Terra 13 juin 2019 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Baisse des phytos, avancer en groupe

Depuis plus d’un an, les 18 membres du groupe Ecophyto des 30 000 du GVA de la Terre aux îles, travaillent, pas à pas, à réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Après des actions sur le maïs, place aux céréales avec visite d’une plate-forme d’essais, le 4 juin dernier à Inzinzach-Lochrist.

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Rendez-vous cette fois ci autour des céréales et une plate-forme variétale pour les membres du groupe Ecophyto 30 000 du GVA de la Terre aux Iles à Inzinzach-Lochrist.
Rendez-vous cette fois ci autour des céréales et une plate-forme variétale pour les membres du groupe Ecophyto 30 000 du GVA de la Terre aux Iles à Inzinzach-Lochrist. - © Claire Le Clève

 

 

"Partir avec l’idée de réduire, et si ça ne fonctionne pas, s’autoriser à revenir", résume de son aspiration l’un des éleveurs du groupe réuni en ce mardi 4 juin devant une parcelle de blé. Elle a été semée le 8 novembre dernier après haricots, à densité de levée de 270 à 290 gr/m².

Plate-forme variétale en test

Baisser l’utilisation de produits phytosanitaires, la motivation est là mais le chemin pour y parvenir n’est pas si évident. "On passe pour des bandits dès qu’on sort le pulvé alors qu’il y a de gros efforts de faits", s’insurge un autre. La pluie reste discrète durant l’heure et demie où le groupe échange et suit les tracés laissés par les roues du tracteur. Denis Lebossé, conseiller agronomie de la chambre d’agriculture les accompagne dans leur démarche. Les 15 placettes sont parcourues avec pour chacune détail de la variété de blé, dont trois sont en mélange, avec, après désherbant, 8 stratégies d’application ou non de fongicides testées. "Ce sont des produits qui tuent les champignons. Avec une application moindre, est-ce qu’on ne préserverait pas plus la vie biologique du sol en déplafonnant les rendements ? C’est une question que l’on se pose dans le groupe phy-Ècophyto de Questembert créé en 2011", témoigne Clarisse Boisselier, également agronome de la chambre d’agriculture, venue rendre compte des étapes de réflexion et du parcours suivi par le collectif qu’elle accompagne depuis huit ans, "pour que vous bénéficiez de l’expérience acquise".

De trois à une application de fongicides

Et ce n’est pas rien. "Il y a 8 ans, ils partaient de 3 applications de fongicides et d’un régulateur sur céréales. Aujourd’hui, c’est zéro régulateur et un fongicide. Mais attention cela concerne des systèmes robustes en s’assurant que cela marche avec des leviers", insiste-t-elle, soulignant la diversité de profils d’éleveurs "et dont chacun s’est fixé ses objectifs, suivant son exploitation, ses attentes, ses besoins, avec ses règles de décision. Ce n’est pas le technico qui décide". Des décisions établies en toute autonomie avec des choix assumés, justifiés. Un système robuste, c’est avant tout un choix variétal "résistant à la fusariose car je vous rappelle que le levier chimique au bon moment ne suffit pas et donne un résultat, avec au mieux 60 % d’efficacité". Et la plate-forme variétale installée devrait apporter au groupe du GVA de la Terre aux Îles, de bonnes indications. C’est aussi de la surveillance du risque, "allez dans vos champs, souvent".

Actionner les leviers

C’est encore un semis pas trop dense (220 à 250 plants/m² sortie d’hiver) et une date de semis, "plutôt tardive. Sur les maladies foliaires, plus on retarde, moins c’est maladif". C’est aussi un apport d’azote raisonné : "car plus on a de densité foliaire, plus il y a risque de transmission de maladies telles l’oïdium ou la septoriose. Avec le groupe de Questembert, il n’y a pas de 3 me apport d’azote car il n’est pas valorisé en terres séchantes", détaille Clarisse Boisselier de la stratégie adoptée avec au final, des rendements de 80 qx/ha, très satisfaisants. "Aller chercher les deniers quintaux, c’est comme aller chercher les derniers litres de lait, ça coûte cher". Mais en cas de rouille jaune : "on réagit, on traite". "Plus on fait jouer de leviers moins la réduction de phyto est risquée", assure l’agronome qui insiste sur une évolution qui s’est faite par étape et l’aspect humain, "est déterminant, c’est ça qui a fait le déclic. Ils y sont arrivés. Sur la rotation la plus consommatrice, maïs/céréales, ils ont réduits de 45 % à 70 % l’indice de fréquence des traitements, hors herbicide par rapport au départ".

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

 

" Plus on fait jouer de leviers moins la réduction de phyto est risquée"
" Plus on fait jouer de leviers moins la réduction de phyto est risquée" - © Claire le Clève

Diminuer, ils disent pourquoi ?

"Réduire les coûts"

"Mais pourquoi pas si au final il reste la même chose dans le porte-monnaie"

"Gagner un passage, c’est moins de tracteur, c’est un gain de temps et de coût de méca"

"Ouvrir le bidon moins souvent"

"Moins s’exposer, soi et les autres"

"Retrouver de l’autonomie de décision"

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