Bien-être animal : un surcoût à répercuter pour les éleveurs de volailles
Dans les élevages avicoles du Grand-Ouest, la prise en compte du bien-être animal fait augmenter les coûts de production. Alors qu’elles présentaient, le 19 septembre, les résultats technico-économiques 2018 de la filière, les chambres d’agriculture insistent sur le besoin de revalorisation de la viande de volaille.

"On arrive à une limite". Pour Isabelle Leballeur, les producteurs de volailles ont besoin d’un "retour" sur leurs efforts en matière de bien-être animal. Malgré de bons résultats techniques, les éleveurs ont besoin de répercuter les surcoûts liés au bien-être animal. Une problématique qui concerne aussi le poulet standard. Isabelle Leballeur cite l’exemple des pododermatites. Inclus dans de nombreux cahiers des charges aval, ce critère est désormais suivi en abattoir. "Lutter contre les pododermatites, ça veut dire plus de chauffage, plus de litière et de repaillage", explique l’éleveuse sarthoise.
"La vague de rénovations est lancée"
L’année 2018 a aussi été "marquée par les rénovations", insistent les chambres d’agriculture, là aussi pour améliorer le bien-être animal. "La vague est lancée", constate Isabelle Leballeur, citant plusieurs modifications de bâtiments : accès à la lumière naturelle, augmentation de l’espace par animal, création de jardin d’hiver. Des chantiers "assez lourds" qui "coûtent environ 50 €/m2 pour des bâtiments déjà amortis". Les rénovations sont plus avancées en Pays de la Loire, précise l’élue, car les éleveurs bretons attendent la concrétisation de la reconversion de l’ancien abattoir Doux de Châteaulin. Un projet suspendu au dénouement de l’accord UE-Mercosur, qui augmenterait les importations de volailles en UE. Sur le terrain, "l’arrêt de Doux a été plutôt digéré", affirme Isabelle Leballeur. Après une période d’adaptation de six mois, fin 2018, pendant laquelle les producteurs ont basculé du poulet export vers le standard, "les éleveurs ont tous repris avec un planning. Maintenant ça tourne".
Toujours plus de poulet importé
Alors que la consommation de poulet en France continue sa progression, les importations ne cessent d’augmenter, atteignant 45 % en 2018. "On observe aujourd’hui une grande contradiction entre les attentes des consommateurs en matière de bien-être animal et leur acte d’achat, le prix restant le critère prioritaire", souligne Isabelle Leballeur. "Les importations ne cessent d’augmenter, on ne sait plus quoi faire pour être meilleurs et séduire le marché français". Pour Sylvaine Dano, de la chambre d'agriculture de Bretagne, "il est aujourd’hui primordial d’obtenir une obligation de l’identification de l’origine des viandes en Restauration hors domicile, mais également sur les plats préparés car l’on sait que le poulet présent provient en majorité d’importation".












