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La bio au fil des saisons : Kristen Le Boedec, éleveur de porcs et poules pondeuses bio à Mael-Carhaix (22)

Kristen Le Boedec élève 6000 poules pondeuses bio et 150 porcs en post-sevrage-engraissement (300 porcs vendus/an). Sur ses 90 ha, il cultive en sans-labour de quoi nourrir pour partie ses cochons. Le reste - céréales, légumes industries, pomme de terre ou sarrasin - est destiné à la vente.

Kristen Le Boedec : "Je valorise l’essentiel de mes cultures directement sur la ferme et les déjections fertilisent mes champs".

Je me suis installé en 1998 en poules repro de chair sur 1 000 m2. À partir de 2014, j’ai décidé de reprendre la ferme de mes beaux-parents qui faisaient du lait sur une centaine d’hectares. J’ai choisi de ne garder que les cultures. Et pendant deux ans je me suis formé, notamment aux techniques de conservation du sol. En 2016, j’ai eu à faire face à de gros problèmes de rendements et à la chute des prix des céréales. Dans le même temps, on parlait de l’arrêt du glyphosate en TCS (Techniques sans labour). La coopérative cherchait des ateliers de pondeuses et de porc bio. Mon poulailler de repro pouvait être aménagé avec peu de travaux pour de la pondeuse bio. Et sur la ferme la stabulation non utilisée se prêtait très bien à du porc bio sur paille. Le projet porc étant trop petit pour le Gouessant, ils m’ont redirigé vers Bretagne Viande Bio avec qui je travaille désormais. Pour me sécuriser, j’ai réalisé une étude de conversion avec la chambre d’agriculture et en 2017 j’ai démarré ma conversion.

 

Une conversion "en douceur"

Je n’ai pas senti de gros bouleversement lors de mon passage en bio. J’étais déjà dans des démarches de forte réduction des pesticides, et des rotations longues. J’ai surtout compensé la suppression du glyphosate par plus de préparations superficielles du sol, sans m’interdire le labour en cas de pépin. En élevage, la fin de l'atelier repro de volaille de chair a permis de libérer du temps pour l'atelier porcs.

Une conversion "en douceur".

Un système résilient et des ateliers complémentaires

Le fait de ne pas être spécialisé dans une production me donne plus de souplesse en cas de crise. Je valorise l’essentiel de mes cultures directement sur la ferme et les déjections fertilisent mes champs. Le passage en bio m’a permis de gagner en autonomie vis-à-vis des coopératives. Surtout en porc où je suis autonome à 80 % sur l’alimentation. 90 % de l’alimentation est d’origine locale. Je fais de bons produits et je sais à qui je les vends : 100 % de la carcasse est valorisée en bio en charcuteries artisanales.

 

Difficultés et perspectives

Ma seule vraie difficulté reste l’approvisionnement en porcelets bio. Les faire venir de plusieurs élevages accroît le risque sanitaire, et un partenariat avec un seul naisseur n’est pas toujours évident pour faire correspondre les bandes. Pour le moment, je me fournis chez deux éleveurs et j’arrive à jongler avec.
Sinon, dans l’idée de donner une cohérence maximale à la ferme demain, je me suis rapproché de mes voisins pour faire des échanges de terres. 18 ha ont déjà été échangés au bénéfice de tous et j’ai le projet de continuer si je peux.

 

 

Trois conseils de Kristen

- Bien s’entourer, de conseillers, et de producteurs. Cela permet de soulager l’esprit et de se rassurer.
- Limiter ses investissements au départ. S’équiper d’outils de base (Pour moi : herse-étrille, vibro et déchaumeur) et déléguer le reste aux ETA qui ont du très bon matériel de précision (ex : bineuses guidées).
- Ne pas avoir peur de l’échec. En bio, c’est presque inévitable et c’est formateur. Ne pas hésiter à se rapprocher de ses voisins bio, vous aurez bon accueil.

 

 

Gilles et Ghislaine Delansalut - Gaec du Plessis / Taulé (29) - Producteurs de légumes et de céréales

Gilles et Ghislaine Delansalut

"Les derniers choux ont pris du retard"

En chou-fleur, il nous reste une parcelle de 1,50 ha mais nous attendons car ça ne vient pas vite. Nous avions planté après orge de printemps et c’était sec. La récolte de chou a pris du retard. Nous prenons tous les plants en mini-mottes. La plantation des choux d’automne aura lieu la deuxième quinzaine de juillet. Sur blé, un épandage de 20 m3/ha de lisier a été réalisé le 19 mars et le désherbage a été efficace par deux passages de herse étrille. Nous avons semé les orges le 20 mars et réalisé deux passages de herse étrille. Les petits pois ont été semés le 19 mars à la densité de 142 grains/m² et ça ne pousse pas beaucoup. C’est sec comme partout. Pour les courgettes de plein champ, on prépare actuellement la terre pour planter les mini-mottes à partir de début mai selon la météo. Nous déroulons le plastique et repiquons sur la bâche. Pour les haricots, il est prévu avec la coopérative de les semer fin juin. Les engrais verts ont été broyés et la parcelle sera labourée trois semaines avant le semis vers le 8 ou 10 juin. Nous espérons réaliser au moins un faux-semis.  / Benoît Nézet et Marine Salaun

 

Kristen Le Boedec / Mael-Carhaix (22) - Éleveur de poules pondeuses bio et de porcs en post-sevrage-engraissement

kristen le boedec

"Un temps très sec, qui facilite les désherbages mais pénalise les cultures de printemps"

En ce moment je prépare les travaux pour les maïs et sarrasin. J’ai déjà fait un faux-semis, et la terre se desséchant très vite, je vais la laisser tranquille. J’attends les 1ères pluies pour semer, d’ici le 15 mai. Un seul désherbage a été effectué en sortie d’hiver sur les céréales d’hiver, et leur propreté est acceptable. Les céréales et la féverole de printemps, en pur ou en mélange, ont reçu deux passages, 4 jours après le semis, à l’aveugle, et au stade 2 feuilles à la roto-étrille. Les pommes de terre plantées depuis le 22 avril ont été hersées 7 jours plus tard. Pour l’alimentation des cochons, je vais enrubanner 6 ha de prairie après l’épisode de pluie. Les nouvelles poules arrivent le 6 mai prochain. Le nouveau lot ne sera pas conduit en bio malheureusement, mais en plein air, car il n’y a plus assez de débouchés. La dérogation a été acceptée. Sinon, un nouveau lot de cochon est arrivé et ça se passe bien. / Sarah Bascou

 

Christelle Martin et Mikaël Gergaud / Noyal-Muzillac (56) - Éleveurs VL - Transformateurs

christelle martin et mikaël gergaud

"Inquiets pour les stocks de fourrage"

La saison fourragère s’annonce mauvaise pour notre système de séchage en grange. Nous n’avons fait qu’une fauche sur une partie du parcellaire alors qu’on devrait être en train de préparer notre deuxième fauche. Il y a peu d’herbe à pâturer, les paddocks sont rasés. On sera sans doute obligé d’attaquer nos stocks de foin de l’année dès cette été alors qu’habituellement il nous reste des stocks de l’année précédente. Nous avons décidé de vendre une dizaine de génisses. Cela réduira la consommation de stocks et le travail et nous avons assez de renouvellement. Nous allons de l’avant, on vient de sortir un nouveau fromage, une pâte semi-pressée très appréciée des clients. / Romain Retif

 

Yann Pitois / Mecé (35) - Éleveur de vaches allaitantes

yann Pithois

"Je m’adapte à la météo"

La pluie tarde à venir, et le froid et le vent Nord-Est a empêché une pousse d’herbe satisfaisante. J’ai fini le déprimage le 20 avril en sortant les génisses d’un an, soit deux mois de mise à l’herbe progressive cette année. J’avais prévu 3 ha de fauche, ils seront finalement consacrés au pâturage. J’ai toujours peur de manquer de stocks. Du coup l’opportunité de vendre cinq génisses en reproduction va me soulager sur les besoins fourragers. Cette année, j’ai semé une prairie sous couvert de méteil (Terra n° 768). Une coupe a été réalisée fin avril sur une partie : 4.5 T MS/ha avec un fourrage de bonne qualité (triticale, vesce velue, RGA, trèfle). La prairie s’est bien implantée et devrait exprimer dorénavant son potentiel. Une belle réussite, à refaire l’année prochaine pour renouveler une prairie. / Stéphane Boulent

 

Sarah Mell - Ferme Grain de Méliss / Hédé-Bazouges (35)

Sarah Mell

"Premières récoltes et des plants qui patientent un peu plus que prévu en pépinière"

La météo du mois d’avril a décalé l’activité d’environ 15 jours par rapport à 2020. 7 000 plants ont été auto-produits cette année ; certains semis ont souffert du froid sans casse majeure. 1 500 plants sont achetés en complément par sécurité et pour tester des nouveautés. Les plantations ont démarré fin avril au champ avec le bleuet et le calendula, recouvert quelques jours d’un voile de forçage. Les basilics thai et rouge, la sauge sclarée et les marjolaines seront plantés cette semaine sous tunnel. Des mini-tunnels "caterpillar" sont utilisés en plein champ pour quelques cultures délicates au démarrage. Côté récolte, une première coupe a été faite fin avril sur le thym, l’ortie et la mélisse.
Une demie journée par semaine est consacrée au bureau pour éviter de prendre ce temps en soirée.
/  Soazig Perche

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