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Sarah Mell, Productrice de plantes aromatiques et de tisanes à Bazouges sous Hédé : Travailler dehors, être active au quotidien

Sarah s’est installée en 2017 à Bazouges sous Hédé sur une ferme de deux hectares. Elle cultive une trentaine de plantes transformées en infusions et en aromates sous la marque "Grain de Meliss ". Une petite entreprise qui se développe et accueille un deuxième associé ce mois-ci.

Mon projet d’installation a démarré en 2015. J’ai engagé une formation de sept mois dans le Jura, puis, en 2016, nous avons acheté deux hectares associés à une maison d’habitation avec quelques dépendances, tout à fait adaptées à la taille de notre projet d’atelier de transformation. Je me suis installée en 2017 en conservant un mi-temps extérieur sur une année. J’ai vendu mes premières tisanes à l’automne 2017.

Bien anticiper la stratégie de commercialisation dans un contexte de marché de niche
Sur le papier, il y a encore peu de producteurs de PPAM en Ille-et-Vilaine. Il n’empêche que, dès 2016, certains débouchés importants en GMS étaient déjà pris par d’autres producteurs locaux. Il me fallait trouver une place et une gamme adaptée à ma future clientèle en circuits courts. J’ai prospecté les épiceries fines de Rennes et de la Côte d’Emeraude - il faut faire accepter le prix de la qualité locale très éloigné des produits d’importation. Au final, ce sont les marchés et les magasins à la ferme qui assurent une bonne part de mes débouchés. D’un point de vue personnel, cette commercialisation locale m’apporte beaucoup de satisfaction. On rencontre la clientèle et j’ai découvert une belle solidarité entre producteurs en circuits courts. Je suis aujourd’hui démarchée par des entreprises qui développent du click and collect sur Rennes et je m’assure du sérieux de ces projets avant de m’engager. Je démarre également des partenariats avec d’autres producteurs qui utilisent nos plantes pour parfumer leurs préparations.

Une formation indispensable pour une production sans beaucoup de références
Je me suis formée sur 18 mois. J’ai passé plusieurs mois dans le Jura pour le cursus de certificat de spécialisation en PPAM. Cette formation m’a permis de faire plusieurs stages sur des fermes très variées. En 2017, j’ai démarré avec 180 m2 de tunnel, un atelier de transformation et de séchage des plantes et 2 000 m2 au champ.
Notre secteur d’activité manque cruellement de références techniques. L’installation progressive m’a permis de mieux cerner les capacités de production de ma ferme et d’ajuster les surfaces de production à mes recettes de tisanes. Aujourd’hui, je cultive 30 plantes différentes dont une dizaine d’annuelles. Certaines vivaces - monarde, agastache - sont renouvelées tous les ans afin de garantir la qualité et la productivité des cultures.

Être en veille sur les outils adaptés aux PPAM
En 2021, j’ai désormais 460 m2 de tunnels équipés de goutte à goutte. Côté mécanisation et transformation, la plupart des producteurs de PPAM recyclent des outils anciens et les adaptent aux PPAM. J’ai moi-même auto-construit mon séchoir. On manque, en France, d’une offre d’outillage moderne adapté à nos productions. J’ai acheté cette année une batteuse italienne pour les plantes à petites feuilles. Je pense que je vais pleurer de joie quand on va la mettre en route tellement cet outillage va nous soulager d’un travail fastidieux dont j’avais sous-estimé la durée.

Et le bien-être au travail ?
Après mes stages, j’ai plutôt bien anticipé l’ergonomie et les postures de travail sur ma ferme. Par contre, c’est la charge mentale du chef d’entreprise "multi-tâches" qui m’a demandé le plus d’effort. Au bout de quatre ans, la structuration de l’entreprise est là et la nécessité d’être à deux s’est imposée comme une évidence cette année. Mon conjoint m’a donc rejoint sur la ferme au 1er juin 2021. Ce qui me donne une grande satisfaction au travail aujourd’hui, c’est de travailler dehors, d’être active au quotidien. Je suis aussi ravie de mon cadre de vie et de travail. Et le retour direct des clients, ça fait aussi beaucoup de bien.

 

Gilles et Ghislaine Delansalut / gaec du plessis / taulé (29) :
producteurs de légumes et de céréales : "Un printemps compliqué"

J’ai semé de bonne heure le maïs sans faire de faux-semis. Et résultat, je regrette car c’est sale ! Les mauvaises herbes ont pris le dessus, malgré le désherbage que j’ai réalisé en deux passages de herse étrille (en prélevée et à trois feuilles du maïs) et trois binages. Le maïs a mis du temps à sortir et c’était très compliqué ce printemps. Le blé biologique est en revanche prometteur et la culture est propre. J’ai passé trois fois la herse étrille. Pour les légumes, on va commencer la récolte des courgettes la semaine prochaine, comme d’habitude. La plantation a été réalisée du 8 au 25 mai, mais il n’y aura finalement aucune différence entre les premières plantations et les dernières. De même, on attend la récolte des petits pois de conserve qui est programmée dans une dizaine de jours.  / Benoît Nézet et Marine Salaun

 

Kristen Le Boedec / Mael-Carhaix (22) / éleveur de poules pondeuses bio et de porcs en post-sevrage-engraissement : "Une saison de désherbage compliquée"

L’alternance de chaud et de pluie a compliqué le désherbage du maïs. Si on a l’équipement et un nombre de pied suffisant, on peut se permettre de faire plus de passages. Il y a un compromis à trouver entre salissement, équilibre économique, agressivité du désherbage et densité du maïs. Moi je pense retarder mon dernier binage pour limiter les repousses. Sur mes céréales, la vesce a explosé. Je n’ai pas pris le temps de passer ma semence fermière au trieur optique cette année (trieur le plus proche à Vannes), j’aurai dû. Les haricots vont être semés début juillet, après l’épisode pluvieux prévu. En porc, le marché s’est tendu avec l’arrivée de gros élevages sur le secteur de la bio. Du coup, je pense décaler l’arrivée du prochain lot de post-sevrage.  / Sarah Bascou

 

Christelle Martin et Mikaël Gergaud / Noyal-Muzillac (56) : éleveurs vl - transformateurs : "Nous groupons le vêlage des génisses"

Nous estimons l’impact du printemps froid sur nos stocks à 25 % de pertes. Mais vu les dernières précipitations on devrait quand même profiter d’une repousse valorisable en foin cet été. Cette météo est propice à notre choix de faire succéder deux méteils sur la même parcelle avec une récolte en foin séché en grange au printemps et un resemis dans la foulée. Au niveau de la vente directe la réouverture des restaurants est une bonne nouvelle. Nous avons accueilli près de 300 personnes pour faire la promotion de nos produits. C’est aussi la période de vêlage pour nos génisses. Grouper nous permet de mieux organiser le travail de buvée, d’IA… avec un lot le plus homogène possible. / Romain Retif

 

Yann Pitois - Mecé (35) / éleveur de vaches allaitantes : "Une période favorable à l’herbe"

Mai et juin sont pour moi les mois de fauche et de constitution de stocks. J’ai récolté plus de 200 bottes de foin et autant d’enrubannage dans de bonnes conditions. Des fourrages de qualité et en quantité suffisante cette année. Avec cette météo favorable à l’herbe, je prévois encore de faucher dans les prochains jours. Habituellement à cette époque les vaches à l’engrais sont affouragées en enrubannage. Aujourd’hui elles sont toujours dehors au pâturant tournant avec une complémentation en céréale. 2 ha de colza fourrager ont été semés le 7 juin après un précédent prairie en fin de vie. Ils seront pâturés au fil par les génisses pleines pendant un mois sur août/septembre. Cela me permettra de reconstituer des stocks sur pied d’herbe pour la période automnale. / Stéphane Boulent

 

Sarah Mell - Ferme grain de méliss / Hédé-Bazouges (35), productrice de ppam (plantes à parfum aromatiques et médicinales) : "En ce moment, c’est le pic des récoltes"

Je collecte les plantes feuillues le matin et les fleurs l’après-midi. Les plantes nécessitent de 24 à 48 h de séchoir. Selon les espèces, on peut être amené à les trier, les hacher avant de les sécher. J’ai un séchoir principal et des espaces d’appoint pour les plantes moins fragiles. Au champ, il faut poursuivre le désherbage des planches. L’irrigation a aussi démarré : goutte à goutte dans les serres et aspersion au champ. Ce dernier est quadrillé en six zones que nous irriguons deux par deux. Je surveille aussi les ravageurs dans les tunnels - cicadelles, altises, acariens rouges. Au besoin, il faudra y placer des asperseurs pour ces ravageurs qui n’aiment pas l’humidité. C’est aussi la saison des marchés à la ferme - j’en fait quelques-uns et je fais une tournée de réassort par semaine./  Soazig Perche

 

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