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Depuis toute petite, je souhaite reprendre l’exploitation de mon père !

Le monde agricole doit relever le défi de transmettre la moitié des exploitations en l’espace de 10 ans. Heureusement, de nombreux jeunes motivés et déterminés sont prêts à relever ce défi. En effet, dans la classe de Marie Lemaitre, en deuxième année de BTS Acse (Analyse et conduite des systèmes d'exploitation) au lycée Dol-de-Bretagne, presque tous les élèves souhaitent reprendre l’exploitation familiale, à plus ou moins long terme. Le métier d’agriculteur attire toujours et ce n’est pas Marie qui vous dira le contraire !

Marie Lemaitre, étudiante en deuxième année BTS Acse, envisage de s'installer avec son papa sur l'exploitation familiale.

Marie Lemaitre, âgée de 19 ans, est originaire du sud de la Normandie, où elle a grandi, entourée des vaches laitières, des bovins viandes et des vergers cidricoles de son papa. Petit à petit, elle y découvre et apprend le métier d’agricultrice, elle se passionne pour les vaches laitières, et prend de plus en plus part à la gestion et aux soins du troupeau. "Mon papa délègue facilement et j’ai en charge la gestion de la reproduction", explique la jeune femme. C’est aussi "une élève brillante" comme le souligne Martial Le Page, professeur de gestion au lycée des Vergers, à Dol-de-Bretagne. Lorsqu’au collège elle envisage de se lancer dans des études agricoles, tout le monde ne le voit pas d’un bon œil. "J’avais des bonnes notes, certaines personnes trouvaient dommage de ne pas faire de grandes études". Pourtant, déterminée et passionnée elle n’a qu’une chose en tête, réaliser son rêve et reprendre l’exploitation familiale. "C’est mon choix", ajoute-t-elle fièrement. "Je me rappelle de Marie, lors de la porte ouverte…, une élève très déterminée avec un projet concret", ajoute Martial Le Page. Ses professeurs du lycée et sa maman, comptable, la poussent tout de même à poursuivre dans le général jusqu’à la terminale pour "assurer pour plus tard, d’éventuelles poursuites d’études". Son bac S en poche, elle s’oriente enfin dans ce qu’elle a toujours souhaité faire : l’agriculture. Son choix se porte sur le BTS Acse, une formation lui permettant d’acquérir des compétences en techniques de gestion et agronomique, nécessaires pour pouvoir s’installer.
À la fin de son BTS, elle envisage de rejoindre son papa et de devenir salariée. Puis, dans quatre ou cinq ans, au départ en retraite de celui-ci, elle souhaite reprendre la ferme et développer un atelier de transformation. C’est notamment lors d’un stage de huit semaines dans une exploitation près de Fougères, qu’elle découvre la valorisation du lait. Elle apprend la fabrication de crèmes fraiches, yaourts, fromages blanc… Un atelier qui lui plaît beaucoup, mais la jeune fille a la tête sur les épaules et est consciente de la charge de travail que nécessite un tel projet. Elle reste donc ouverte, et envisage plusieurs pistes pour allier "passion et rentabilité économique". Mais pour Marie, il n’y a pas que les vaches dans la vie, il y a aussi le théâtre et la musique. Une passion qu’elle partage en tant que DJ en animant des soirées près de chez elle.

 

Accompagner les jeunes à trouver leur voie

Des formations professionnalisantes

Martial Le Page, professeur depuis 1989 au lycée des Vergers à Dol-de-Bretagne, a vu défiler bon nombre d’élèves. Mais il l'assure : la motivation et l’intérêt pour l’agriculture n’ont pas baissé. L’enseignement quant à lui a évolué, "moins technique, plus transversal", il aborde tous les aspects techniques, économiques et financiers et prépare à la gestion d’une entreprise agricole, tout en prenant en compte aujourd’hui les grands enjeux qui bouleversent le monde agricole. "Très tôt dans notre établissement, nous avons incorporé des modules sur l’agro-écologie et comment produire autrement". "À leur arrivée, les élèves sont souvent très imprégnés par le système parental, notre rôle est de leur faire découvrir toutes les formes d’agricultures qui existent grâce aux différents stages qu'ils peuvent réaliser, et aux études de cas concrètes, chiffrées et partagées par des professionnels", explique Martial. "Ils pourront alors trouver le modèle qui leur correspond". "Nous disséminons des grains, qui germeront peut être plus tard et feront bouger les lignes" conclut-t-il.

 

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