métier" avec Egalim 2, en "sanctuarisant le prix des coûts de production et en portant la contractualisation et la pluriannualité". Pour rappel, ce projet de loi porté par le député Besson Moreau a été adopté à l'Assemblée en juin dernier et doit être présenté au Sénat la semaine prochaine.

Ça n'est pas au compte de résultat de l'éleveur de payer cette transition vers le bien-être.

Bien-être versus maltraitance

Autre conviction exposée par le ministre, la nécessité d’éviter tout amalgame entre bien-être et maltraitance. "Le premier acte de maltraitance des animaux en France, c’est l’abandon de 100 000 chats et chiens chaque année !", a-t-il défendu. Et quand on aborde le bien-être, forcément, on parle investissements. "La vraie question, c’est comment faire pour que ces coûts de fonctionnement soient supportés par le consommateur", a encore souligné le ministre, appelant à "la responsabilité collective". Et de préciser sa pensée  : "Ça n'est pas au compte de résultat de l'éleveur de payer cette transition vers le bien-être, c'est à l'ensemble de la société qui souhaite le faire". Le locataire de la Rue de Varenne a pris l'exemple de deux évolutions qui surviendront en 2022 : la fin de l'élimination des poussins mâles et l'arrêt de la castration à vif des porcelets.

 

À l'échelle européenne

Sur ce dernier sujet, "les techniques de castration hors castration à vif sont de facto plus coûteuses", a rappelé le ministre, appelant à ce que le surcoût soit "porté par l'industriel, puis par la grande distribution, et enfin le consommateur". Idem pour la fin du broyage des poussins mâles en poules pondeuses : Julien. Denormandie a insisté pour que le surcoût de fonctionnement (hors investissements dans les couvoirs), de l'ordre d'un centime par œuf, soit "supporté in fine par le consommateur, qui est le premier à dire qu'il faut arrêter le broyage".
Le 10 septembre, le CNPO (interprofession des œufs) avait réclamé une interdiction européenne du broyage des poussins et non seulement en France et en Allemagne (Lire aussi en pages 10-11). D'ailleurs, le ministre a rappelé la prochaine présidence française du conseil de l’Union européenne à partir de janvier, soulignant que traiter de la question des ces transitions ne pouvait se faire qu’au niveau européen, en insistant sur la réciprocité des échanges commerciaux. "C’est un défi générationnel que l’on ne peut pas se permettre de rater !"
Au final, aucunes grandes annonces n'ont accompagné la venue du ministre qui s'est toutefois appliqué à donner un cap et à assurer de son soutien la profession, avec la loi Egalim2 en point de mire. Avec l'augmentation du prix des matières premières on devrait rapidement avoir l'occasion de vérifier son efficacité... C'est d'ailleurs ce qu'attend la FNSEA avec le vote de la loi "qui ne doit pas être détricotée pour assurer de vrais revenus et rendre l'agriculture plus attractive auprès des jeunes". Quant aux autres syndicats, pour la Confédération paysanne, l'État ne joue pas assez son rôle de régulateur quand la Coordination rurale estime qu'elle laisse les agriculteurs au milieu du gué.

 

Méthanisation : "encadrer et soutenir"

Interrogé par une équipe de l'émission C à vous sur la question de la méthanisation, le ministre de l'Agriculture a souligné la nécessité  de trouver le bon équilibre, et à la fois de soutenir et de l'encadrer. "On a pu observer quelques incidents et il faut être très vigilant. La méthanisation est une bonne chose à condition qu'on ne crée pas de compétitions entre les cultures et de conflit d'usage, comme on peut le voir en Allemagne". Le monde agricole est très structuré, notamment avec ses chambres d'agriculture. Pourquoi ne pas imaginer qu'elles s'assurent qu'il n'existe pas de conflit d'usage lors de nouveaux projets...

 

Porc : l'AOP Grand Ouest officiellement reconnue

Space

Le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a signé, le 14 septembre au Space, l'arrêté de reconnaissance de l'association d'organisations de producteurs (AOP) de porcs du Grand Ouest. Créée en avril par dix groupements, l'AOP regroupe environ la moitié de la production porcine française, avec pour but de "renforcer le pouvoir de marché des éleveurs adhérents aux OP". Son président Jean-Luc Chéreau (Agrial) lui fixe un triple objectif : "assurer un prix rémunérateur qui permette aux éleveurs de vivre de leur métier et de se moderniser" ; "assurer la confiance des consommateurs en répondant aux attentes sociétales" ; et "assurer le renouvellement des générations". De son côté, Julien Denormandie a salué "un moment d'histoire", soulignant qu'il s'agissait de "la première fois qu'un ministre a à signer un tel arrêté dans la filière porcine". Et le locataire de la Rue de Varenne de poursuivre : "Je suis intimement convaincu que l'organisation de la production est une des clés du succès pour au moins deux sujets : la rémunération et les défis à venir, dont l'arrêt de la castration à vif des porcelet" . La reconnaissance officielle de l'AOP lui permettra aussi d'émarger aux programmes opérationnels de la future PAC, afin de "se moderniser pour répondre aux attentes sociétales", d'après Jean-Luc Chereau. / Agra

 

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