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"Ne pas laisser brader l’agriculture"

Rester compétitifs, voilà l’enjeu dans un contexte mondial et européen hyper concurrentiel. La respiration que donnent, en porc, des cours meilleurs pourrait le permettre. C’est le vœu formulé jeudi dernier à Caudan (56) lors de l’AG de l’UGPVB, union qui fédère 28 organisations de producteurs, soit la moitié de l’élevage en France.

À la tribune pour l’assemblée générale de l’UGPVB, Guillaume Roué, Philippe Bizien, Michel Bloch, président, Jacques Crolais et Bernard Rouxel.

"Moins 5,4 % de viande fraîche en un an". La consommation a baissé en France, en porc mais pas que, en viande bovine aussi, de près de 1 % l’an passé. "On a perdu 200 000 vaches allaitantes en France en trois ans", présentera Philippe Dagorne, président de la section bovine. "La production résiste car elle est peu endettée, on temporise en décapitalisant au fil du temps", déplore-t-il du baromètre de l’élevage bovin que reflète les différentes sections de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne.

L’œuf coquille se porte bien avec une croissance de près de 2 %. Dans ce marché où la cage représente encore 44 %, "grande perdante avec mois 6,7 %", l’alternatif poursuit son envol. "19 % en bio, ça prend de l’ampleur, on a connu une petite crise au printemps 2019 pour les faire valoir, ça s’est amélioré", dresse le nouveau président de la section, Éric Guelaff.

PPA, une situation inédite. On va vers un déficit mondial considérable qui aura des conséquences sur toutes les viandes avec un renchérissement du prix de la protéine

otation à la hausse

Reste en porc une conjoncture qui s’améliore avec une cotation au MPB à plus de 1,7 euro le kilo et les 2 euros atteints en Allemagne. Une opportunité face à l’enjeu de compétitivité pour Michel Bloch, président de l’UGPVB, qui invite à "investir massivement en modernisant les élevages".

Les cours sont dopés par la demande chinoise, pays qui a vu sa production s’effondrer avec l’introduction de peste porcine africaine. Cette maladie va s’étendre. "Une situation inédite. On va vers un déficit mondial considérable qui aura des conséquences sur toutes les viandes avec un renchérissement du prix de la protéine", prévoit Guillaume Roué. Face à cette épisode sanitaire,
véritable épée de Damoclès, l’application stricte des mesures de biosécurité est indispensable "pour être crédibles face à une politique de régionalisation qui n’est pas aboutie".

 

"Nous sommes spécistes"

Une inquiétude, ce n’est pas la seule pour ces éleveurs. Face à réforme de la PAC qui se profile, Michel Bloch, est clair, "la gestion du 1er pilier doit rester à l’État" et doit conforter les AOP "pour donner plus de pouvoir de marché aux producteurs", grands perdants. Car le rapport de force que la loi Egalim était sensée rééquilibrer, "s’est mis en place au profit de la distribution".

Inquiétudes encore face à l’agribashing, l’antispécisme et les intrusions "traumatisantes. Nous sommes spécistes", appuie-t-il poursuivant sur "le cynisme du discours environnemental ne ciblant les contraintes que sur les seuls agriculteurs", qu’a déploré Michel Bloch invitant l’économiste Bruno Durieux (lire encadré) à livrer son analyse sur les raisons de la montée en puissance de l’écologie.

 

L'UGPVB en chiffres

3 sections,
8 organisations de producteurs,
5 OP bovins : 6 800 élevages près de 100 000 bovins mis en marché en Bretagne,
10 OP porcs : 5 694 élevages plus de 16 millions de porcs (charcutiers et réformes) mis en marché en Bretagne,
12 OP œufs : 655 producteurs sur le grand-Ouest et 6,3 milliards d’œufs commercialisés soit 43,5 % de la production française dont plus du quart en œuf alternatif.

 

Point de vue... de Bruno Durieux, économiste : "L'écologisme, une idéologie politique"

 

UGPVB

"Pure idéologie que l’écologisme, contre l’humanisme ! Il va falloir choisir entre croissance économique et régression", prévient d’emblée Bruno Durieux, disséquant les fondements de sa réflexion. Une chose est sûre pour cet économiste ancien conseiller de Raymond Barre (90-92), qui vient de publier  "Contre l’écologisme", trouvant dans l'auditoire des oreilles attentives à ses thèses : "L’écologisme est une idéologie, un militantisme très différent de l’écologie qui est une science sérieuse, indispensable et rigoureuse. L’écologisme est un anticapitalisme qui condamne l’économie de marché et la libre entreprise". Pour lui, "la chute du communisme a libéré un énorme espace où triomphe le capitalisme marchand". Face au vide politique laissé par la fin du communisme, "il n’y a plus que l’écologisme opposé au capitalisme. C’est une politique de fond et une critique idéologique de notre organisation économique et sociale". Un écologisme aux réponses "malthusiennes qui prône la décroissance avec des victoires : le principe de précaution, l’obsession du climat, le retrait du nucléaire, la sanctuarisation de la biodiversité, le non-OGM, la fin des pesticides...".

Pour lui, la décroissance "c’est l’appauvrissement. Ceux qui en parlent veulent sortir du régime libéral". Or il estime que ceux qui défendent le mieux l’environnement sont les pays prospères et libéraux. Et la demande sociétale d’une meilleure prise en compte de l’environnement "est le fait de la prospérité et de la paix de nos sociétés libérales. Vous devez y répondre car le capitalisme marchand, régulé, génère des ressources pour la satisfaire", estime-t-il, encourageant : "vous faites énormément de progrès en agriculture", et atterré "du déséquilibre entre les attaques idéologiques ultra-médiatiques et vous". "C’est une période pénible. Pour la décennie à venir, faites le dos rond, restez compétitifs. Mais il y a de la communication de riposte à mener. Passez à l’offensive pour faire comprendre que si les gens ont cette qualité dans leur assiette, c’est grâce à vous".

 

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