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Désileuse automotrice : pari réussi !

15 ans que ça dure et encore un bel avenir ! En 1992, la Cuma "Energie 3000" de Châtillon en Vendelais avait parié sur ce système d'affouragement novateur. Aujourd'hui, elle ne le regrette pas. Christophe Berthier, actuel président de la Cuma, raconte cette aventure.

"Une désileuse automotrice ? Une aberration économique !", affirmaient catégoriquement certains au début des années 1990, tandis que l'idée faisait son chemin au sein d'un petit groupe d'agriculteurs de Châtillon en Vendelais. Au début, ils étaient cinq, emmenés par Jean-Pierre Pasquet, à s'intéresser à cette machine. Après mûre réflexion, le projet est concrétisé avec l'achat d'une machine auprès de l'importateur israélien RMH.
"Il fallait oser le faire, se lancer alors que nous n'avions pas de référence", confie Christophe Berthier. En 1992, ils étaient les premiers en Ille et Vilaine à acquérir une telle machine, les deuxièmes en France. Le groupe a alors constitué la Cuma "énergie 3000", résolument tournée vers l'avenir. Elle regroupait 7 exploitations, soit 1,3 ML de quota. Forte de son succès, elle atteint aujourd'hui son optimum en comptant 12 exploitations, soit 22 actifs et 4 ML de quota.

Libérer du temps
Objectif premier : se libérer du temps, "environ 300 heures par an", calcule Christophe Berthier. Ainsi dégagés de la contrainte alimentaire, les éleveurs peuvent se faire remplacer plus facilement car il ne reste plus que la traite à assurer. Certains partagent ce temps libre en famille, d'autres le mettent à profit pour optimiser l'exploitation. Ainsi, "tous les adhérents de la Cuma ont effectué leur mise aux normes", précise Christophe Berthier. Avec la tendance à l'agrandissement des exploitations, l'organisation du travail devient un enjeu majeur que les pionniers de la désileuse automotrice avaient pressenti.

Fiabilité et performance

Du "prototype" des débuts, pas tout-à-fait adapté aux stabulations françaises et dont il était difficile de se procurer les pièces détachées, à la toute récente machine, le matériel a beaucoup gagné en fiabilité et performance. L'ordinateur de bord de la mélangeuse distributrice pèse les ingrédients prélevés de façon précise et modulable. En 10 minutes, les vaches de l'exploitation sont nourries. La machine peut aussi distribuer les rations sèches des génisses et est dotée d'une cuve à mélasse.
Le chauffeur, embauché à plein temps par la Cuma, parcoure en routine son circuit. Il passe à horaires fixes, 6 jours sur 7, avec une ration majorée le vendredi et le samedi. Christophe Berthier insiste sur le choix du chauffeur : "il doit être régulier, efficace, autonome, il est responsable du matériel et de son entretien. Avoir un chauffeur de qualité, c'est un élément indispensable et rassurant."

Chacun y trouve son compte
Côté budget, la facturation mensuelle se fait selon trois critères : 40 % sur le quota, 4 % sur le nombre d'UGB alimentés et 20 % sur le temps de travail réalisé sur l'exploitation. Le coût de la main d'œuvre s'élève à environ 5?/1000 L. Main d'œuvre comprise, le coût moyen est de 14?/1000 L, il varie selon la spécialisation de l'exploitation. Chacun y trouve son compte, en fonction de sa situation : agrandissement, fin d'activité avant retraite, recherche de performance…
Plus qu'un investissement partagé, la Cuma crée une dynamique et une cohésion entre les adhérents, c'est "l'effet groupe". Pour preuve, tous se sont réunis à la mi-juin pour fêter, autour d'un repas, les 15 bougies de la Cuma. "On a réussi notre affaire", se félicite Christophe Berthier. Et Mme Berthier de conclure : "c'est sûr, on ne reviendrait pas en arrière".
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