Terra 08 mars 2019 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Caroline Le Bodic agricultrice "pour être libre"

Après 13 années de commerce, Caroline Le Bodic, à 35 ans, a repris seule la ferme familiale en 2014. A la production laitière, elle a préféré élever de belles Blondes d’Aquitaine à Noyalo, en vente directe. Le choix de la liberté pour cette jeune femme, mère de 3 enfants, présidente de l’association de développement Agir de Rhuys à Lanvaux. Portrait de femme.

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C’est la volonté d’être libre qui a guidé Caroline Le Bodic à devenir agricultrice.
C’est la volonté d’être libre qui a guidé Caroline Le Bodic à devenir agricultrice. - © Claire Le Clève

 

"Quand je vais, je vais", explique avec détermination, Caroline Le Bodic. Un petit bout de femme pétillante et souriante qui a accroché à ses yeux, encadrés de mèches auburn, deux calots bleus, lumineux. Avec elle, "tout se fait", disent d’elle ceux qui apprécient sa souplesse et facilité de travail, son engagement, y compris au sein de sa commune comme conseillère municipale sur les dossiers urbanisme-environnement, dont elle connaît la question, riveraine de l’étang de Noyalo

Un cheptel adapté

Là au hameau de Quelennec, cette ancienne responsable de magasin élève depuis le 1 février 2014 un troupeau de 45 vaches mères en race Blonde d’Aquitaine sur désormais 70 ha, tout herbe et en vente directe. Pas simple tous les jours pour cette fille d’agriculteurs en production laitière, dont la fratrie à laquelle elle appartient n’a pas été encouragée à prendre la suite. "Mais moi j’avais ça quelque part dans la tête. J’ai adoré mon métier dans la vente. Après ma formation en BTS A j’ai été tout de suite responsable d’un magasin de vente de produits régionaux, je m’y suis épanouie", raconte-t-elle, riche d’une expérience de 13 ans. Mais quand l’évocation du départ en retraite des parents commence à poindre, "il fallait avancer. OK je voulais bien reprendre, ça me plaisait beaucoup mais pas en lait. J’avais deux enfants à l’époque, mon mari est chauffeur routier. Il fallait que j’assume seule la ferme. Alors mes parents ont dit banco pour faire évoluer la production, montant tranquillement le cheptel de Blondes".
"J’ai beaucoup appris des autres"

"Je ne savais pas comment procéder. J’ai contacté la chambre d’agriculture. J’étais enceinte de mon 3eme, je travaillais à 80 % au magasin, et sur le temps restant, j’ai fait mon parcours à l’installation. Le 31 janvier 2014 je quittais le magasin, le 1 février 2014, je m’installais avec mes 35 mères en Blonde", raconte t-elle, volubile persuadée "que ça a collé parce que j’ai été soutenue et encouragée par ma famille, mon mari. Il a fallu accepter la baisse de revenus mais le changement de vie, c’est aussi d’être là, avec les miens, les enfants courent dans le village…Agricultrice, c’est être libre", apprécie-t-elle au plus haut point, épanouie même si elle a du bricoler le siège de son tracteur ou la pédale d’embrayage pour l’adapter à son format. Avec son godet, elle s’affranchit aussi de la difficulté de certaines tâches et délègue tout le travail à l’ETA...

Présidente engagée de GVA

Très rapidement sa conseillère de la chambre d’agriculture l’invite à son installation, à découvrir l’apport des groupes de développement."J’y ai fait ma formation technique et puis surtout échanger avec des collègues, m’ouvrir, aller voir le fonctionnement d’autres exploitations. J’ai beaucoup appris des autres", résume-t-elle pointant la richesse des groupes, leur précieuse neutralité. "Ils apportent une grande valeur, c’est un appui humain, on se rebooste. C’est important de ne pas rester seul", pointe-t-elle membre du groupe D’jeunes, "convivial, autour d’un repas, on sort de l’exploitation, on échange" et de celui Vaches allaitantes. "J’avais besoin de me former techniquement et de trouver conseils". Alors l’an passé, quand on la sollicite en tant que femme pour prendre l’alternance de la présidence de Agir de Rhuys à Lanvaux, convaincue par la force du groupe, elle accepte en relevant "ce petit défi" avec un enthousiasme communicatif. "Il faut savoir s’imposer, on a tout pour. Si une femme ne s’exprime pas un minimum, elle ne se fera pas entendre. Moi j’ose".

Claire Le Clève

Accroche Il faut savoir s’imposer, on a tout pour.

Un métier où elle s’épanouit, s’engage, présidente des groupes de développement d’Agir de Rhuys à Lanvaux.
Un métier où elle s’épanouit, s’engage, présidente des groupes de développement d’Agir de Rhuys à Lanvaux. - © Claire Le Clève

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