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Du blé bio breton pour l’alimentation humaine ? Un défi technique !

Produisant plutôt pour nourrir son cheptel, la Bretagne peine à fournir du blé à destination de l’alimentation humaine. Pourtant, la demande existe chez meuniers et boulangers, qui souhaitent relocaliser leurs achats. Un défi technique que s’apprête à relever un groupe de producteurs bio, avec l’appui de la chambre d’agriculture.

Le 21 janvier dernier, dans le cadre d’un GIEE émergence, un groupe d’agriculteurs bio s’est retrouvé chez Laurent Marhic, à Irvillac, pour faire le point sur le semis, la fertilisation et le désherbage du blé à destination de l’alimentation humaine.

Si la Bretagne peine à produire du blé à destination de l’alimentation humaine, c’est avant tout parce que ses conditions pédo-climatiques ne favorisent pas un taux de protéines suffisant. "En moyenne, les récoltes bretonnes se situent à seulement 9,5 %", indique Benoît Nézet, conseiller bio à la chambre d’agriculture.

 

Une variété adaptée

À Irvillac (29), un essai variétal vient de se mettre en place. "Nous allons tester cinq variétés d’hiver, recommandées en agriculture biologique par la meunerie". Un premier essai à Carnoët (22) a permis d’obtenir des rendements oscillant entre 26 et 46 q/ha, pour une moyenne à 38 q. "Le taux de protéines, de 8,5 à 11 %, dépend de la variété mais aussi du rendement, avec un effet dilution, y compris si la plante est correctement alimentée en azote".

 

Un désherbage facilité

En bio, la clé de la réussite réside bien souvent dans le désherbage de la culture. "Les producteurs disposent de sept leviers pour le réussir", affirme Benoît Nézet, qui commence par citer une date de semis tardive, après le 15 novembre, pour restreindre la levée des adventices. "Il faut aussi jouer sur le précédent : une rotation longue, avec prairie, va limiter leur présence". Semer profond et 10 % plus dense rendra la culture plus résistante au désherbage mécanique et compensera les éventuelles pertes. Enfin, les passages d’outils seront facilités par un labour, éliminant les résidus de surface, et une préparation pas trop affinée, laissant une surface de sol ouverte. Et des pneus basse pression ou des roues jumelées permettront des interventions plus précoces, sur adventices jeunes. "Mais parfois, à condition de bien raisonner rotation et semis, certaines parcelles peuvent se passer de désherbage mécanique".

En bio, la clé de la réussite réside bien souvent dans le désherbage de la culture.

Des outils adaptés

Les producteurs ont maintenant une large gamme d’outils à leur disposition. "La herse étrille peut intervenir après le sevrage, dès trois feuilles, et à faible vitesse pour réduire l’agressivité", détaille le conseiller. Efficace sur filaments blancs comme sur adventices un peu plus développées, elle nécessite un sol sans résidus de culture en surface.
Utilisable du stade trois feuilles à un nœud de la céréale, la roto-étrille est plus efficace sur adventices jeunes. Si la houe rotative est à réserver aux filaments blancs, ces deux derniers outils supportent quelques résidus de culture. "Et la bineuse peut être utilisée plus tardivement, de plein tallage au stade deux nœuds".

 

De l'azote disponible

"Le blé nécessite 3 unités d’azote par quintal", rappelle Benoît Nézet. La gestion de la fertilisation est donc cruciale en bio. "Il faut commencer par raisonner la place de la culture dans la rotation, après un engrais vert ou une légumineuse ou, pourquoi pas, sous couvert de trèfle, à condition que ce dernier ne prenne pas le dessus". Si les apports doivent idéalement avoir lieu au stade épi 1 cm, il faudra anticiper en cas d’engrais organiques. "Et bien calculer la disponibilité de l’azote".

blé bio breton

Rejoignez le GIEE blé bio

"Les meuniers et boulangers bio s’approvisionnent en blé dans l’est et le centre de la France. Souhaitant relocaliser leurs achats, ils veulent créer une filière bretonne", indique Julien Ligneau, conseiller à la chambre d’agriculture. Une première rencontre, courant 2019, a permis de mieux cerner leurs attentes. "Ils ont besoin de qualité et de sécurité", ce que ne leur offrent pas toujours les blés bretons, plutôt destinés à l’alimentation animale.
"Pour obtenir un blé de qualité meunière, il faut plus de technicité". Qu’à cela ne tienne : intéressés par ce nouveau débouché, quelques producteurs lancent l’idée d’un groupe où creuser ces questions. "Cet été, nous avons eu l’accord pour un GIEE émergence. Après la mise en place d’un essai variétal, nous avons programmé des réunions sur l’implantation, le désherbage,la fertilisation, les conditions de récolte et de stockage".
Le sujet vous intéresse ? Vous souhaitez rejoindre le groupe ? Contact : Benoît Nézet au 02 98 88 97 76, benoit.nezet@bretagne.chambagri.fr

 

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