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Plan de relance : vers une reconquête de notre souveraineté alimentaire ?

Didier Lucas, président de la chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.

Il y a bien longtemps qu’un ministre de l’Agriculture n’avait pas affiché une ambition claire pour l’agriculture. Il aura fallu que le pays soit mis en quarantaine - cause de crise sanitaire sans précédent provoquant le risque de pénurie alimentaire et déstabilisant toute une économie - pour que le gouvernement réfléchisse à un plan de relance adossé à une enveloppe d’1,2 milliard pour l’avenir de son agriculture. Trois axes sont définis pour que l’agriculture puisse poursuivre ses évolutions, insérés dans le volet écologie (fait du hasard ou volontaire ?) : l’accélération de la transition agro-écologique, l’accompagnement de l’agriculture et de la forêt dans l’adaptation au changement climatique et le troisième, qui apparaît comme prioritaire, la reconquête de l’indépendance alimentaire et la préservation des agriculteurs. L’indépendance alimentaire de la France serait-elle compromise ?
Le ministre de l’Agriculture se veut rassurant. A Rennes le 16 septembre à l’occasion du Space, Julien Denormandie a affirmé que ce plan de relance est une occasion de relever les défis de l’agriculture et de développer la consommation de produits frais français. Souhaitant ainsi donner un "boost" à nos éleveurs, nos agriculteurs, et sortir de nos dépendances. Ce plan de relance doit donc structurer de nouvelles visions pour le monde agricole et permettre d’aller encore plus loin dans la réflexion, l’innovation, la modernisation et les stratégies déployées pour que les nombreuses évolutions, déjà engagées, se poursuivent et que le pays sorte de ses dépendances agricoles et alimentaires.
Même si aujourd’hui peu d’entre nous en connaissent tous les contours, ce plan de relance n’est peut-être pas parfait, mais il est un signal fort en faveur de l’agriculture française, qui s’ajoute aux aides européennes.
C’est pourquoi, un maximum d’agriculteurs bretons doit pouvoir y être éligibles et en tirer les atouts nécessaires à la pérennité de leur exploitation. La relève de nos agriculteurs, garants de cette souveraineté alimentaire si chère à notre ministre, est la condition pour permettre cette diversité agricole et un volume de production nécessaire à la consommation de produits locaux et à l’exportation.
Ce plan de relance reprend des éléments portés par les chambres d’agriculture dans leur projet stratégique mais aussi les propositions affichées de sortie de crise en mai dernier. Ne réduisons pas l’espoir que les agriculteurs pourraient avoir dans ces nouvelles mesures de soutien à un effet d’annonce. Nous, responsables des chambres d’agriculture de Bretagne, avons la mission et le devoir de les accompagner et de les conseiller dans leurs choix.

"Notre alimentation est notre premier médicament", telle était la conclusion du ministre lors de sa venue au Space. L’agriculture française reconnue la meilleure au monde doit bénéficier d’un soutien politique exceptionnel de la part du gouvernement. Ne laissons pas les artisans de notre santé mourir silencieusement faute de reconnaissance et de prix rémunérateurs.

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