Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Des Bretons à la poursuite des Blondes de montagne…

Six éleveuses et éleveurs bretons de vaches allaitantes du réseau des groupes de développement du Morbihan sont partis début septembre dans le pays de la Blonde d'Aquitaine, dans le cadre d’une formation-voyage d’étude, afin d’améliorer la conduite technico-économique de leur atelier viande. Ils ont passé trois jours dans le Béarn et le Pays Basque où ils ont rencontré des éleveurs spécialisés. Retour d'expérience.

Particularité de l'élevage transhumant de Christian : une finition "totale" des animaux produits, en contexte montagnard.

En arrivant, le groupe composé de trois agriculteurs d'Agir et trois agriculteurs de Sem'agri a été accueilli à Pau par des conseillers de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques et de Bovins croissance. Le département se situe entre le Golfe de Gascogne et les Pyrénées qui marquent la frontière avec l’Espagne. Le climat y est très humide, nous avons eu la surprise d’apprendre qu’il pleuvait autant qu’à Brest (1 800 mm par an dans la montagne basque), ce qui explique des prairies verdoyantes à rendre jalouses toutes les autres régions de France en cette année de sécheresse ! C’est un département d’élevage dans sa partie montagneuse, au sud.

 

Une viande bovine importante dans le département

La viande bovine est la première production agricole des Pyrénées-Atlantiques et représente 50 % des exploitations bovines de toute la région Aquitaine. Et bien entendu la Blonde d’Aquitaine y est ultra dominante à 96 %. C’est le premier département naisseur de France et le premier en vaches "maigres". Beaucoup d’éleveurs laitiers ont disparu au profit de la viande. La production bovine départementale est faiblement spécialisée, deux tiers des élevages sont en production complémentaire d’un atelier de cultures ou ovin.

Un partenariat intéressant a été créé entre la chambre d’agriculture, Bovins croissance, le GDS, un groupement de vétérinaires et des organisations de producteurs, pour accompagner les éleveurs au travers une démarche de chèque-conseil financé par le conseil régional Nouvelle-Aquitaine. Cette action a pour but d’améliorer la rentabilité des troupeaux allaitants. Cette démarche permet aux éleveurs de disposer de conseils de suivi adaptés à leur situation personnelle pour un coût intéressant (100 € à la charge de l’éleveur pour 7 visites sur 2 ans).

Repérer les éléments transposables dans son propre élevage.

 

Blonde d'Aquitaine

La station génétique de Denguin

À 30 km de Pau, nous avons découvert la station d’embryons d’Auriva qui dispose d’un troupeau de 140 bovins, réalise 16 programmes de sélection, produit 2 millions de doses et exporte de la génétique dans plus de cinquante pays. Cette station génétique produit 5 200 embryons in vivo avec 50 % de succès. Elle travaille notamment sur le génome "sans corne".

 

Faire rimer transhumance et performance, c'est possible

La balade au sommet du col de Marie Blanque a enchanté tous les participants, pas seulement à cause de la vue magnifique sous le soleil mais aussi grâce au témoignage de Christian, éleveur en Vallée d’Ossau. Il conduit son troupeau de 60 mères de façon très "saisonnée". Il réalise un groupage des vêlages sur l’automne dans un système transhumant où la fécondation du troupeau est interrompue en période d’estive (de juin à fin septembre). Sa stratégie alimentaire est basée sur l’autonomie. Les rendements en herbe sont de 8 tMS/ha (enrubannage, foin précoce et regain). La particularité de cet élevage est la finition "totale" des animaux produits, en contexte montagnard. Les génisses sont dressées pour la transhumance et l’éleveur est très attentif à la valorisation de qualités spécifiques des vaches (aptitude à la marche, solidité des sabots, transitions alimentaires). Nous avons été très impressionnés par les talents de "grimpeuses" des Blondes d’Aquitaine en montagne. Mais faire de la transhumance n’est pas de tout repos, cela nécessite beaucoup de surveillance (accidents, prédateurs).

 

La technicité mène à la performance

Cap sur le pays Basque pour la deuxième visite d’élevage. Ce Gaec mène un élevage mixte vaches allaitantes/brebis avec une grande technicité. L’organisation des deux ateliers est rythmée par les périodes de mise-bas groupées des brebis en novembre-décembre et les vêlages de 45 Blondes. La reproduction est très bien maîtrisée avec un écart de 365 jours en moyenne entre vêlages.

La particularité de cet élevage est une génétique à très forte croissance, les veaux atteignant un poids à 7 mois de 345 kg. Ainsi, la quantité de viande vive produite par l’atelier bovin est de 350 kg par UGB, ce qui est très fort pour un système broutards et est source de rentabilité.

L’éleveur recherche surtout la performance génétique (qualités maternelles en priorité).

Pour s’adapter au marché, le Gaec a entamé une démarche de diminution des poids de carcasse (620 kg) et la vente se fait à des bouchers avec un label local sans OGM.

 

Blonde d'Aquitaine

La passion de la Blonde, de père en fils

La dernière visite d’élevage a été réalisée près de Bayonne, toujours au cœur du pays Basque, dans un élevage qui perpétue la passion familiale pour la génétique de la race Blonde d’Aquitaine. Sélectionneurs reconnus, le Gaec Bizi-Nihi a un atelier de 120 vaches. L’âge moyen du troupeau est inférieur à 5 ans avec un taux de renouvellement de 33 %.

Les éleveurs ont des contraintes spécifiques aux coteaux basques avec un parcellaire très contraint (topographie, pentes, morcellement) et limitent les parcelles de maïs aux meilleures terres. Le coût alimentaire est relativement élevé avec de l’achat d’aliment.

L’excellence génétique est la source des trois valorisations des produits. Le prix moyen du kilo vif vendu est de 3,4 € en moyenne. La commercialisation est réalisée :

- en boucherie très haut de gamme pour une quarantaine d’animaux ;

- à l’export pour une quarantaine de broutards de 290 kg destinés aux ateliers italiens haut de gamme ;

- sur le marché des reproducteurs : grâce aux classements de l’élevage aux différents concours régionaux et nationaux qui assurent la promotion des produits en France et à l’étranger.

En termes d’innovations, le Gaec a investi dans un "tracker" photovoltaïque et un brumisateur sur cornadis.

Cet élevage ainsi que les deux autres visités participent régulièrement à des journées techniques ou des formations de Bovins Croissance afin de développer leurs compétences.

Aller voir "ailleurs" est très enrichissant et permet de relativiser les contraintes locales.

 

Quel bilan de ce voyage ?

Ce voyage a été réalisé dans le cadre d’une formation agréée par le Vivéa. L’objectif était d’aller chercher ailleurs des clés de réussite qui sont utilisées avec efficacité et, ensuite, que chaque participant puisse les adapter à son contexte d’exploitation. Après un premier voyage réalisé par ce groupe auprès d’éleveurs de la Creuse en 2017, qui leur avait permis de découvrir des systèmes allaitants de type "veaux sous la mère" et vente directe, ce second voyage s’inscrivait dans les mêmes objectifs : améliorer l’efficacité technico-économique de son système en repérant les éléments transposables dans son propre élevage. Une dernière journée de formation aura lieu avec la conseillère spécialisée "viande" de la chambre d’agriculture de Bretagne afin de réfléchir aux améliorations possibles dans les élevages des participants à partir des élevages visités. Toujours est-il que le fait d’aller voir "ailleurs" est très enrichissant et permet de relativiser les contraintes locales.

 

 Blonde d'Aquitaine
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Sarah Le Quer, installée à 24 ans
En octobre 2017, à 24 ans, Sarah Le Quer rejoint l’exploitation laitière familiale et s’associe avec son père. Un choix pesé,…
L’exosquelette entre en salle de traite
À la ferme expérimentale de La Blanche-Maison à Pont-Hébert dans la Manche, on teste depuis le 25 octobre l’exosquelette, un…
"Nous allons passer ce cap difficile, développer notre stratégie, accompagner l'agriculture"
Quelques jours après une grève des salariés qui a marqué les esprits, et à quelques jours des sessions chambre départementales,…
Vignette
Le P'tit gallo sur le chemin de l'autonomie énergétique
À Montreuil-le-Gast, la ferme du P'tit Gallo a fait son trou dans le paysage local. Après des débuts "un peu galère", quand il s'…
Vignette
Maïs grain, semis de céréales : la pluie retarde les chantiers
Si la pluviométrie record du mois d'octobre n'a pas trop affecté les chantiers d'ensilage de maïs, la récolte du maïs grain et…
"Notre métier, c’est de cultiver le sol, un sol biologiquement plus actif"
Régénérer le sol pour doper sa fertilité est la clé de l’agriculture dite de conservation. Toute une semaine lui était consacrée…
Publicité