Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

La Belgique : un melting pot incroyable

Au centre de l’Europe et de ses institutions, la Belgique tente de se trouver une identité entre plusieurs régions à fort caractère. On ne compte plus les renversements ministériels ou démission de Premiers ministres. Le pays présente aussi la caractéristique d’être le premier exportateur mondial de légumes industriels surgelés, frites entre autres oblige.

àla frontière àllemande, les fermes fruitières bio sont nombreuses et participent au développement d'un tourisme rural.
© C. Dequidt.

Les Belges sont très européens. Ils sont fiers de leur histoire avec l’Europe. La localisation des institutions de la CEE à Bruxelles est un élément notoire dans la connaissance des Belges pour l’Europe. La Commission apporte un regain de vitalité à la ville et surtout un brassage cosmopolite incroyable. Malheureusement, et en dépit de l’évolution récente, la langue incontournable est l’anglais. Les différences de production entre la Flandre et la Wallonie induisent des montant d’aides très différents d’une région à l’autre. Sans les subventions européennes, plus de la moitié des agriculteurs belges disparaitraient, notamment en Wallonie plus ouverte aux grandes cultures. En Flandres comme en Wallonie, on manque cruellement de terres pour assouvir les industriels des légumes surgelés. Ils sont très heureux de trouver plus au sud un pays d’Europe où ils adorent venir acheter des terres ou y cultiver ces légumes.

 

Belgique

L'agriculture et les citoyens

L’agriculture a toujours fait partie du paysage dans ce petit pays à forte tradition qui se traverse du nord au sud en une heure de voiture. La jeunesse voyage beaucoup à l’étranger faisant évoluer la culture vers la mondialisation. L’image de l’agriculture et des agriculteurs a bien changé avec la naissance d’extrémismes, comme en France.

Le bio se développe en Wallonie à grande vitesse, et les habitudes de consommation évoluent notamment vers plus de flexitarisme et de véganisme.

Côté flamand, les cultures industrielles et le commerce restent prédominants dans l’esprit des politiques et des citoyens.

Chaque région a son propre parlement pour définir les lois environnementales. La Wallonie n’a pas été gâtée ces derniers temps avec le ministre Carlo di Antonio, détesté des agriculteurs qui le jugent totalement impartial et sans aucune réalité des contraintes du monde agricole. La semaine sans pesticides qu’il a instaurée en est un exemple frappant parmi d’autres. Côté flamand, les autorités sont moins regardantes.

 

Belgique

Individualisme

L’individualisme des agriculteurs ne favorise pas le développement de la coopération. Le réseau de distribution est constitué de très nombreuses petites entreprises familiales qui vendent des intrants et collectent quelques grands acteurs nationaux qui ont parfois des filiales en France ou aux Pays-Bas se partagent le marché. En Wallonie, une coopérative d’appro et de collecte survit. Les organisations de producteurs de fruits se disent aussi mutualiste, mais chacun essaie d’en tirer profit.

 

Belgique

Le pays en chiffres

- Superficie : 30 688 km² soit l'équivalent de 5,6 % de la France ou la région Provence Alpes Côte d’Azur

- SAU : 7 % de la France

- Population : 11,4 millions d’habitants dont 1,2 % travaillent en agriculture

- PIB (2017) : 450 milliards € (22 % de la France) dont 79,6 % des services, 19,6 % de l'industrie et 0,8 % de l'agriculture.

 

Témoignage

Blanc bleu belge, une race d’exception

 

Belgique

Dans les plaines wallonnes, à 46 ans, Adrien pense que le champ du possible en agriculture est large et nécessite une nouvelle reconnaissance.

"Ma passion, c’est l’élevage mais j’adore les cultures". Il lui faut sans cesse se remettre en cause et s’investir dans des projets aussi bien en production végétale qu’animale. Pour lui, l’agriculture est en danger car elle n’a pas su prouver le bien fondé de sa vocation première : nourrir les humains dans une production saine, durable et écologique.

À la tête d’un troupeau de sélection en Blanc Bleu Belge, Adrien développe de la production de viande et de la vente de génétique (taureau et génisse). "Je ne fais pas les concours car ce que nous demande le marché n’est pas forcément identique aux bêtes de concours. Dans nos élevages, nous travaillons plus sur la rusticité, la fécondité et le développement". Sa star, Tenace de la Praule, 3e au top dans le classement poids carcasse, est sa fierté. Ses taureaux et ses embryons sont vendus à l’international, notamment en Chine. "La race est l’une des principales exportées dans le monde". Adrien fait parfois de échanges avec des voisins pour éviter la consanguinité qui est, pour lui, le danger majeur dans la race. Sa ferme est une ferme pilote dans l’étude de la génomique pour la race à viande.

98 % des veaux naissent en césarienne. Et il faut expliquer ce phénomène décrié. "Avec l’expérience, on peut savoir à 8 heures près quand la vache va vêler. On se prépare et le vétérinaire fait son boulot. C’est très bien maîtrisé". Selon lui, la vache ne souffre pas, le veau non plus, ni l’agriculteur. "Après trois césariennes, logiquement, la bête part sauf les bêtes d'exception. L’une d’entre elles a été jusqu’à dix". Malheureusement, comme dans beaucoup d’élevages, il est bien difficile de gagner correctement sa vie, parfois le prix du kilo est à 5 €. Au regret d’Adrien, la race n’a pas bonne réputation. C’est une viande blanche peu goûteuse car très maigre, du muscle jusqu’à 72 à 74 %, avec peu de gras. Cependant, les animaux ont une très forte croissance, rapide et sont très calmes. "Pour répondre au goût des consommateurs, je les nourris avec des graines de lin, des tourteaux de colza, qui amènent de la graisse car le consommateur préfère des viandes rouges persillées". Heureusement, pour Adrien, il y a la vente de génétique et les productions végétales qui composent la moitié du chiffre d’affaires.

 

Une bonne gestion du temps

Sur l’une des deux fermes, Adrien travaille avec son beau-frère qui a un travail à temps plein mais souhaite être agriculteur. "Les grandes cultures sont peu rentables mais nécessaires pour les subventions. J’ai donc réparti les cultures, avec, dans la petite ferme des productions sous contrat à meilleure rentabilité, et dans l’autre, plus extensive, du froment (blé, ndlr), de l’épeautre, du colza, du maïs et les prairies". Les productions qui ne sont pas autoconsommées partent à la coopérative.

L’agriculteur belge est "stressé", il faut aller vite car la fenêtre de tir pour les récoltes et les semis est petite. Il pleut plus de 1 000 mm/an. Les Cuma sont rares. La plupart des agriculteurs préfèrent avoir leur matériel. "Je le regrette mais c’est comme cela". Mais il y a par ailleurs beaucoup d’entrepreneurs qui proposent des services, cela permet un prix compétitif.

Adrien fait donc les semis et la pulvérisation, le reste est sous-traité : moisson, ensilage d'herbe et de maïs, récolte et semis de betterave.

 

Belgique

Toujours une longueur díavance

L’homme est entrepreneur et à l’écoute du futur. Il participe à une expérimentation avec l’université Agrobiotech de Liège sur les flux des gaz à effet de serre. Il s’agit de prouver à quel point les prairies captent du CO2 et sont positives, contrairement à ce que l’on peut lire dans les journaux sur l'impact des fermes laitières sur le réchauffement climatique. Adrien a été honoré à la dernière foire de Libramont comme l’un des cinq agriculteurs de valeur pour ses travaux.

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Thierry Coué
Thierry Coué, Président de la FRSEA de Bretagne : "Chaque agriculteur doit prendre conscience du besoin de se protéger, et de protéger son exploitation"
Depuis le début de la crise du coronavirus, le monde agricole semblait en retrait, presque observateur. Les comportements ont…
Lettre aux agriculteurs et agricultrices de Bretagne

Madame, Monsieur,

Comme le reste du monde, la Bretagne est confrontée à la pandémie due au coronavirus Covid-19. Dans…

Jérémy Labbé, nouveau président de JA22
Le 11 mars dernier s’est tenu le conseil d’administration électif des Jeunes agriculteurs des Côtes d’Armor. Dorénavant c'est un…
Germain et Laura Evo, jeunes aviculteurs, engagés aussi
Du comité organisateur de la prochaine fête de l’agriculture, à Grand-Champ, Germain Evo 32 ans, en est, Jeune Agriculteur aussi…
Eureden s’adapte et s'organise pour assurer ses services

La crise COVID-19 impacte profondément notre filière porcine et les équipes Eureden sont entièrement mobilisées pour…

Publicité