Terra 30 août 2018 à 08h00 | Par Lionel Quéré, chambre d'agriculture de Bretagne

Matière sèche maïs : l'état des lieux en Bretagne

Des températures élevées et une pluviométrie globalement faible mais surtout très hétérogène sur la Bretagne auront créé des situations très contrastées.

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En Ille-et-Vilaine, certains secteurs ont reçu moins de 15 mm en juillet. En résulte dans certaines parcelles une absence d’épi sur certaines plantes, des épis à moitié remplis….
En Ille-et-Vilaine, certains secteurs ont reçu moins de 15 mm en juillet. En résulte dans certaines parcelles une absence d’épi sur certaines plantes, des épis à moitié remplis…. - © Terra

Les ensilages ont démarré vers le 20 août en Ille-et-Vilaine, notamment dans la partie sud-est du département particulièrement touchée par le temps chaud et sec qui sévit depuis la fin juin. Les maïs dans ces secteurs subissent la double peine : des plantes desséchées dès la mi-août et des épis mal remplis. La floraison précoce, entre le 10 et le 20 juillet selon les dates de semis, s’est déroulée en conditions de stress hydrique, que l’on sait à risque pour la bonne formation des grains.

 

Situations contrastées

Les pluies ne sont arrivées sur la Bretagne qu’entre le 27 et le 30 juillet, avec des grosses différences de cumul selon les secteurs, entre le sud Finistère bien arrosé et le nord et sud-est Ille-et-Vilaine où certains secteurs ont reçu moins de 15 mm en juillet. En résulte dans certaines parcelles une absence d’épi sur certaines plantes, des épis à moitié remplis… Les fortes températures de début août ont ensuite accéléré le dessèchement des plantes. Heureusement quelques pluies bénéfiques sont arrivées vers le 8 août. Un semis du 28 avril à Domalain (sud de Vitré) affichait déjà 33 % de matière sèche (MS) le 20 août !

Dans ces situations avec moins de trois feuilles encore vertes et peu de grains (moins de 1 500 grains/m²), l’ensilage est possible même si le grain est encore laiteux, car la plante ne fonctionne plus. S’il reste encore quatre à cinq feuilles vertes au niveau et au-dessus de l’épi, la plante est encore capable d’assurer les transferts vers le grain. On peut dans ce cas attendre l’apparition de la lentille vitreuse sur le grain pour ensiler. Un maïs ensilé très sec à plus de 35 % de MS sera plus difficile à tasser, il faut donc hacher plus fin (8-10 mm), et bien tasser. L’ajout d’un conservateur permettra de limiter les moisissures et les pertes.

Ailleurs en Bretagne, la situation est moins critique, grâce à des températures moins élevées et une pluviométrie plus généreuse. Quand on cumule 69 mm de pluviométrie entre le 1er juillet et le 24 août à Essé, sud Ille-et-Vilaine, on en comptabilise 125 mm à St Nicolas-du-Pelem ou 203 mm à Scaer en centre Bretagne. Les ensilages vont donc démarrer fin août sur les bordures côtières sud puis nord Bretagne, puis suivra le centre Bretagne. La période optimale de récolte débute alors pour des maïs à 31 % de MS jusqu’à 35 %. Les trois amidons vitreux, pâteux, laiteux sont alors répartis en trois tiers dans le grain.

 

 

On constate une grande hétérogénéité entre les parcelles. Les sols superficiels, à faible réserve utile, sont les plus pénalisés en lien avec les faibles précipitations (sauf orage localisé).
On constate une grande hétérogénéité entre les parcelles. Les sols superficiels, à faible réserve utile, sont les plus pénalisés en lien avec les faibles précipitations (sauf orage localisé). - © Terra

Suivi matières sèches maïs  : une nouvelle organisation se met en place

Afin d’optimiser le conseil aux agriculteurs sur l’ensemble du territoire breton, la chambre régionale d’agriculture de Bretagne revoit cette année ses modalités de suivi des matières sèches maïs réduisant ainsi le nombre de parcelles suivies.

Prévisions de dates de récolte

Sur le terrain, de nombreux acteurs proposent déjà des aides à la décision s’appuyant sur différentes méthodes. On peut ainsi citer l’analyse par infraliseur, l’analyse au champ derrière l’ensileuse… Ces mesures peuvent être réalisées sur plante entière, uniquement sur grain, sur trois pieds ou sur parcelle entière… La modélisation Arvalis offre un suivi des stades de maturité et permet d’estimer les dates de récolte.

Ces méthodes diverses, complétées par l’observation terrain, donnent des indications sur les évolutions de la maturité et l’écart à une année moyenne.

L’objectif de ce service de la chambre d'agriculture de Bretagne est d’appuyer les modèles existants par des observations au champ, ciblées dans certaines zones spécifiques. Cela permettra de couvrir l’ensemble du territoire régional et de disposer d’un suivi des évolutions et une anticipation précoce des dates de récolte. / Elisabeth Congy, chambre d'agriculture de Bretagne

 


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