Aller au contenu principal

Libérer la parole… libérer les énergies

Philippe Cherdel, FDSEA 22.

Si une expression restera de l’année 2020, c’est bien "garder le masque". Avoir un cap sanitaire rigoureux est indispensable, mais les gestes barrières ont cependant quelque chose de pervers : garder le masque, appliquer la distanciation sociale peut conduire d'aucuns à s’isoler. On parle même de repli, de peur de l'autre, de résignation, d’abandon, .... Garder le masque, oui, ... mais libérer la parole, d'abord pour dénoncer l’hypocrisie. La bataille du pouvoir d’achat, aussi légitime soit-elle, ne doit pas se faire sur le dos des producteurs. Quand on voit du lait bio à 0,70 € le litre, remise carte comprise, de qui se moque-t-on ? Outre la non rémunération du producteur, c’est un déni de la qualité et de la valeur de l’alimentation. À l’État, les EGA ne sont plus dans leur phase d’apprentissage !
Libérer la parole pour interpeler nos partenaires. La reprise de Ronsard par LDC est une opportunité pour la filière et la région. Certes, des décisions devaient être prises mais l’euphorie et les propos étaient les mêmes il y a une décennie lors de la vente de Socopa. Qu’en est il de la considération des producteurs ? Beaucoup d’assemblées générales de nos coopératives ont été décalées à cet automne. Même dans des conditions particulières, elles restent le moment unique et privilégié pour interpeler, comprendre et agir.
Libérer la parole pour dénoncer l’inacceptable. Les mutilations d’animaux et autres comportements d’opposition à notre activité pourtant exercée dans un cadre règlementaire doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et sans équivoque des pouvoirs publics.
Libérer la parole pour exprimer notre opinion. Les débats publics sur l’agriculture foisonnent. ImPACtons, DN7, RIP, … Faisons entendre notre voix de premiers concernés par ces dossiers et ne laissons pas les fossoyeurs de notre activité économique s’emparer de notre avenir et creuser notre tombe. Le débat est normal et nécessaire. Il doit être constructif.
Libérer la parole pour dénoncer les incohérences. Les accords internationaux ne doivent pas générer de distorsions vis-à-vis des producteurs français. Les marchés publics doivent intégrer des clauses de réciprocité.
Libérer la parole pour montrer nos savoirs-faire et forces. Stockage du carbone, production énergétique, fourniture d’une alimentation saine et variée, les agricultures sont pleinement engagées dans ces enjeux.
Libérer la parole pour sortir d’une spirale de résignation et de repli. Soyons fiers de notre métier, créateur de richesse. A l’Etat, l’enjeu de souveraineté alimentaire repose sur un soutien clair et affirmé à l’acte de production dans toute sa diversité.
Libérez les énergies à l'heure du plan de relance. L'agriculture y est intégrée. Sachons l'utiliser en particulier pour tous ceux lourdement impactés par le confinement. Rappelons néanmoins que la transition agro-écologique n’aura de sens que si les préalables sont respectés à savoir une juste rémunération des producteurs.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Une démarche RSE comme moteur du changement ?
Une démarche RSE peut elle être un moteur du changement ? C’est le pari que veut faire le Crédit Agricole des Côtes d’Armor qui a…
Forestiers : comment restaurer le dialogue avec la société ?
Si les citoyens apprécient la forêt, symbole de nature préservée, et le bois matériau, pour se chauffer ou se meubler, ils sont…
Des moissons compliquées par une météo pluvieuse
Depuis le 14 juillet le beau temps était reparti permettant aux moissons de démarrer enfin après un épisode pluvieux record. Sur…
La filière porcine en plein doute
Dans une lettre ouverte à Julien Denormandie, la première coopérative porcine de France explique son projet de quitter ATM (le…
Locus Solus, la petite maison d’édition qui monte...
Créée il y a maintenant neuf ans, Locus Solus se fait peu à peu sa place dans le monde de l’édition, à raison de 40 à 45 ouvrages…
Se lancer dans l’inconnu oui mais... avec des partenaires que l’on connaît bien !
Installés depuis quatre ans, Myriam et Vincent Labbé, ont repris deux élevages sur la commune de Plenée-Jugon (22). Leur objectif…
Publicité