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Stocker des céréales produites en agriculture biologique : Les pratiques à suivre

La collecte et la conservation des grains produits en bio à la ferme réclament la mise en place de mesures préventives afin d’écarter tout risque de développement des insectes ou la détérioration de la qualité des grains. Quelles règles observer pour éviter les complications au stockage ?

Dans une telle cellule sécheuse, le lot de grain peut être séché, puis refroidi et stocké si nécessaire.

Pour réaliser le stockage et la conservation des grains en bio dans de bonnes conditions, des mesures préventives et de surveillance sont à mettre en place tout au long de la chaîne qui va de la récolte à la livraison des grains. Afin d’écarter tout développement de moisissures ou d’insectes, le prénettoyage des grains est fortement recommandé afin d’optimiser la ventilation. De plus, les récoltes en bio recèlent de nombreuses impuretés ou adventices, ce qui impose le passage au nettoyeur pour rendre les lots commercialisables.

 

Préparer les installations

Le grain doit arriver dans des bâtiments propres. Les insectes nuisibles au stockage sont issus des installations de stockage (et non des champs). Les poussières et débris seront à récupérer avec un aspirateur et éliminer immédiatement. Le nettoyage des cellules sera réalisé à l’intérieur comme à l’extérieur des parois. Dans les cases à plat, il faudra veiller à éliminer tous risques de contamination par des traces d’huile, de terre, de gazole… Enfin, le nettoyage sera complété par une protection des locaux par un traitement à la terre de diatomées (SilicoSec) afin d’installer une paroi de protection contre les insectes. Il est également possible d’utiliser un autre produit en bio pour le traitement des locaux vides : le PROCrop S, solution prophylactique à base de bicarbonate de soude.

 

Réceptionner les grains

À la réception, les grains doivent être propres et échantillonnés. Le bon réglage de la moissonneuse-batteuse permet de réduire la proportion de grains cassés et d’impuretés dans la récolte. Parmi les éléments principaux, on veillera au bon réglage de l’écartement batteur-contre-batteur, la ventilation et l’ouverture des grilles supérieure et inférieure. La vitesse de rotation du batteur est le réglage qui a le plus d’incidence sur le taux de grains cassés. Afin de limiter les risques d’échauffements, il faut récolter les grains à maturité, sans vert, avec une humidité inférieure à 15 % pour les céréales et protéagineux et inférieure à 9 % pour les oléagineux. Le prélèvement d’un échantillon dans chaque remorque est à réaliser.

La température des grains doit être suivie et enregistrée. C’est l’indicateur majeur de la maîtrise de la qualité des grains pendant
la phase de stockage.

Nettoyer et trier les grains

La conservation des grains sera toujours améliorée par un nettoyage complet des grains. Le passage au pré-nettoyeur par aspiration permet d’éliminer les impuretés et coproduits légers. Un nettoyage abouti sera réalisable avec un nettoyeur séparateur (à grilles planes) ou un nettoyeur calibreur (à grilles cylindriques). Cette dernière catégorie d’appareil permet à la fois un bon débit et un bon nettoyage des grains. Cette opération de nettoyage des grains permettra d’améliorer l’homogénéité et l’efficience de la ventilation car les débris et impuretés constituent des freins à la bonne circulation de l’air dans les lots de grains. Parfois, pour certaines espèces, il est nécessaire de nettoyer en deux passages avec des grilles de dimensions différentes.

 

Sécher les grains si besoin

Si le grain n’est pas récolté sec, il est parfois nécessaire de sécher. C’est le cas pour le sarrasin ou le maïs, récolté souvent à des humidités supérieures à 20 %. D’une manière générale, en fonction de l’espèce à sécher et du débouché visé, on réalisera le réglage de la température de l’air chaud. Le blé tendre sera séché avec de l’air à 70-80 °C et l’orge brassicole ou les semences à 30-40 °C maxi. Dans les exploitations bio, plusieurs types de séchoirs se rencontrent : cellule sécheuse pour de grosses quantités, séchoir mobile ou encore séchoirs à recirculation fixes ou mobiles. Le pilotage du séchage des grains sera réalisé en prenant en compte la température de l’air de séchage, la température du grain (ou des airs usés) et les teneurs en eau du produit humide en début de séchage. Cette opération est essentielle pour contrôler l’humidité du grain car une teneur en eau du grain trop élevée augmenterait l’intensité de la respiration du grain.

 

Refroidir les lots de grains

Le refroidissement des grains est toujours une priorité car il permet de limiter la prolifération des insectes. Pour les grains récoltés naturellement secs, à maturité et nettoyés, la ventilation peut démarrer dès la récolte pour refroidir le grain, pendant les nuits. Il est impératif de faire descendre la température du lot à 20 °C, afin de diminuer le risque de développement d’insectes et d’allonger la durée de bonne conservation du grain. L’idéal est de ne ventiler que lorsque l’écart de température entre l’air extérieur et le grain est compris entre 7 °C et 10 °C. Le palier de ventilation doit se poursuivre jusqu’à ce que l’ensemble du grain soit à la température cible : couche supérieure du grain parfaitement refroidie en cellule. Un second palier de ventilation sera à réaliser à l’automne, pour descendre la température du grain à 12 °C. À cette température, tous les insectes se mettent en état de vie ralentie et plus aucun ne peut se reproduire. Pour du stockage de longue durée, un troisième palier peut être visé (5 à 8 °C) afin de maintenir le stock à une température inférieure à 12 °C jusqu’au début du printemps. Pour piloter efficacement la ventilation, l’installation d’un thermostat s’impose. Il permettra d’adapter la ventilation en fonction de l’offre climatique et contribuera à réduire la durée globale de fonctionnement de la ventilation. Deux modes de ventilation existent en pratique. La ventilation par air froid en surpression est utilisée en cellule, le front de refroidissement progressant du bas vers le haut. La ventilation par colonne, par dépression est pratiquée pour les stockages à plat en case. Dans ce cas, il faut attendre le remplissage complet de la case pour démarrer une ventilation. Enfin, la température des grains doit être suivie et enregistrée. C’est l’indicateur majeur de la maîtrise de la qualité des grains pendant la phase de stockage.

Stockage et tri du grain à la ferme

Lutter contre les prédateurs des grains

Contre les oiseaux, il existe plusieurs solutions : obturation des ouvertures, filets ou grillages à maille pour protéger les cellules et posés à la verticale. De plus les oiseaux préfèrent la lumière pour vivre et nicher. Un bâtiment assombri au maximum limitera les risques de nichée. Il est encore plus délicat de lutter contre les rongeurs, qui peuvent circuler dans et aux abords des installations et bâtiments. Obturer les orifices par des grilles et disposer aux endroits stratégiques des pièges et appâts disposés dans des boîtiers de protection. En cas de forte infestation, faire appel à une société de dératisation et rechercher, puis éliminer les cadavres. Pour un plan de dératisation, il faut enregistrer la date des visites de surveillance et le produit rodonticide utilisé.Pour lutter contre les insectes, une ventilation de refroidissement doit rester la règle de base. En bio, les solutions curatives sont très limitées et coûteuses. Si les mesures prophylactiques doivent constituer la base de la protection contre les insectes, il faut signaler l’existence de deux solutions insecticides autorisées en bio. Comme pour le traitement des locaux vides, le SilicoSec  (à base de terre de diatomées) peut être utilisé en traitement insecticide des grains de céréales. Le deuxième produit insecticide est le Topgrain, à base de spinosad, en traitement des grains stockés de céréales. Enfin, tout traitement doit être enregistré en renseignant la date, le produit et la dose utilisée.

Avertissement : la vigilance doit rester de mise au printemps, lorsque les grains se réchauffent, même si le stock a été exposé à une durée de froid importante (inférieur à 10 °C pendant au moins 3 mois).

 

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