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La Cour des comptes étrille les abattoirs publics

Le dernier rapport de la Cour des comptes pointe du doigt la situation financière particulièrement dégradée des abattoirs publics et leur poids sur la fiscalité locale. Pour les magistrats, ces 80 établissements représentent "des charges pour les contribuables locaux rarement justifiées". La Cour plaide pour une gestion privée et collective, notamment par le développement d’abattoirs mobiles. À point nommé, un premier animal était abattu, la même semaine, dans ce type de dispositif mobile.

Dans son rapport public annuel, publié le 25 février, la Cour des comptes constate une situation financière des abattoirs publics "dégradée" du fait notamment d’équipements "surdimensionnés et sous-exploités" et de tarifs trop bas. Elle souligne des déficits "trop souvent pris en charge par les collectivités" de rattachement dont ils "déséquilibrent les finances". Selon eux, les arguments en faveur du maintien de la gestion publique des abattoirs (circuits courts, bien-être animal, abattage rituel ou d’urgence, soutien à des filières de qualité non rentables…) "ont perdu de leur force". En réponse, ils recommandent de promouvoir des modes des gestion coopérative portés par des Cuma ou des SCIC (société coopérative d’intérêt collectif).  Réagissant au rapport de la Cour des comptes, les acteurs des filières, dont Bruno Dufayet, président de la FNB (éleveurs de bovins viande), appellent à dépasser la seule lecture économique. "Il faut prendre en compte le maillage territorial, qui dépasse le simple calcul économique". Quant à la proposition de transférer les abattoirs à des collectifs d’éleveurs ou de salariés, "c’est un désengagement du service public", estime-t-il. Un message partagé par la Fneap (Fédération des exploitants d’abattoirs prestataires de services). "Le rapport est un peu en retard par rapport à ce qui se passe sur le terrain", avance André Éloi, directeur de la Fneap. Sa fédération regroupe 121 abattoirs de trois types : publics sous régie, publics en délégation de service public et privés prestataires de services. D’après M. Éloi, de nombreux abattoirs "repassent au public" en lien avec la demande croissante des circuits courts et de la restauration collective.

 

L'abattage mobile fait ses premiers pas

Une première bête a été abattue le 25 février, dans un caisson mobile en Loire-Atlantique, en présence des services vétérinaires. Contrairement à un abattoir mobile complet (installé dans un camion), le caisson permet de réaliser uniquement mise à mort et la saignée. La bête est ensuite transportée "en peau" vers un abattoir de proximité, où elle est découpée. Au niveau national, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne fait état d'au moins "20 à 25 projets d'abattage mobile en cours, à des degrés d'avancement divers". L'expérimentation de l'abattage mobile a été instaurée par la loi Egalim et est encadrée par la DGAL (ministère de l'Agriculture). "Le gros frein, c'est la technique", explique Nicolas Girod. Et côté économique, la rentabilité de l'abattage est encore "compliquée", reconnaît le porte-parole de la Conf, qui plaide pour "un appui politique et réglementaire".

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