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À Pleyber-Christ, la SCEA Corbel passe de l'œuf cage à l'œuf alternatif

À la tête d'un élevage de 150 000 poules pondeuses en cage à Pleyber-Christ (29), Annick et Alain Corbel ont décidé de passer à l'œuf alternatif en moins d'un an. Si certains bâtiments ont pu être rénovés, ils viennent d'inaugurer une volière flambant neuve, prévue pour 40 000 pondeuses plein air, qui disposeront de deux jardins d'hiver et d'un parc de 16 ha.

"Au 15 septembre, nous avions 150 000 poules pondeuses en cage. Au 15 novembre, nous en aurons 90 000 en plein air et 60 000 au sol. Et 28 000 supplémentaires au sol en mai 2019", explique Alain Corbel, gérant avec son épouse Annick de la SCEA Corbel, à Pleyber Christ. Les travaux ont été menés tambour battant. "En moins d'un an, nous aurons conduit de front les chantiers de rénovation et de construction". Des changements auxquels l'éleveur est habitué. "Je me suis installé en 1991. Et j'en suis déjà à six mises aux normes".

 

En phase avec les attentes des consommateurs

Cette fois, c'est pour "être en phase avec les attentes des consommateurs" qu'Alain Corbel a décidé d'abandonner l'œuf cage. "Pourtant, nos derniers investissements dataient de 2012 seulement". Inauguré la semaine dernière, leur nouveau bâtiment a été érigé de l'autre côté de la route, à distance du site historique de l'exploitation. "Un atout d'un point de vue sanitaire", estime l'éleveur. Et une obligation pour de l'œuf plein air, très gourmand en surface. "Ici, les poules auront accès à un parc de 16 ha", souligne Philippe Le Page, responsable commercial avicole Sanders.

Allemagne, Pologne, Pays-Bas... : avant de construire leur bâtiment neuf, Alain et Annick Corbel n'ont pas hésité à aller voir ailleurs. "Il faut apprendre des erreurs et des réussites des uns et des autres". Et ils ont rapidement arrêté leur choix. "Je voulais des fientes évacuées du bâtiment, indique Alain Corbel. Ça évite les mouches, les problèmes de fuite d'eau. Et il y a nettement moins de travail lors du vide sanitaire". Pré-séchées dans le bâtiment, les fientes sont ensuite stockées sur fumière, dans un bâtiment de 300 m². "Et les fientes sèches sont bien valorisées, rajoute Philippe Le Page. Il y a une réelle demande".

 

Un suivi plus facile des poules

Construit en quatre mois et demi, le bâtiment, long de 122 m, large de 24 m, abritera 39 500 poules, qui disposeront aussi de deux jardins d'hiver, au bardage en tôle perforée. La porte ouverte, "une façon de rendre la pareille, après tous nos déplacements" aura permis aux nombreux visiteurs de découvrir la volière Fienhage. "À deux étages, elle permet de travailler à hauteur d'homme et de rendre plus facile le suivi au quotidien des animaux", indique Alain Corbel. "Fermés la nuit, pour éviter que les poules n'y dorment, les nids s'ouvrent avant que la lumière ne s'allume", indique Philippe Le Page. De nombreux perchoirs sont installés ça et là, y compris au-dessus des mangeoires. Les poules disposent aussi d'échelles pour accéder au niveau supérieur. Et le plancher incliné amène les œufs vers le tapis, facilitant d'autant le travail quotidien. Dans une pièce attenante, l'emballeuse Moba est capable de traiter 36 000 œufs/heure. Et un palettiseur se charge ensuite des plaques, supprimant toute manutention. "Hors foncier, l'investissement se monte à 36 €/poule", calcule l'éleveur.

Sur le site principal de l'élevage, six trackers photovoltaïques fournissent l'élevage en électricité. Et alors qu'en cette belle matinée, le soleil brille généreusement, "100 % de l'électricité consommée en ce moment est produite ici, indique Alain Corbel, qui estime pouvoir économiser 60 % sur ses factures. En production d'œuf, les besoins en électricité sont plus importants sur la journée".

 

Accompagner les éleveurs

La SCEA Corbel a aussi profité de ce changement de mode de production pour revoir la commercialisation de ses œufs. "Jusqu'à présent, nous étions sur le marché libre. Désormais, nous sommes sous contrat avec Sanders, Matines pour l'œuf coquille, Ovoteam pour l'œuf liquide, ce qui nous donne une visibilité à long terme".

"Sanders Avril accompagne les producteurs dœufs en cage qui souhaitent passer à l'œuf alternatif, ainsi que ceux qui veulent démarrer cette production", affirme Philippe Le Page. "C'est un nouveau métier", confirme Alain Corbel. Installés au début des années 60, ses parents avaient abandonné les poules au sol, "notamment pour des problèmes de ponte au sol". Mais depuis, les choses ont bien changé. "Toutes les poulettes sont élevées en volière, où elle apprennent à voler, se percher, boire et manger en hauteur, détaille Philippe Le Page. Passés les premiers jours, où elles doivent s'habituer à leur nouvel environnement, tout rentre dans l'ordre et il y a très peu de ponte au sol".

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