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Vivement 2021 !

Agnès Kerbrat, commission régionale des agricultrices FRSEA

Cette année 2020 arrive à son terme : année compliquée voire douloureuse pour certains d’entre nous avec une crise sanitaire et des confinements qui laisseront des traces pour nos familles, pour nos enfants. Difficile d’en mesurer encore les conséquences humaines et psychologiques.
Nous, agricultrices et agriculteurs, avons sans doute été un peu
"privilégiés". Nous n’avons pas été enfermés. Nous avons, pour la plupart, poursuivi notre activité, mais parfois de façon plus intense. Nous n'avons pas vraiment le choix avec le travail avec du vivant, mais avec des incertitudes fortes sur nos revenus.
La plupart des filières ont réussi à relever le défi pour adapter les productions aux marchés. Soyons fiers : la France n’a pas eu faim. C’est grâce nous et à ceux qui nous entourent, amont, aval, solidairement. Notre situation économique reste pourtant tendue malgré tous les efforts fournis. Elle est même critique pour certains secteurs qui nous sont proches comme la restauration, et certaines filières agricoles, qui ne font pas beaucoup de bruit mais sont durement touchées. Je pense tout particulièrement à ces activités où les femmes sont nombreuses : agritourisme, fermes équestres, ou certaines "petites filières" qui doivent être accompagnées pour permettre la poursuite de leur activité dans de bonnes conditions.
Nos retraités vivent aussi cette année difficilement, partagés entre désir de se retrouver et crainte de s’exposer. Saluons un de leurs combats abouti cet été : la loi qui va permettre de revaloriser les pensions minimales des chefs d’exploitation à carrière complète de 75 % à 85 % du Smic. Une victoire mais qui ne concerne pas l'ensemble des personnes ayant une carrière agricole, et notamment les conjoints collaborateurs et aides familiaux. Les retraites des agricultrices resteront pour beaucoup à un niveau indécemment bas ! Bataillons encore pour que l'ensemble de la carrière agricole soit prise en compte.
Notons que les évolutions techniques, appréciées sur nos exploitations pour faciliter les tâches et soulager nos corps, sont venues au secours de nos relations sociales mises à mal avec la crise. Apéros à distance pour certains, visio-conférences, webinaires… après un temps d’adaptation, le maintien de moments conviviaux et de réflexions collectives ont été possibles sans risque sanitaire… et en économisant du temps et du carbone ! Ces nouvelles pratiques nous amèneront certainement à des réflexions pour la suite.
Les fêtes approchent : elles seront différentes cette année mais adaptons-nous encore une fois pour pouvoir en profiter. Espérons ensuite que l’arrivée du vaccin tant attendu nous permette de tourner rapidement la page et que tous ces beaux messages d’amour envers le monde soignant puis les paysans, les artisans, les commerces locaux, les restaurateurs… ne soient pas oubliés.

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