Terra 28 juin 2019 à 11h00 | Par Claire Le Clève

Choucas des tours, un protégé nuisible

Espèce protégée, le choucas des tours voit sa population augmenter et les agriculteurs se désoler des dégâts qu’il occasionne. Pour justifier sa nuisibilité, le dire ne suffit pas. Il faut le démontrer encourage la FDGedon 56 qui conçoit, met en place et suit les plans de lutte collective contre les espèces déprédatrices.

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Michel Colleu, président de la FDgedon
Michel Colleu, président de la FDgedon - © Claire Le Clève

 

 

Depuis le lièvre des marais ou ragondin - dont 17 153 spécimens ont été capturés par une flotte nombreuse et impliquée de piégeurs bénévoles (1 270) - en passant par la taupe, les oiseaux à risques ou autres organismes nuisibles, la tâche est vaste. L’assemblée générale de la FDGedon 56 a permis d’en prendre la mesure, jeudi dernier à St Allouestre, en dressant l’inventaire des plans de lutte et des actions, nombreuses, contres des espèces occasionnant des dégâts ou représentant un danger pour l’homme et les cheptels.

 

Frelon asiatique en ville

Le frelon asiatique, apparu dans le Morbihan en 2011 avec cinq nids recensés en est l’exemple avec un travail en commun conduit avec le GDS apicole et la participation à une étude menée avec deux autres départements français pour le Muséum d’histoire naturelle depuis 2016, année record en terme de nids détruits : 5062. "Nous constatons que ce plan de lutte donne de bons résultats là où il est correctement mis en place", constate Michel Colleu, président de la structure. Reste le danger occasionné par cette espèce, pour l’abeille et ses ruchers et l’homme. Les populations de l’insecte explosent dans les zones urbanisées. "52 % des nids se situent dans une hauteur comprise de 0 à 5 mètres. Attention lors de la taille des haies", met en garde Patrice Émeraud, technicien.

 

Les choucas des tours aux champs

Cette année aura été particulièrement marquée en matière de dégâts sur les cultures par la recrudescence d’oiseaux dits à risques. C’est le cas de la corneille noire et du choucas des tours. Ils se taillent un palmarès inquiétant pour les agriculteurs qui en subissent les préjudices. "On assiste à une très nette augmentation des dégâts", pointe Patrice Émeraud. Le choucas des tours, petit avatar grisé de la corneille, est une espèce protégée. Or, "les effectifs de sa population explosent dans le nord-ouest du département, avec dégât sur les cultures, les semis, enrubannages...", note le technicien de la FDGedon. Pour que l’espèce change de statut et devienne gibier "il faut des éléments tangibles, des déclarations de dégâts pour étayer un dossier solide. Il ne suffit pas de demander, il faut justifier", appuie Pierre Riquier en charge du dossier à la DDTM. Un statut de gibier, reconnu dans le Finistère avec 12 000 choucas tirés l’an passé ou en Côtes d’Armor, 5 000, où le volatile sévit aussi. Reste que pour s’en prémunir, l’effaroucheur pyroptique est efficace. Les adhérents du Fdgédon peuvent bénéficier d’une remise sur son acquisition vite amortie, "quand on a préservé 5 à 6 ha de semis de maïs, l’effaroucheur est payé", estiment les responsables du FDGédon.

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

Une année marquée par la recrudescence de dégâts occasionnés par corneilles noires et choucas
Une année marquée par la recrudescence de dégâts occasionnés par corneilles noires et choucas - © Claire Le Clève
Grégoire Kuntz, vétérinaire du GDS de Bretagne, expert de la faune sauvage et des maladies émergentes
Grégoire Kuntz, vétérinaire du GDS de Bretagne, expert de la faune sauvage et des maladies émergentes - © Claire le Clève

Maladies transmissibles, attention danger

 

C’est à Grégoire Kuntz, vétérinaire du GDS de Bretagne, expert de la faune sauvage et des maladies émergentes, qu’est revenu le soin d’intervenir sur les maladies transmissibles par la faune sauvage à l’homme et aux animaux domestiques. La liste est longue, la mondialisation des échanges et le réchauffement climatique en augmente le nombre. D’où les précautions à garder en tête, y compris sur les maladies qu’on croyait être du passé, telle la tuberculose. "On pensait être tranquille, or on la retrouve en 2012 dans la faune sauvage et dans des bovins infectés et ça s’étend", prévient ce spécialiste devant la population de piégeurs qui lui fait face. Si gérer et limiter les réservoirs s’avèrent nécessaires, "portez les équipements adaptés, respectez la procédure, interrogez-vous sur votre manière de procéder, en cas de fièvre, parlez de votre activité à votre médecin, protégez et pensez à vos chiens. Faire du déterrage avec chien là où il y a potentiellement la tuberculose, ce n’est pas très malin", met-il en garde.

 

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