La matinale cultures de Kerguéhennec
Transmettre les résultats de la recherche appliquée aux techniciens agricoles pour mieux conseiller les agriculteurs, tel était l’objectif de ce rendez-vous annuel organisé par le Service Agronomie Productions végétales des chambres d’agriculture de Bretagne le jeudi 13 juin sur le site de la station expérimentale de Kerguéhennec à Bignan (56).

Réparties en trois groupes, les cent personnes présentes ont pu participer à trois ateliers sur des thématiques variées.
La production de protéines
Après quatre ans d’expérimentation sur la station au sein d’un réseau régional, les premiers éléments de synthèse ont été apportés sur les critères de choix des différents protéagineux grains à retenir pour son exploitation. L’association à une graminée a été évoquée. Elle est d’ailleurs conseillée sur les parcelles à fort salissement en mauvaises herbes et pour sécuriser les rendements. Pour les années à venir, la question de l’adaptation du soja aux conditions de notre région est clairement posée et un programme d’expérimentation se met en place en agriculture conventionnelle et bio.
Digestats de méthanisation
Le digestat, sous-produit issu du processus de méthanisation, est de plus en plus présent dans nos campagnes. Sa valeur fertilisante azotée s’avère être comparable à celle d’un lisier de porcs. Par contre, sa composition peut être variable en fonction de la nature des matières premières qui entrent dans le digesteur. Des références complémentaires sont donc nécessaires. Les conditions d’apport vont également influencer cette efficacité avec notamment 30 % de gain d’efficacité avec un enfouisseur comparé aux pendillards. Moins de pertes par volatilisation ammoniacale et donc une meilleure protection de la qualité de l’air. Enjeu important car l’activité agricole est largement contributaire dans ces émissions d’ammoniac.
Blé, stratégie fongicide
Il apparaît clairement que le premier levier est le choix de variétés résistantes pour maîtriser au mieux la lutte contre les maladies. Ensuite, selon les années, un programme fongicide coûte entre 40 et 80 €/ha maximum s’avère économiquement rentable. Cette somme, il faut savoir comment la répartir sur le cycle de la culture. Trois outils d’aide à la décision pour déclencher le premier traitement ont donc été testés ainsi que l’intégration de produits de biocontrôle. La récolte de ces essais dans quelques semaines permettra d’apporter des éléments de réponse.
Ces ateliers ont ainsi permis de nombreux échanges entre les participants et soulever des points d’interrogation dont certains mériteront d’être étudiés dans de futurs essais. Rendez-vous est pris pour les éditions suivantes des "matinales cultures".
Les axes de travail de la station
Située sur le territoire de Bignan (56), elle est gérée par les chambres d’agriculture de Bretagne. Dédiée aux grandes cultures et légumes industrie, la station dispose de 54 ha essentiellement sur des sols de limons sableux sur micaschistes, dont 14 ha irrigables. L’agriculture biologique y est présente à travers un bloc expérimental de 6 ha. Quatre principaux axes de travail y sont développés :
- Recherche de systèmes de production économiquement performants mettant en avant le raisonnement agronomique et réduisant l’utilisation de la chimie.
- Étude des risques de transfert des intrants dans le milieu, en dehors de la parcelle agricole : impact possible sur l’environnement et mesures préventives.
- Utilisation des nouvelles technologies au niveau de l’agriculture de précision.
- Accompagnement des techniques de désherbage mécanique en bio où conventionnel.






