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Un guide pratique pour inciter à planter du peuplier

Entre légumes, fraises et huîtres, la Bretagne est forte consommatrice de cagettes et bourriches en peuplier, une essence qui peine pourtant à s’y implanter. Et tous les ans, les industriels de l’emballage doivent acheter plus de la moitié des arbres dont ils ont besoin à l’extérieur de la région. Pour tenter d’inverser la tendance, le CRPF vient d’éditer Le guide du populiculteur.

Planté à une densité de 200 arbres/ha, le peuplier nécessite la mise en place d’une protection contre gibier et rongeurs, un entretien les premières années, puis une taille de formation et un élagage.

Même s’il ne constitue que 2 % de la forêt bretonne, "le peuplier est un élément constitutif du paysage breton", rappelle Arnaud Guillon. Destiné à l’emballage, il est le champion du circuit court, la Bretagne ayant besoin de 150 000 m³ de peuplier par an pour produire les 35 millions de cagettes et bourriches nécessaires au transport des légumes frais, fraises ou huîtres.
Mais, avec ses 7 000 ha, il est loin de couvrir les besoins locaux. Et les six "dérouleurs" bretons doivent s’approvisionner pour plus de la moitié de leurs besoins dans les régions limitrophes : Val de Loire, Centre, Nord… "Et sur les 250 à 300 ha abattus en Bretagne tous les ans, moins du quart est reconstitué", rajoute le directeur du CRPF, le centre régional de la propriété forestière.

planter du peuplier

Des cultivars tolérants à la rouille

Si cette désaffection s’explique par une stagnation à un niveau bas du cours du peuplier, la fin de certaines aides à la plantation ou l’apparition de nouvelles maladies, la filière bretonne, forte de ses 500 emplois directs, de la pépinière à la transformation, risque de s’en trouver fragilisée. Pour tenter d’inverser la tendance, le CRPF a décidé de plancher sur Le guide du populiculteur breton. Car les raisons d’espérer un renouveau sont là ! "Le bois de peuplier de qualité est très recherché. Et sa raréfaction laisse présager à terme une hausse des cours, estime Arnaud Guillon. De plus, on dispose désormais de cultivars productifs et tolérants à la rouille".
Édité avec le soutien financier de la Région Bretagne et de l’État, et en partenariat technique avec les Cetef, centres d’études techniques et économiques forestières, l’interprofession Abibois et les chambres d’agriculture, le guide est destiné aux forestiers et agriculteurs qui s’interrogent sur l’intérêt du peuplier. Et en 34 fiches pratiques, il donne toutes les clés pour une implantation réussie : choix de terrains favorables, cultivars adaptés, itinéraire technique, vente…

Le peuplier est un élément constitutif du paysage breton.

Dans des zones de déprise agricole

Implanté dans un patchwork de petites parcelles, le peuplier a souvent pris place dans des vallées étroites, sur d’anciennes terres agricoles… "Les chambres d’agriculture s’y intéressent depuis les années 70, indique Samuel Le Port, conseiller forestier. Le peuplier peut tout à fait trouver sa place dans des zones en déprise agricole, dans des zones humides…, et les valoriser".
Avec une rotation rapide, 15 à 20 ans seulement, le peuplier devrait surfer sur la vague du circuit court et du développement durable, puisqu’il n’émet que 74 kg de CO2/t d’emballage contre 1 t de C02/t d’emballage plastique, "soit près de 15 fois moins". La filière attend maintenant "un coup de pouce" de la Région et des pouvoirs publics pour inciter à la plantation. "Il nous faudrait 7 000 ha de plus pour être autosuffisants au niveau de la Bretagne".

 

 

Pratique : Pour plus d'informations et vous accompagner dans vos projets de plantation de peupliers, contactez Eric Siniou, CRPF, au 06 18 44 72 18 ou Samuel Le Port, chambre d'agriculture, au 06 08 41 56 77.
Le CRPF organise une formation sur le peuplier les 1er, 29 octobre et 19 novembre. Ouverte aux propriétaires forestiers et agriculteurs, elle alternera théorie et travaux pratiques. Contact : CRPF au 02 99 30 00 30.

 planter du peuplier

 

 

Peuplier et idées reçues

Eau / Accusé de faire diminuer le débit des cours d’eau voire d’assécher les milieux humides, le peuplier ne consomme en réalité pas plus d’eau qu’une prairie : 28 m3/ha/jour pour une peupleraie mature, contre 25 à 36 m³ pour une prairie.
Biodiversité / La faible densité de la peupleraie et son cycle de production rapide permettent d’y abriter une flore variée, entre prairie et forêt. Et le maintien de tout ou partie de la végétation au sol vont offrir un habitat varié aux oiseaux et insectes.
Paysage / Si l’aspect artificiel des peupleraies est mal perçu, leur faible densité permet une meilleure entrée de la lumière. Le plus souvent de taille modeste, elles s’intègrent dans la mosaïque des paysages bretons et structurent ces derniers.
Environnement / Comme en agriculture, l’usage des intrants est en baisse et le désherbage manuel ou le paillage est préféré aux phytos pour l’entretien localisé au pied des plants, pendant les 2-3 premières années. Le broyage de la végétation est réalisé après le 15 juillet, hors période de nidification. Et n’est pas systématique, pour préserver la biodiversité.

 

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