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Les halles à pans de bois du XVIe siècle à Plouescat, ont encore fière allure !

Les halles de Plouescat, les seules à pans de bois du Finistère, ont retrouvé une seconde jeunesse depuis leur rénovation, en 2012. Si elles n'abritent plus de drapiers ou de sauniers, comme lors de leur construction, elles donnent du cachet au centre bourg. Et accueillent aux beaux jours festivals et foire à la brocante.

Initialement en ardoises, les pignons ont été refaits en châtaignier lors de la dernière restauration, en 2011-2012.

Solidement plantées en plein cœur du bourg de Plouescat, à deux pas de l'église, les halles ne manquent d'attirer ni l'œil ni la curiosité. Et les visites flash, organisées une fois par semaine à la belle saison, rencontrent toujours un franc succès ! "En Bretagne, il ne reste plus que trois halles à pans de bois", rappelle Sylvie Paugam, guide-conférencière en charge des groupes à l'office de tourisme.

 

halles de Plouescat

Les plus anciennes de Bretagne

Si en Morbihan, celles du Faouët et de Questembert, avoisinant les 900 m², sont nettement plus impressionnantes, les halles de Plouescat, les plus anciennes, ont été construites au XVIe siècle par le baron de Kérouzéré. Châtelain à quelques kilomètres de là, il possède la majorité des terres de Plouescat et érige ce bâtiment dans un double but : si les halles abritent un marché couvert, une chambre, à l'étage, sert à rendre la justice. Une chambre dont il ne reste plus rien aujourd'hui mais les trous dans les solives indiquent qu'elles portaient un plancher. Et de très vieilles cartes postales montrent une fenêtre au pignon et des ouvertures dans la toiture. "À l'opposé de cette chambre, une autre pièce devait servir à stocker le blé".

S'il n'y a pas d'archives remontant à la création des halles, il y a fort à parier que, comme dans le autres places de marché, on y retrouvait boucher, drapier, cordier, saunier... "Et avant la Révolution, il s'y vendait déjà des légumes, rajoute Sylvie Paugam. Une plaque de cuivre, datant de 1758, fait état des droits perçus aux marchés et foires, pour des choux, panais, oignons, poireaux, fèves...".

Avant la Révolution, il s'y vendait déjà des légumes.

halles de Plouescat

300 m2

Avec ses 300 m² de surface couverte, la halle, bâtie comme une église, avec nef et bas-côtés, compte 40 poteaux en chêne. Provenant
probablement du domaine de Kérouzéré, ils sont posés sur des dés de granit, pour éviter leur pourrissement. Autrefois, les marchands déployaient leurs étals dans les bas-côtés, les acheteurs circulant au centre. "Et les bancs étaient disposés dans le sens longitudinal,
fait observer Sylvie Paugam. Ce n'est que récemment qu'on les a disposés en carré". Le pavement des halles, lui, date des années 1970. "Avant, le sol était en terre battue". Et des plots de granit sont venus s'intercaler entre les piliers, "pour empêcher les voitures de rentrer se garer à l'ombre".

 

halles de Plouesca

Faire place nette

Vendues à un particulier comme bien national à la Révolution, les halles sont rachetées par la municipalité en 1822 et servent tour à tour de salle municipale ou de salle de classe. Entre les deux guerres, la production légumière se développe et les marchés prennent de l'ampleur, au point que les charrettes, remplies de choux-fleurs, ne trouvent plus suffisamment de place. En 1932, pour faire place nette, la municipalité demande alors le déclassement des halles, classées aux Monuments historiques depuis 1915. Une demande à laquelle s'opposent fermement les Beaux arts !

Les derniers travaux d'envergure, en 2011-2012, ont rÈservÈ quelques surprises !

 

halles de Plouesca

Restaurées en 2012

Souffrant des outrages du temps, l'édifice a été restauré régulièrement : reprise de la toiture en 1916, réfection des pignons en 1953, réparation de 13 piliers en 1997, remplacement de deux autres en 2003... Les derniers travaux d'envergure, en 2011-2012, ont réservé quelques surprises ! "Comme les maisons à pans de bois, la halle était peinte en rouge-ocre, avance Sylvie Paugam. Une fois les poutres décrassées, la couleur est réapparue par endroits".

La restauration a conservé, autant que faire se peut, les éléments d'origine. "Cinq poteaux ont dû être remplacés, 30 % des chevrons ont été changés, 50 % des pannes et la quasi totalité des sablières. Et la volige, en châtaignier, a entièrement été remplacée par du sapin. C'est peut-être moins esthétique mais bien plus pratique : les clous des ardoises s'y enfoncent plus facilement".

Autre changement de taille : sur les pignons, l'ardoise d'origine a été remplacée par un bardage en châtaignier, "un choix esthétique" de Marie Suzanne de Ponthaud, architecte en chef des monuments historiques. La faîtière a, elle aussi, été changée. Et la couverture entièrement reprise. "On ne trouve plus d'ardoises des Monts d'Arrée, depuis la fermeture des carrières de Sizun et Commana, en 2006. Heureusement que les monuments historiques peuvent bénéficier de la réserve". Et si le marché se tient tous les samedis autour des halles, ces dernières reprennent du service aux beaux jours pour accueillir le festival des jeux, le festival de jazz et la foire à la brocante.

halles de Plouescat
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